vendredi 9 juillet 2021

« Ari Doun » c’est bien… « Mena Doun » serait mieux

 «Ari Doun» c’est bien… «Mena Doun» serait mieux


Varoujan SIRAPIAN
Directeur de la revue E&O


Vu l'actualité en Arménie, il nous a paru utile de republier cet article qui avait paru en 2010, dans le numéro 11 de la revue "Europe & Orient."


Depuis sa prise de fonction, la dynamique ministre de la Diaspora de la République d’Arménie, Heranouche Hakopian, a mis en place un projet pour faire venir les Arméniens de la Diaspora, surtout les jeunes, au Pays. Le projet porte le nom « Ari Doun », littéralement « Viens à la maison ».

L’idée est louable et pourrait marcher, si les conditions sont réunies, à l’instar d’Israël qui dans ce domaine a une politique très efficace, bien pensée et bien rodée.

Pour qu’un jeune puisse se décider à s’installer en Arménie, il faut qu’il trouve un minimum de confort auquel il (ou elle) est habitué dans son pays d’origine comme la France, l’Amérique, le Liban, etc., pour prendre quelques exemples. Un logement, même modeste avec les commodités d’usage est un minimum pour commencer. Un travail et/ou la possibilité de démarrer une petite entreprise pour subvenir à ses besoins et éventuellement de sa famille s’il (ou elle) pense fonder une famille, ce que, in fine, est le but recherché.

La démographie

Car l’un des problèmes principaux de l’Arménie est sa démographie. C’est une question stratégique importante si on prend en compte la démographie galopante de ces deux voisins hostiles que sont la Turquie et l’Azerbaïdjan. Le problème est encore plus sensible dans le cas de la République du Haut-Karabagh et dans les territoires libérés.

L’hémorragie a commencé dans les premières années de l’indépendance où l’Arménie a vu partir des dizaines de milliers de ses citoyens parmi lesquels des « cerveaux » qui font cruellement défaut aujourd’hui pour former le socle d’une élite indispensable pour diriger le pays.

L’émigration, au début des années 90, pourrait s’expliquer par les séquelles du terrible tremblement de terre de 1988, la guerre du Haut-Karabagh qui a suivi (plus meurtrière que celle de la Bosnie), le passage brutal à l’économie du marché après 70 années de communisme qui, malgré le système incontestablement tyrannique et totalitaire, donnait une certaine sécurité à la population dans les domaines de l’emploi, la santé et l’éducation. Mais comment expliquer qu’aujourd’hui, dix-neuf années après l’indépendance, près de 40 % des Arméniens (selon un récent sondage Gallup) veulent partir coûte que coûte de ce pays (alors que ce taux est de 14 % pour la Géorgie et de 12 % pour l’Azerbaïdjan). Pire, quand nous interrogeons les gens dans la rue (commerçants, chauffeurs de taxi, institutrices…) ils sourient et disent que le pourcentage serait, en réalité, beaucoup plus élevé. Comment ne pas réagir quand on entend de plus en plus de gens nous dire « les Arméniens vivent bien partout dans le monde… sauf en Arménie » ? Comment ne pas avoir la gorge serrée quand on entend dire par la population ou de la part des intellectuels que « les Géorgiens sont en train de construire leur pays, jour après jour, et les Arméniens en train de détruire le leur » ? 

Donc il y a bien quelque chose qui ne va pas. Et ce sous les trois présidences depuis l’indépendance. Le constat est le même, et le diagnostic presque unanime dans les organisations politiques de la diaspora mais aussi dans la société civile, dans les associations humanitaires, culturelles, etc.

L’ennemi numéro 1 : la corruption

La corruption est dans les différentes sphères de l’État, au plus haut niveau, dans l’administration alimentée par une oligarchie qui en profite et qui se partage le gâteau, découpé en monopoles. Cette nouvelle nomenklatura[1] ne se cache même pas, sûre de son impunité, face à une justice impuissante (sinon corrompue elle-même).

