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jeudi 5 novembre 2020

Lettre des alumni de l'UFAR au président E. Macron

Lettre des alumni de l'UFAR au président E. Macron


Association UFAR Alumni

10 rue David Anhaght

0037 Erevan - Arménie

Erevan, le 4 novembre 2020

Monsieur le Président,

Nous, les alumni de l’Université française en Arménie (UFAR), avons été formés par la France, qui, par le biais de l’UFAR, investit dans la jeunesse arménienne. Cette même jeunesse qui, aujourd’hui, se fait tuer par l'Azerbaïdjan.

Depuis le 27 septembre 2020, les Arméniens font face à une agression sans précédent, lancée par les dirigeants politico-militaires de l’Azerbaïdjan avec le soutien direct de la Turquie. Cette agression a lieu en pleine pandémie de Covid-19, alors que l’Organisation des Nations Unies avait appelé à un cessez-le-feu mondial. Cette guerre s’accompagne de violations flagrantes du droit international : les forces azerbaïdjanaises prennent délibérément pour cible des établissements civils, notamment des écoles et des hôpitaux, tout en utilisant des armes proscrites par le droit international, à savoir des armes à sous munition et des munitions au phosphore. Cette guerre porte les germes d’une crise démographique, économique, sanitaire, ainsi que d'une émigration massive.

A ce jour, mille cent soixante-dix-sept de nos compatriotes dont quatre jeunes représentants de la communauté ufarienne sont tombés héroïquement au combat. Parmi les populations civiles, cette guerre a déjà fait quarante-six victimes et cent quarante et un blessés. A ce décompte funeste s’ajoute celui des vingt-quatre mille enfants actuellement privés de leur droit à l'éducation suite aux bombardements de plus de soixante-dix établissements scolaires au Karabakh.

Monsieur le Président, vous avez été le premier dirigeant étranger à dénoncer l’implication de combattants terroristes étrangers dans ce conflit et à pointer l’absence de justification aux premières frappes parties d’Azerbaïdjan le 27 septembre. Nous saisissons cette occasion pour vous remercier d’avoir fait entendre ces vérités basées sur les faits. De fait, la population pacifique de l'Arménie et du Karabakh n'avait aucune intention de faire la guerre et ne souhaite aucunement la poursuivre. Nous ne souhaitons qu’une chose : vivre et créer pacifiquement sur nos terres ancestrales. Malheureusement l’agresseur, qui a rompu à trois reprises le cessez-le-feu conclu grâce aux efforts des coprésidents du groupe de Minsk, rejette tout règlement pacifique et conjugue ses attaques avec un discours de haine envers les Arméniens.

En 1915 quand un crime terrible fut commis contre notre peuple, la France a accueilli les rescapés du génocide. Nous n’oublions pas le sauvetage par la Marine française de quatre mille quatre-vingts douze Arméniens retranchés depuis cinquante-trois jours sur le Musa Dagh. Nous n’oublions pas non plus qu’en 1988, suite au tremblement de terre dévastateur qui frappa l’Arménie, la France aux côtés de Charles Aznavour s’est mobilisée pour venir en aide aux populations des zones sinistrées. Tous ces épisodes ont marqué l’histoire des relations entre nos deux peuples et nous croyons qu’une nouvelle page de l’amitié franco-arménienne est en train de s’écrire. Les collectivités locales françaises et les Arméniens de France fournissent déjà une aide humanitaire aux populations touchées par le conflit et une aide gouvernementale a été annoncée dans la presse. Nous remercions toutes les personnes mobilisées pour ce travail important.

Nous croyons fermement aux valeurs de la démocratie et aux droits de l'homme que la France défend et qui nous ont été enseignés à l’UFAR. Nous attendons à présent de la communauté internationale et de la France plus particulièrement que tout soit mis en œuvre pour empêcher que ces valeurs soient de nouveau bafouées.

Aussi, la communauté des alumni de l’UFAR vous prie,

  • d’user de l’ensemble des moyens à la disposition de votre gouvernement pour mettre fin aux opérations militaires et à l’ingérence agressive de la Turquie ;
  • de veiller à l’application des mesures prévues par le droit international contre les États qui utilisent des groupes terroristes et qui violent le droit humanitaire international, y compris, mais sans s'y limiter, par l’emploi de la torture et le meurtre de prisonniers de guerre, les décapitations de soldats tombés au combat (par analogie avec les pratiques de Daesh), les bombardements massifs de cibles civiles, notamment d'écoles et d'hôpitaux et l'utilisation de munitions interdites ;
  • de considérer le droit à l'autodétermination du peuple du Haut-Karabakh, sur la base d'une sécession réparatrice, comme la seule garantie possible pour assurer son droit fondamental à la vie.

Enfin, Monsieur le Président, nous souhaitons vous présenter nos plus sincères condoléances à la suite des attentats qui ont frappé la France. Nos pensées sont avec les proches des victimes et avec ce peuple de France que nous aimons.

Confiants dans votre implication, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de notre très haute considération.


Les membres 
de l’association UFAR Alumni

 

 

Son Excellence Monsieur Emmanuel Macron

Président de la République française

Paris - France

jeudi 29 octobre 2020

L'INSTITUT TCHOBANIAN ET SIGEST EN SOUTIEN AUX ÉTUDIANTS DE L'UFAR

 

L'INSTITUT TCHOBANIAN ET LES ÉDITIONS SIGEST EN SOUTIEN AUX ÉTUDIANTS DE L'UFAR



Dans une période difficile pour l'Arménie, où l'économie du pays est affectée par des causes sanitaires et militaires, le soutien aux familles arméniennes devient une prérogative encore plus importante pour l'UFAR. L’Institut Tchobanian avec son président d’honneur, ancien ambassadeur, M. Henry Cuny, est très engagé dans les actions de la francophonie en Arménie. L’Institut Tchobanian et les éditions Sigest ont également été les partenaires de l’UFAR pour l’organisation du Premier Prix des Espoirs francophones.

