mercredi 10 juillet 2019

François Pupponi, Vice-Président du Cercle d’Amitié France-Artsakh signe une tribune dans le Monde

A la veille du dîner du CCAF (organisation nationale représentant les Français d’origine arménienne), François Pupponi, Vice-Président de notre Cercle d’Amitié France-Artsakh signe une tribune dans le Monde où il dénonce le contraste entre les ventes d’armes alléguées de la France à l’Azerbaïdjan et les menaces judiciaires envers les Chartes d’Amitié. Une mise au point salutaire
Tribune. Le 5 février, le président de la République Emmanuel Macron devrait rehausser de sa présence le dîner annuel donné par le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF, organisation nationale représentant les Français d’origine arménienne). Il perpétue ainsi une tradition initiée par ses deux prédécesseurs et honore en cela, comme il le fait pour d’autres groupements, une communauté souvent considérée comme un modèle d’intégration républicaine.
Ces relations institutionnalisées pourraient laisser croire que les attentes de cette partie de nos concitoyens sont prises attentivement en considération par le gouvernement. Or ce n’est que très partiellement le cas. On se souvient en effet que si les Français d’origine arménienne ont milité pendant des années pour la reconnaissance du génocide subi en 1915 par leurs grands-parents – reconnaissance finalement obtenue à l’arraché par une loi déclarative (2001) –, ils n’ont pu parvenir à ce que soit pénalisé le négationnisme spécifique que répandent impunément les négationnistes en Europe.
Si le volet pénal manque, il faut donc se féliciter de ce que le volet éducatif soit désormais bien ancré avec les programmes scolaires de 3e et de 1re qui accordent une place significative au génocide des Arméniens en tant qu’exemple achevé de violence de masse. Et il faut aussi se féliciter de la mission Génocides, dont les conclusions publiées en décembre 2018 devraient conduire à des politiques de soutien accrues.
Mais ce qui pose aujourd’hui question est l’attitude de la France vis-à-vis du Haut-Karabakh, ou Artsakh, cette terre arménienne qui s’est érigée en République à l’issue d’une guerre d’indépendance particulièrement meurtrière avec l’Azerbaïdjan. Vingt-cinq ans après la fin du conflit, la République autodéterminée d’Artsakh n’est toujours pas reconnue par la communauté internationale et son sort est suspendu à des négociations entre puissances belligérantes – l’Arménie, l’Azerbaïdjan et – selon les termes de l’accord de cessez-le-feu – les autorités d’Artsakh elles-mêmes.
Intimidations de l’Azerbaïdjan
La France a une responsabilité particulière dans cette affaire : sous mandat de l’OSCE, elle copréside un « Groupe de Minsk » où – avec la Russie et les Etats-Unis – elle est censée assister les parties en conflit à trouver les conditions d’une paix juste et durable. Or depuis plusieurs années, ces médiateurs ne jouent pas leur rôle.
Cédant aux intimidations du régime autoritaire d’Azerbaïdjan, la France ne dialogue tout simplement pas avec les représentants de l’Artsakh, alléguant que ce serait « prendre parti ». Notre diplomatie prétend ainsi pouvoir assister à la résolution d’un conflit en ignorant l’un des principaux belligérants et – au demeurant – celui qui a vaincu sur le terrain et sans lequel rien ne bougera.
Lire aussi La guerre sans fin du Haut-Karabakh
C’est évidemment inepte mais – comme si cela ne suffisait pas – voilà que notre gouvernement s’en prend désormais aux maires français qui entretiennent des liens personnels avec des élus locaux de la République d’Artsakh. Plusieurs élus locaux français – reconnaissant les liens noués avec des communes locales par des mouvements associatifs soucieux de désenclaver des populations locales souvent dénuées – se sont en effet engagés à travers des « chartes d’amitié » à soutenir et à développer de telles initiatives.
A Valence, à Bourg-lès-Valence, à Bourg-de-Péage, à Saint-Etienne, à Arnouville, il s’agit de démarches politiques d’élus – légitimes dans un Etat de droit – qui n’engagent en rien les collectivités locales dont ils ont la charge pas plus qu’elles n’empiètent sur les prérogatives régaliennes de notre diplomatie.
Recours devant des tribunaux
Ces faits n’ont pas empêché des préfets d’engager des recours devant des tribunaux administratifs pour casser ces chartes. Récemment interpellé par le sénateur Pierre Ouzoulias sur ce zèle préfectoral, Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur, s’est réfugié derrière les jugements à venir et derrière une circulaire administrative, au demeurant vipérine en ce qu’elle cible très arbitrairement l’Artsakh ; un assaut de juridisme à géométrie variable, en témoigne la position largement plus bienveillante prise par notre pays à l’égard d’entité étatique comme la Palestine ou comme Taïwan ne jouissant pas plus que la République d’Artsakh de la reconnaissance internationale.