Par conséquent l’urgence est de mettre en place un projet, par exemple « Mna Doun » (Reste à la maison), pour arrêter l’émigration, avant de penser à faire venir des Arméniens de la diaspora dans la Mère Patrie.

Inciter les gens à venir s’installer en Arménie dans l’état actuel des choses n’a aucun sens est serait même contreproductif. Puisque ceux qui seraient tentés par l’aventure seraient vite désenchantés face à cette détérioration de la vie quotidienne, frustrés par l’impossibilité de faire appliquer les lois sensées de protéger le libre commerce et de prendre conscience que la justice est à deux vitesses dans ce pays où la plupart des députés se font élire pour avoir simplement l’immunité parlementaire pour continuer ainsi à exercer leur « business ». Ainsi ces « nouveaux pionniers », attirés par le projet « Ari Doun », repartiraient alors dans leur pays d’origine pour faire une contre-propagande proportionnelle à leur déception.

Se taire ou parler ?

Que faire ? Ne rien dire pour « ne pas ternir l’image de l’Arménie » – et être d’une certaine façon complice ? Ou dire la vérité, telle que nous l’apercevons et l’entendons, exprimés par des gens d’en bas que nous côtoyons lors de chaque visite au pays ? Des gens qui aiment leur pays et qui ne voudraient pas le quitter. Malheureusement aujourd’hui ils sont dans une telle détresse qu’ils ne peuvent plus compter que sur Dieu pour trouver un brin d’espérance afin de continuer à vivre (ou survivre).

Certes ce n’est pas à la ministre de la Diaspora seule de mettre en place ce projet de « Mna Doun » (elle n’aurait pas les moyens) mais au chef de l’État, au gouvernement et aux hommes politiques (intègres) de mener une opération « main propre » pour éradiquer enfin ce cancer qui ronge ce beau pays et anéantit à petit feu ses citoyens.

Au lieu de courir après les « ennemis extérieurs », commençons par démanteler les « ennemis intérieurs ».

 



[1]  Le terme désignait péjorativement l’ensemble des privilégiés (principalement les notables du PCUS et leurs familles) qui détournaient et accaparaient à leur profit les avantages de la société soviétique.

 

mercredi 23 juin 2021

MISE AU POINT DU GEN. DELAWARDE SUR L'AFFAIRE CNEWS

MISE AU POINT FINALE DU GENERAL DELAWARDE SUR L'AFFAIRE CNEWS

21 JUIN 2021

Gen. (2S) Dominique Delawarde

Dans ce que je considère comme une embuscade soigneusement préparée par un communicant représentant « La République En Marche », avec, ou non, complicité de la chaîne Cnews, j'ai été interrompu, cloué au pilori et chassé comme un malpropre pour avoir utilisé le seul mot « communauté ».

Je n'ai jamais précisé le nom de la communauté qui contrôle, selon moi, la "meute médiatique" et qui est, toujours selon moi, une communauté d'affaires et d'intérêts, bien connue sous le vocable de "Deep State" aux USA" et d’État profond" en France. 

https://www.marianne.net/agora/entretiens-debats/existe-t-il-un-etat-profond-formule-employee-par-emmanuel-macron-lors-du-g7

Ce vocable a été utilisé à de nombreuses reprises par les Présidents américains et français au cours des 4 dernières années. Le Président français n'est pas présumé être complotiste. Il ne fait pas, selon moi, référence à des pouvoirs occultes qui n'existent pas….

À ma connaissance, aucune communauté particulière, ethnique, religieuse ou autre n'a l'exclusivité de l'appartenance à "l'État profond". De très nombreux articles de presse ont défini, plus ou moins nettement, cette communauté d'intérêts lorsque le Président français a utilisé l'expression. 

https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&q=Macron+Etat+Profond

Relire aussi,

https://www.marianne.net/agora/entretiens-debats/existe-t-il-un-etat-profond-formule-employee-par-emmanuel-macron-lors-du-g7

Présumer que je serais antisémite, ce serait partir du principe qu'une seule et unique communauté religieuse aurait l'exclusivité de l'appartenance au Deep State ou à l’État Profond, voire la revendique, ce qui est assurément faux. Il y a probablement des athées, des chrétiens, des juifs, des bouddhistes, des musulmans qui font partie du Deep State, comme il y en a dans tous les secteurs de la société. L’État Profond étant, par nature, discret, il est donc impossible à quiconque d'en identifier tous les membres, les effectifs et les proportions, par sous-ensembles ethniques ou religieux.