Ils souhaitent contribuer ainsi, dans la mesure de leurs moyens, à promouvoir les valeurs qui sont celles de l'UFAR : responsabilité, transparence, démocratie, excellence, esprit d'ouverture, pour un avenir meilleur.

Jean Sirapian et Bertrand Venard

Lors d’une rencontre le 5 octobre 2020, M. Jean Sirapian, président-fondateur de l’Institut Tchobanian, directeur des éditions Sigest et le Professeur Bertrand Venard, Recteur de l’UFAR ont signé un contrat de partenariat qui permettra d’accorder des bourses sociales à des étudiants de l'Université Française en Arménie.







lundi 6 mai 2019

Rencontres d’un ancien ambassadeur 
à Erevan

À l’invitation de l’UFAR, l’université française mise sur pied durant ses années de fonctions à Erevan (2002-2006), l’ancien ambassadeur de France en Arménie, Henry Cuny, président d’honneur de l’Institut Tchobanian, est revenu dans ce pays où il a passé cinq ans riches en événements et en réalisations, pour une série de rencontres francophones autour de ses récents livres, du 18 au 26 avril dernier.
Il a été accueilli à l’aéroport de Zvartnots par Varoujan Sirapian, président fondateur de l’Institut Tchobanian très engagé en faveur du développement de la francophonie en Arménie.
La première rencontre a eu lieu le 19 avril à 18h à l’Alliance Française où une quarantaine de personnes ont pu écouter l’auteur exposer les thèmes de ses livres et notamment celui qui touche à l’identité et à la langue française : « Les ciels de Raphaël : lettres à mon petit-fils pour lui faire aimer la France et sa langue » (Sigest)




Samedi 20 avril, M. Cuny s’est rendu au Musée/Institut Komitas afin de glaner quelques informations sur la vie de ce prêtre chanteur dont on célèbre cette année le cent cinquantième anniversaire de la naissance. Il a eu l’heureuse surprise de voir ce dernier livre et son essai « Arménie : l’âme d’un peuple » en bonne place dans la librairie du musée.

Lundi 22 avril, M. Cuny était l’invité sur le plateau de la TV Civilnet pour une interview sur « Les ciels de Raphaël » et les valeurs qu’il souhaite transmettre à ses petits-enfants et aussi sur le rôle qu’il a pu jouer en tant que co-fondateur pour la partie française de l’UFAR. 

Dans la soirée une rencontre a eu lieu à l’UFAR entre les deux ambassadeurs, l’ancien, Henry Cuny et l’actuel, Jonathan Lacôte, dans l’espoir de susciter quelques vocations diplomatiques parmi les étudiants. L’un et l’autre ont mis en évidence la richesse et la diversité de ce métier comme sa charge d’humanisme. Le débat a été conduit par la journaliste Hasmik Arakelian.

Mardi 23 avril, Henry Cuny a été l’invité de l’Université Brussov. Là encore, étudiants et professeurs ont écouté attentivement le récit d’Henry Cuny dont la trame singulière autant qu’inédite de son dernier roman « Les heures de sable » (éditions Pierre Guillaume de Roux), salué lors de sa parution par un article élogieux du journal Le Monde, a visiblement intrigué l’audience. Quant aux « ciels de Raphaël » composés des lettres adressées à son petit-fils, plusieurs passages, et particulièrement celui concernant l’Arménie, ont suscité une vive émotion. La chaire de Français envisage même d’en tirer quelques sujets de thèse.

Dans la soirée une invitation surprise a emmené Henry Cuny et Varoujan Sirapian à Massis à 20 km d’Erevan où une association locale avait organisé une rencontre autour des relations entre l’Arménie et la France de 1915 à nos jours. L’ancien ambassadeur, dans une courte mais dense allocution introductive, a résumé en quelques traits ce qu’il avait ressenti en Arménie à travers la mémoire millénaire d’un peuple, la beauté d’une langue, la richesse d’une culture et la spiritualité de Grégoire de Narek dont il a cité quelques vers extraits de son livre des lamentations qu’il s’était plu à retraduire en français à partir de l’arménien oriental.

Mercredi 24 avril, Henry Cuny et Varoujan Sirapian se sont joints au groupe des étudiants de l’UFAR guidé par le recteur Jean Marc Lavest au pied du Musée du génocide, pour se rendre ensuite au mémorial afin d’y déposer des fleurs à la mémoire des victimes du « grand crime » perpétré par le gouvernement jeunes turcs en 1915-1917.


Jeudi 25 avril, la dernière rencontre francophone a eu lieu à 13 h à l’Université d’État d’Erevan devant une assemblée de professeurs et étudiants, visiblement touchés par la philosophie bienveillante qui se dégage des « lettres à mon petit-fils » et sa portée universelle.

Le soir, un dîner très amical, avec plusieurs acteurs majeurs de la francophonie en Arménie, a été organisé à l’ambassade de France par l’ambassadeur Jonathan Lacôte en l’honneur d’Henry Cuny à la veille de son retour à Paris. 
Comme en 2016, l’accueil de la part des Arméniens, qu’il s’agisse de simples citoyens, de professeurs ou d’étudiants, fut chaleureux, révélateur d’une réelle affection envers cet ancien ambassadeur qui a visiblement marqué son passage à Erevan, quitté il y a treize ans.