Mais qu’on se rassure, pour être arbitraire, tout cela n’est pas irrationnel, bien au contraire. Depuis quelques années, notre pays a donné un nouveau tournant à ses relations étrangères en privilégiant la diplomatie d’affaires. Si l’on doit se féliciter de cet esprit de conquête retrouvé dans un marché mondialisé sans cesse plus concurrentiel, on peut déplorer l’absence de discernement qui l’accompagne souvent. Vendre à l’export c’est bien ; vendre à des dictatures, c’est plus discutable et leur vendre des armes, c’est franchement condamnable.

Or l’Azerbaïdjan ne cesse de faire miroiter des contrats pour lesquels certaines strates de notre diplomatie semblent prêtes tant à fermer les yeux sur la répression aveugle qui s’abat sur les habitants de ce pays qu’à faire entorse à l’impartialité à laquelle est tenue la France en tant que coprésidente du groupe de Minsk.
Via Arianespace, notre pays a déjà vendu à l’Azerbaïdjan des capacités d’imagerie satellitaire à finalité potentiellement militaire. Naval Group serait aussi en pourparlers avec Bakou pour la vente de frégates de combat Gowind et voilà que la presse azerbaïdjanaise avance la possible vente par la France de missiles surface-air Mica et de missiles Aster de nature à déstabiliser à nouveau toute la région.
Violation de l’embargo de l’OSCE sur les ventes d’armes
Ces allégations ne semblent pas avoir été démenties et si les faits étaient avérés, ils constitueraient pour le coup une claire violation de l’embargo de l’OSCE sur les ventes d’armes à l’Azerbaïdjan ainsi que de la position commune de l’Union européenne de décembre 2008 régissant le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires. De telles ventes – et même de simples entreprises de prospection commerciale – ne peuvent se faire sans aval gouvernemental dès lors qu’il s’agit d’équipements militaires.
Le 5 février, la magie du verbe dont notre président est coutumier ne suffira donc pas pour justifier « l’impartialité » dont se targue notre politique au Sud-Caucase ; pour expliquer qu’attaquer les fondements juridiques de chartes d’amitié ne constitue pas une démarche hostile « et en même temps » que vendre des armes à l’Azerbaïdjan constitue une démarche amicale.
En vérité, on ne construit pas la paix sur l’injustice institutionnalisée, sur l’iniquité fardée aux couleurs du droit, sur la corruption de valeurs sans lesquelles notre politique extérieure perd sa légitimité et ruine son efficacité. Qui peut sérieusement prétendre que l’amitié nouée avec Stepanakert [la « capitale » karabarkhtsie] par quelques maires de communes souvent modestes menacerait le processus de négociations en cours et qu’a contrario vendre la mort à Bakou stabiliserait la région ?
Cessons de brader ainsi la crédibilité et l’influence de la France au Caucase pour quelques millions d’euros ; cessons d’anéantir la confiance dont jouit notre pays non seulement auprès des Arméniens qui aujourd’hui édifient leur démocratie mais aussi auprès des Azerbaïdjanais qui la bâtiront demain. Les Caucasiens méritent mieux que ça ; la France également.

François Pupponi
(Député (PS) du Val-d’Oise,
vice-président du cercler d’amitié France-Artsakh)

Communiqué de l'association France-Iran


Communiqué de l'association France-Iran

sur l'arraisonnement d'un pétrolier 
par les britannique à Gibraltar




L’arraisonnement le 4 juillet 2019 à Gibraltar par les autorités britanniques du pétrolier Grace-1 contenant 300 000 barils de pétrole iranien à destination présumée de la Syrie est contraire aux lois internationales régissant la navigation maritime.

Cette opération, préparée à l’évidence en coopération avec les services de renseignement des États-Unis, est un acte hostile envers l’Iran et la Syrie et s’inscrit dans l’acceptation par le Royaume Uni des sanctions extraterritoriales des États-Unis.