Présumer que je serais sectaire ou raciste supposerait aussi que j'ai nommé une communauté religieuse ou ethnique lors de mon passage à Cnews, ce qui n'est pas le cas.

Enfin, prétendre que j'ai diffamé voudrait aussi dire que l'appartenance au Deep State serait "infamante", ce qui n'est pas le cas non plus. Ceux qui contrôlent les médias ou les organes de pouvoir, tirent plutôt fierté du pouvoir d'influence qu'ils exercent. Il ne peut donc être perçu comme insultant par quiconque de constater leur existence et leur pouvoir.

Est-il insultant ou diffamatoire de constater le fait qu'une communauté d'intérêt, où l'argent est roi et fait roi (Le Deep State ou l’État Profond), exerce un pouvoir d'influence puissant, donc contrôle les "médias mainstream" (mais pas que …) ?  Jusqu'à preuve du contraire, non. C'est simplement énoncer un fait que notre Président de la République connaît bien, puisqu'il en a parlé lui-même en plusieurs occasions.

Cette affaire de diffamation présumée et d’accusations portées contre moi est donc un procès délirant en sorcellerie organisé par "la meute médiatique" elle-même pour tenter de discréditer, de diaboliser, d'écraser ceux qui la dénoncent et font apparaître les côtés les plus sombres de son fonctionnement et de ceux qui la contrôlent. C'est aussi une manière de faire diversion et de faire oublier le contenu des tribunes de militaires, évitant ainsi de traiter au fond le problème du délitement de notre pays...

D'ailleurs, rédacteur et cosignataire de la tribune des 6 généraux : "J'accuse" et notamment du passage où je dénonce l'injustice faite à Dreyfus, je ne vois pas, bien au contraire, la moindre trace de sectarisme ou d'antisémitisme dans le choix et la manière de traiter ce passage important !

https://ripostelaique.com/exclusif-tres-vigoureuse-riposte-des-six-generaux-que-le-regime-veut-punir.html

Cerise sur le gâteau, le hasard fait que je compte juif et musulman dans les « pièces rapportées » de ma famille, où l'entente, l'harmonie et l'intégration sont parfaites. L'accusation portée contre moi en devient donc grotesque.

SI QUELQU'UN A ÉTÉ DIFFAMÉ DANS CETTE AFFAIRE CNEWS, C'EST MOI !

Je me réjouis, bien sûr, qu'un membre éminent de cette « communauté politico-médiatique » qui a très largement utilisé son pouvoir d'influence sur les médias au profit de Mr Macron, pour le porter au pouvoir en 2017 soit aujourd'hui sous les verrous. https://www.lepoint.fr/politique/financement-libyen-mimi-marchand-incarceree-19-06-2021-2431740_20.php

mardi 1 juin 2021

De Clovis à Macron

De Clovis à Macron : vie et fin d’une nation?