La France, «  Mère des arts, des armes et des lois »,  pourrait saisir cette occasion pour donner une nouvelle impulsion au rôle de l’Union Européenne dans le monde comme promoteur de paix et de diplomatie, en s’associant aux protestations russes dont le Ministère des Affaires Étrangères a dénoncé cet acte de piraterie maritime comme dangereux pour l’avenir du monde, en rappelant à ses amis et alliés, notamment aux Britanniques, qu’on ne peut avoir un double langage : d’une part dénoncer le retrait des États-Unis des accords internationaux, dont le PGAC, entre les 5+1 et l’Iran, et enfreindre les lois internationales sur la navigation maritime.

Soutenir la Russie - et l’Iran par conséquent - sur la scène internationale et notamment à l’ONU rappellerait à tous qu’un avenir paisible pour la planète n’est envisageable que dans le respect des lois internationales et des résolutions de l’ONU et non dans des actions unilatérales qui ne peuvent qu’engendrer des représailles et un engrenage dangereux.







Signé :



Ali Rastbeen, Président de l’Association Franco-Iranienne

Michel Debray, amiral,

Alain Corvez, Colonel, Conseiller en stratégie internationale

Dominique Delawarde, général (2S), ancien chef « Situation-Renseignement-Guerre électronique à l'EM interarmées »

Jacques Hogard, Colonel, PDG de EPEE (Expert Partenaires de l'Entreprise à l’Étranger)

Leslie Varenne, Directrice de l'IVERIS (Institut de Veille et d'études des Relations Internationales et Stratégiques)

Gérard Bapt, ancien parlementaire français, maire de Saint Jean (Tarn et Garonne)

Patrick Vaugien, Officier supérieur en retraite, vice-président de EPEE

Jacques Myard, ancien parlementaire français, maire de Maisons-Laffitte

Bruno Rioux, chirurgien ophtalmologiste, Chevalier (GM) Ordre de Malte

Yves Logette, Colonel (CR)

Jean Paul Baquiast, Président de l'Association europesolidaire.eu

Jean Pierre Tardy, militaire en retraite

Youssef Hindi, écrivain, historien, chercheur indépendant

Jean Pierre Arrignon, historien, professeur des universités

Simon Graziani, entrepreneur à la retraite

Gérard Boin, militaire en retraite

André Legrand, universitaire en retraite

Jean Claude Empereur, géopolitologue

Serge Ducrocq, citoyen éclairé

Anne Cubayne, citoyenne responsable

Jean Allard-Meüs, officier en retraite

Fayez Hoche, docteur

Claude GAUCHERAND,contre amiral (2S) 

Valérie Bugault, avocate fiscaliste, écrivaine


etc.

mercredi 12 juin 2019

Azerbaijan’s Destruction of Armenian Monuments


Azerbaijan’s Destruction of Armenian
Monuments Exceeds ISIS Crimes



By Harut Sassounian
Publisher, The California Courier
www.TheCaliforniaCourier.com




“A groundbreaking forensic report tracks Azerbaijan’s destruction of 89 medieval churches, 5,480 intricate cross-stones, and 22,700 tombstones,” is the subtitle of an incredible article by Simon Maghakyan and Sarah Pickman, published in the Hyperallergic Newsletter last week. The article is titled: “A Regime Conceals its Erasure of Indigenous Armenian Culture.”

In April 2011, when the US Ambassador to Azerbaijan wanted to visit Nakhichevan, an Armenian territory classified by the Soviets as an “autonomous republic” of Azerbaijan, to verify the destruction of thousands of historical medieval Armenian khachkars (cross-stones), he was blocked by Azeri officials who told him that reports of their destruction was fake news.

Under Azeri oppression, the longstanding Armenian community of Nakhichevan had dwindled to zero! Not content with ethnic-cleansing, the Azeris proceeded to eliminate all traces of Armenian monuments, claiming that no Armenians had ever lived in Nakhichevan.

“In December 2005, an Iranian border patrol alerted the Prelate of Northern Iran’s Armenian Church that the vast Djulfa cemetery, visible across the border in Azerbaijan, was under military attack. Bishop Nshan Topouzian and his driver rushed to videotape over 100 Azerbaijani soldiers, armed with sledgehammers, dump trucks and cranes destroying the cemetery’s remaining 2,000 khachkars; over 1,000 had already been purged in 1998 and 2002,” reported Maghakyan and Pickman.

The flattened land, where the khachkars stood for centuries, is now a military rifle range. The “demolition was the ‘grand finale’ of Azerbaijan’s eradication of Nakhichevan’s Armenian past,” wrote the two authors.

Maghakyan and Pickman reported that “the American Association for the Advancement of Science (AAAS) employed remote sensing technologies in its pioneer investigation into cultural destruction. Their 2010 geospatial study concluded that ‘satellite evidence is consistent with reports by observers on the ground who have reported the destruction of Armenian artifacts in the Djulfa cemetery.’”

“Absolutely false and slanderous information … [fabricated by] the Armenian lobby,” proclaimed Azerbaijan’s President Ilham Aliyev, who makes frequent threats against Armenia and distorts its history.

The authors also quote from public decree No.5-03/S on December 6, 2005, by Nakhichevan’s “local autocrat” Vasif Talibov, a relative of Pres. Aliyev, “ordering a detailed inventory of Nakhichevan’s monuments. Three years later, the investigation was summed up in the bilingual English and Azerbaijani ‘Encyclopedia of Nakhchivan Monuments,’ co-edited by Talibov himself. Missing from the 522-page ‘Encyclopedia’ are the 89 medieval churches, 5,840 intricate khachkars, and 22,000 tombstones that [Armenian researcher Argam] Ayvazyan had meticulously documented. There is not so much as a footnote on the now-defunct Christian Armenian communities in the area -- Apostolic and Catholic alike. Nevertheless, the official Azerbaijani publication’s foreword explicitly reveals ‘Armenians’ as the reason for No. 5-03/S: ‘Thereafter the decision issued on 6 December 2005 … a passport was issued for each monument … Armenians demonstrating hostility against us not only have an injustice [sic] land claim from Nakhchivan, but also our historical monuments by giving biassed [sic] information to the international community. The held investigations once again prove that the land of Nakhchivan belonged to the Azerbaijan turks [sic]….’”

Any Azerbaijani who dares to speak out in defense of Armenians is also attacked as an enemy of Azerbaijan. A courageous Azerbaijani writer, Akram Aylisli, paid a hefty price for telling the truth about the destruction of Armenian monuments in his hometown of Agulis (known today as Aylis). The well-known novelist was furious that the Azeri government was destroying Armenian churches. In his novel, “Stone Dreams,” the protagonist, an intellectual from Agulis, refers to memories of the town’s eight of the 12 medieval churches that had survived until the 1990’s, and protects a victim of anti-Armenian pogroms in Azerbaijan’s capital Baku. Pres. Aliyev revoked Aylisli’s pension and title of “People’s Writer.” His writings were removed from school curricula, his books were publicly burned, and his family members were fired from their jobs. He has been under de facto house arrest since the release of his novel. Aylisli protested the destruction of the Armenian churches in Agulis and resigned from his position as Member of Azerbaijan’s Parliament. He fearlessly sent a telegram to Pres. Heydar Aliyev in 1997, calling the destruction of the Armenian churches in Aylis an “act of vandalism being perpetrated through the involvement of armed forces and employment of anti-tank mines.”

The two authors spoke with Russian journalist Shura Burtin who after interviewing Aylisli in 2013 traveled to Nakhichevan and reported that he didn’t see “a trace of the area’s glorious past.” Burtin concluded: “Not even ISIS could commit such an epic crime against humanity.”

The authors reported that Aylisli’s 2018 non-fiction essay in Farewell, claimed “that a mosque built five years ago on the site of one of the destroyed churches has been boycotted by locals because ‘everyone in Aylis knows that prayers offered in a mosque built in the place of a church don’t reach the ears of Allah.’”

Argam Ayvazyan, a native of Nakhichevan who spent decades photographing the local Armenian monuments before their destruction, was quoted by Maghakyan and Pickman as decrying the world’s silence: “Oil-rich Azerbaijan’s annihilation of Nakhichevan’s Armenian past make it worse than ISIS, yet UNESCO and most Westerners have looked away.” ISIS-demolished sites like Palmyra can be renovated, Ayvazyan argued, but “all that remain of Nakhichevan’s Armenian churches and cross-stones that survived earthquakes, caliphs, Tamerlane, and Stalin are my photographs.”