Nos politiques actuels montrent d’évidentes ambitions personnelles. Elles sont cependant bien trop étriquées et mensongères pour qu’elles se développent en une ambition pour la France et soient ainsi utiles au pays, face aux dangers qui grondent. La réalisation d’une véritable ambition politique individuelle devrait s’appuyer sur la réussite de la collectivité qui a élu l’ambitieux. Si elle se trouve seulement satisfaite par un succès privé, elle n’est qu’égoïsme, forfanterie et malheureusement tromperie de ceux qui, en tant qu’ensemble solidaire, pour tout ou partie, ont cru ou supposé ingénument que ce désir de réussite personnelle servirait la nation. Ces gens, bavards et sans échine, corrupteurs et faux, ne laisseront pas leur nom dans l’histoire. Au mieux, dans une quelconque note de bas de page, un historien futur, évoquant la période que nous vivons, les citera comme les insignifiants personnages d’un marécage politique, prélude boueux à la grande résilience française. C’est en tout cas la perspective espérée et motivante qui doit animer les citoyens si nous ne voulons pas qu’un autre historien, dans une autre dimension, écrive, en anglo-saxon, un ouvrage de 350 pages, faisant référence à un ancien pays, au titre probable suivant : «De Clovis à Macron : vie et fin d’une nation.»

Pour diriger une puissance aussi ancienne et sensuelle que la France, il faut entretenir une relation charnelle avec elle. Son histoire est un héritage global avec ses bons et mauvais épisodes. Les uns sont indissociables des autres tant les aspects sombres, par contraste, donnent de la lumière aux pages glorieuses. Nous ne pouvons faire le tri car nul ne peut se revêtir du contexte de telle ou telle époque. Ils participent tous à la France d’aujourd’hui et à sa grandeur. Ils dirigent son avenir et génération après génération ils nous obligent.

D’aucuns me diront que seul le peuple est souverain et que ses dirigeants sont ceux qu’il a souhaités. En sommes-nous sûrs? Je crois, hélas, que toutes sortes de manipulations, rendues possibles de nos jours par une technologie soumise aux financiers méprisants, à une organisation internationale hostile aux nations, et à une caste qui leur est intimement liée, ont permis l’établissement d’une démocratie virtuelle, à moins que ce ne soit une dictature masquée. De plus le politique est un professionnel au long parcours ce qui le contraint à acquérir une mentalité conforme à des règles lentement établies, une sorte d’endoctrinement ou de structuration de l’esprit. Quelle que soit son adhésion idéologique, il s’impose, injustement, comme un indispensable spécialiste. Nous confions donc notre État à des gens dont la politique est devenue le métier. Je ne nie pas qu’une certaine expérience puisse être utile et que quelques-uns soient à leur place, mais l’intelligence, la vision des rapports humains, la réflexion, le sens des autres, la vertu, l’amour de la France, la culture, se trouvent plus aisément, ailleurs, que dans ce milieu. Il y a, au demeurant, un détournement, de l’expression populaire d’autant plus évidente que les partis de militants n’existent plus. Ils recueillaient, à leur façon, la pensée des citoyens et, de ce fait, offraient à leurs responsables un mandat légitime pour parler au nom d’une partie du peuple. Cette organisation militante s’est effondrée. Nous sommes confrontés à un hiatus entre les positions des politiciens et l’opinion véritable d’un peuple privé de cette possibilité de faire émerger ses sentiments et de s’enthousiasmer pour une cause véritable. La politique devrait redevenir l’affaire de tous. Elle ne peut être la propriété d’un groupe fixant à ses membres des comportements au travers de longues dérives. Ce clan finit par ne proposer au peuple que des souhaits sous influence, habillés, selon le bord affiché, de fausses différences. Ou encore il ne fait que relayer les exigences aberrantes des minorités agissantes et menaçantes, qu’il fait siennes, car elles lui paraissent utiles pour faire croire à la prise en compte de volontés citoyennes. L’absurde et l’ubuesque sont ainsi, exposés en lieu et place de la vertu et de la raison.

Le constat est d’évidence : il n’y a plus guère cette indispensable porosité entre le peuple et ses représentants, soumis obligatoirement au carcan des appareils partisans pervertis. À moins d’un homme charismatique créateur de sa part d’histoire, les politiques d’aujourd’hui les plus en vue n’ont pas la dimension leur permettant de répondre aux périls qui menacent la France. Ils proviennent tous de la routine d’une situation de paix, menés par des gestionnaires prétentieux aux principes flexibles. Ils ne sauraient imaginer affronter une guerre de religion, une crise existentielle, qui pourtant pointe à l’horizon de nos jours. Chez ces professionnels il y a une large part d’amateurisme!