lundi 6 mai 2019

Rencontres d’un ancien ambassadeur 
à Erevan

À l’invitation de l’UFAR, l’université française mise sur pied durant ses années de fonctions à Erevan (2002-2006), l’ancien ambassadeur de France en Arménie, Henry Cuny, président d’honneur de l’Institut Tchobanian, est revenu dans ce pays où il a passé cinq ans riches en événements et en réalisations, pour une série de rencontres francophones autour de ses récents livres, du 18 au 26 avril dernier.
Il a été accueilli à l’aéroport de Zvartnots par Varoujan Sirapian, président fondateur de l’Institut Tchobanian très engagé en faveur du développement de la francophonie en Arménie.
La première rencontre a eu lieu le 19 avril à 18h à l’Alliance Française où une quarantaine de personnes ont pu écouter l’auteur exposer les thèmes de ses livres et notamment celui qui touche à l’identité et à la langue française : « Les ciels de Raphaël : lettres à mon petit-fils pour lui faire aimer la France et sa langue » (Sigest)




Samedi 20 avril, M. Cuny s’est rendu au Musée/Institut Komitas afin de glaner quelques informations sur la vie de ce prêtre chanteur dont on célèbre cette année le cent cinquantième anniversaire de la naissance. Il a eu l’heureuse surprise de voir ce dernier livre et son essai « Arménie : l’âme d’un peuple » en bonne place dans la librairie du musée.

Lundi 22 avril, M. Cuny était l’invité sur le plateau de la TV Civilnet pour une interview sur « Les ciels de Raphaël » et les valeurs qu’il souhaite transmettre à ses petits-enfants et aussi sur le rôle qu’il a pu jouer en tant que co-fondateur pour la partie française de l’UFAR. 

Dans la soirée une rencontre a eu lieu à l’UFAR entre les deux ambassadeurs, l’ancien, Henry Cuny et l’actuel, Jonathan Lacôte, dans l’espoir de susciter quelques vocations diplomatiques parmi les étudiants. L’un et l’autre ont mis en évidence la richesse et la diversité de ce métier comme sa charge d’humanisme. Le débat a été conduit par la journaliste Hasmik Arakelian.

Mardi 23 avril, Henry Cuny a été l’invité de l’Université Brussov. Là encore, étudiants et professeurs ont écouté attentivement le récit d’Henry Cuny dont la trame singulière autant qu’inédite de son dernier roman « Les heures de sable » (éditions Pierre Guillaume de Roux), salué lors de sa parution par un article élogieux du journal Le Monde, a visiblement intrigué l’audience. Quant aux « ciels de Raphaël » composés des lettres adressées à son petit-fils, plusieurs passages, et particulièrement celui concernant l’Arménie, ont suscité une vive émotion. La chaire de Français envisage même d’en tirer quelques sujets de thèse.

Dans la soirée une invitation surprise a emmené Henry Cuny et Varoujan Sirapian à Massis à 20 km d’Erevan où une association locale avait organisé une rencontre autour des relations entre l’Arménie et la France de 1915 à nos jours. L’ancien ambassadeur, dans une courte mais dense allocution introductive, a résumé en quelques traits ce qu’il avait ressenti en Arménie à travers la mémoire millénaire d’un peuple, la beauté d’une langue, la richesse d’une culture et la spiritualité de Grégoire de Narek dont il a cité quelques vers extraits de son livre des lamentations qu’il s’était plu à retraduire en français à partir de l’arménien oriental.

Mercredi 24 avril, Henry Cuny et Varoujan Sirapian se sont joints au groupe des étudiants de l’UFAR guidé par le recteur Jean Marc Lavest au pied du Musée du génocide, pour se rendre ensuite au mémorial afin d’y déposer des fleurs à la mémoire des victimes du « grand crime » perpétré par le gouvernement jeunes turcs en 1915-1917.


Jeudi 25 avril, la dernière rencontre francophone a eu lieu à 13 h à l’Université d’État d’Erevan devant une assemblée de professeurs et étudiants, visiblement touchés par la philosophie bienveillante qui se dégage des « lettres à mon petit-fils » et sa portée universelle.

Le soir, un dîner très amical, avec plusieurs acteurs majeurs de la francophonie en Arménie, a été organisé à l’ambassade de France par l’ambassadeur Jonathan Lacôte en l’honneur d’Henry Cuny à la veille de son retour à Paris. 
Comme en 2016, l’accueil de la part des Arméniens, qu’il s’agisse de simples citoyens, de professeurs ou d’étudiants, fut chaleureux, révélateur d’une réelle affection envers cet ancien ambassadeur qui a visiblement marqué son passage à Erevan, quitté il y a treize ans.