Ils sont inadaptés au dangereux futur immédiat. Alors que faire? Des élections présidentielles approchent qui seront beaucoup plus déterminantes pour l’avenir du pays que les précédentes. Cependant aucun des candidats potentiels ne semble répondre aux puissantes obligations qui seront celles du futur chef de l’État. Si rien n’est fait pour modifier cette absurde conséquence d’un système dévoyé, la France courra à la catastrophe. Il faudrait donc inverser le processus actuel faisant que les partis choisissent de soutenir un des leurs sans que ce candidat désigné ait eu la moindre onction populaire préalable. Les citoyens sont totalement étrangers à ces choix. Il leur est simplement demandé d’adhérer à une personnalité choisie dans ce microcosme de l’entre-soi. Or nous constatons que les Français sont, dans une immense majorité, d’accord sur les aspects fondamentaux d’une politique nationale reposant principalement sur la sécurité et la souveraineté qu’aucune des personnalités sélectionnées aujourd’hui n’affirme vouloir véritablement défendre, bec et ongles ou contre vents et marées, selon la formule qui vous plaira.

J’écrivais, dans un ouvrage paru en mars 2017[1], Il est nécessaire d’inverser les règles de fonctionnement de la vie politique pour une plus grande démocratie et une meilleure adhésion du peuple. Il faut aller du peuple vers une structure souple et associative, à la suite d’un homme ou de quelques-uns, porteurs d’une philosophie politique et non plus laisser ces entreprises politiques existantes, établir une dictature sur la pensée et le choix des responsables… Des mouvements sont nés récemment autour d’une idée ou d’une éthique. La «manif pour tous», «les veilleurs»… et quelques autres. Ils témoignent de cette volonté populaire de s’exprimer en s’affranchissant des partis traditionnels. Ce système a fonctionné, dans le lointain passé, avec la rédaction des cahiers de doléances. Aujourd’hui, j’ajouterais le mouvement des «Gilets jaunes», mais aussi la «lettre – dite – des généraux». Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées, sans organisation préexistante, dans un but déterminé. Il est certain que les réseaux sociaux, remplaçant les cafés du commerce, ont seuls permis de tels rassemblements. La démocratie revivifiée pourrait partir de ce nouveau média.

Quelques-uns pourraient ainsi lancer sur ces réseaux la base d’une ligne directrice pour la France, susciter le rassemblement de personnes dans plusieurs lieux du territoire qui éliraient des délégués acceptant de rencontrer d’autres délégués et ainsi de suite jusqu’à une réunion ultime désignant leur candidat. Ce procédé valable pour une élection présidentielle pourrait se décliner pour quelques autres élections selon un mode adapté. En développant cette idée, je me suis rendu compte que les soviets, en Russie, avaient procédé d’un principe voisin. Je ne suis pourtant pas communiste (à moins que face au totalitarisme financier et ultra capitaliste, le patriote, plutôt bonapartiste, admirateur de Foch de Lyautey et de Clemenceau, et parfois gaulliste, que je suis, ne le devienne…) Le principe n’est donc pas utopique, quand bien même nos esprits, structurés à la fois par des décennies d’un système électoral banal laissant quelques ambitieux proposer leur candidature, et par une prétention à ne voir la démocratie ne fonctionner que par cette unique méthode. Je rappelle le dernier alinéa de l’article 2 de la constitution sur lequel je vais revenir : «Le principe (de la République) est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple». Je constate que ce beau principe est biaisé. L’article 1 n’est pas mieux appliqué spécifiant, dans un second et récent alinéa que : «La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales.»

Je ne me fais cependant aucune illusion. Une telle modification si elle venait à être envisagée se heurterait à de multiples obstacles dont le principal serait une opposition d’un système ancien se sentant menacé.

Mais supposons pour la beauté du rêve que les Français réussissent à élire un président selon leurs vœux profonds et une assemblée nationale conforme, enfin, aux souhaits réels des citoyens. Le nouveau chef de l’État devrait dès son intronisation, agir par le symbole. Le symbole révèle les ressorts les plus cachés de l’action en anticipant le temps futur; bien davantage que le langage, il exprime le fond d’une pensée et la volonté de mise en œuvre d’une action. Il s’adresse à l’inconscient et provoque des résonances en reliant l’individuel au collectif. Il engage, il ne ment pas…

Je verrais donc, dans le premier trimestre suivant l’élection du président de la grande résilience nationale, le nouveau chef de l’État prendre quelques mesures éclairantes sur l’avenir. Après le symbole initial du dépôt d’une gerbe sous l’Arc de Triomphe, au pied du soldat inconnu et sous le regard attentif des gloires militaires de la France, suivraient des décisions manifestant ses intentions.

Il ferait ainsi ôter la bannière européenne sur tous les bâtiments officiels où elle fait une ombre dérangeante au drapeau français, en contradiction avec l’article 2 de la constitution stipulant que «  L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.»

  Pour la même raison, et au nom du droit des Français à la compréhension, il interdirait l’utilisation de toute autre langue que la nôtre sur notre sol, dans nos productions écrites et matérielles et par nos représentants civils et militaires à l’étranger et imposerait aux produits importés d’être présentés exclusivement dans notre langue. Cet article 2, décidément, le prévoit aussi : «La langue de la République est le français.»

Il réaffirmerait notre indépendance et rappellerait les officiers en poste au sein de l’OTAN et reviendrait à la supériorité du droit français sur toute autre norme. Dans une même continuité, il mettrait fin à la participation française aux organismes judiciaires européens risquant de soumettre des Français, voire l’action de la France, à des juges étrangers. Il rappellerait l’intégrité de l’ensemble du territoire national et demanderait la mise en œuvre d’une étude pour l’intégration définitive des territoires d’outre-mer – Nouvelle-Calédonie et Polynésie – à l’ensemble français.

Il ferait son tout premier voyage officiel, en Russie, puis visiterait les pays africains francophones.

Il ferait revoir nettement à la hausse le budget de la Défense et exigerait des mesures pour rétablir la souveraineté totale de notre production d’armement.

Il déclarerait solennellement que la France est fière de son histoire et n’a pas à la fractionner ni à se repentir de ce qui déplait à certains Français marginaux et étrangers. Il ferait supprimer l’appellation «Loi mémorielle» et la remplacerait par l’expression «affirmation solennelle» sans vraie valeur juridique, car l’histoire, science des faits passés, ne se décrète pas. Il ajouterait que la France reconnait la supériorité du droit des nations sur celui des individus.

Il engagerait une réforme de l’Éducation nationale reposant sur la recherche d’une connaissance de base pour tous et sur la sélection des élèves, en donnant comme axe éducatif l’enseignement du Français, des sciences, de l’histoire et de la géographie. Il éloignerait les parents des établissements d’enseignement.

Il lancerait la création d’un organisme pour l’exploitation des richesses recelées par les 11 millions de km2 du domaine maritime national, à l’image du CEA en son temps, et engagerait un développement nouveau de la filière nucléaire.

Et surtout, en matière de sécurité, il établirait un contrôle aux frontières. Il donnerait l’ordre de revoir les conditions d’ouverture du feu pour les forces de l’ordre en les rendant plus simples. Demanderait l’organisation d’un referendum sur le rétablissement de la peine de mort dans certains cas et ferait mettre en œuvre une politique de rapatriement des émigrés dans leur pays d’origine et ferait réétudier toutes les aides sociales qui leur sont destinées. Il engagerait une réforme en profondeur du système judiciaire. Il exigerait des binationaux un choix. Il affirmerait que l’islam n’est pas une religion compatible avec la laïcité ni avec la civilisation française et inviterait les musulmans à en tirer les conséquences. Il ferait aussi abolir, par le nouveau parlement, toute la législation portant atteinte à la dignité et à la normalité de la famille…

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive. Il est certain que toutes ces mesures essentiellement symboliques engageraient l’avenir et obligeraient à une politique fondamentalement nouvelle. Elles apparaitraient comme les prémices d’une renaissance de la France. Nul doute qu’un tel chef de l’État, entamant son mandat avec de telles indications symboliques, maintiendrait l’adhésion sans faille du peuple qui l’aurait élu car, avide d’espoir, il serait dès lors assuré d’un avenir pour la France conforme à la trajectoire de son histoire.

Henri ROURE



[1] Grandeur ou servitude ? Essai sur l’avenir de la France. Éditions ED2A, mars 2017, 157 pages.

mardi 18 mai 2021

Je résisterai

 Je résisterai

Je perdrai peut-être – si tu le désires – ma subsistance

Je vendrai peut-être mes habits et mon matelas

Je travaillerai peut-être à la carrière comme porte faix, balayeur des rues

Je chercherai peut-être dans le crottin des grains

Je resterai peut-être nu et affamé

Mais je ne marchanderai pas

O ennemi du soleil

Et jusqu'à la dernière pulsation de mes veines

Je résisterai.


Je résisterai

Tu me dépouilleras peut-être du dernier pouce de ma terre

Tu jetteras peut-être ma jeunesse en prison

Tu pilleras peut-être l'héritage de mes ancêtres

Tu brûleras peut-être mes poèmes et mes livres

Tu jetteras peut-être mon corps aux chiens

Tu dresseras peut-être sur notre village l'épouvantail de la terreur

Mais je ne marchanderai pas

O ennemi du soleil

Et jusqu'à la dernière pulsation de mes veines

Je résisterai.


Tu éteindras peut-être toute lumière dans ma vie

Tu me priveras peut-être de la tendresse de ma mère

Tu falsifieras peut-être mon histoire

Tu mettras peut-être des masques pour tromper mes amis

Tu élèveras peut-être autour de moi des murs et des murs

Tu me crucifieras peut-être un jour devant des spectacles indignes

O ennemi du soleil

Je jure que je ne marchanderai pas

Et jusqu'à la dernière pulsation de mes veines

Je résisterai.


Samih al-Qâsim 

(1939/2014)


jeudi 22 avril 2021

Why Won't Israel Recognize the Armenian Genocide?

Why Won't Israel Recognize the Armenian Genocide? 

It's Not Just About Turkey


Biden is preparing to recognize the Armenian genocide. So why is Israel, founded in the wake of genocide, holding out? How far does Israel's decision really rest on the state of relations with Ankara and Erdogan?


Dr. Eldad Ben Aharon

Apr. 22, 2021 11:18 AM

https://www.haaretz.com/


There’s been growing attention given to Israel’s policy on the Armenian genocide over the last two decades. Scholars, practitioners, journalists, activists and the general public are trying to map the different reasons and grievances framing Israel’s firm position: not to recognize the Armenian genocide.

Conventional wisdom points to dictums such as "Israeli relations with Turkey are too important" or that "Israel prefers Azerbaijan to the Armenians."

However, those reasons are too sweeping to explain a more complex phenomenon: which of Israel’s state institutions refuse recognition, and why.

I would argue that it is quite understandable why both consecutive Israeli governments, and the wider political and cultural spectrum represented in Israel’s parliament, the Knesset, hold what appears to be a wholly pragmatic stance despite it being counter-intuitive to normative and liberal democratic considerations, including the specific historical experience of the Jewish people.

-Why does the Knesset fail to pass the Armenian genocide bill time and time again, and how static or fluid is this stance for the future? And what impact does the growing legislative and normative trend of Western countries recognizing the genocide have on Israel's considerations, with the Biden administration as the latest example?

First of all: What does "recognition of the Armenian genocide" actually mean? In academic circles, despite the lack of a widely accepted cross-disciplinary definition, the term ‘recognition’ is generally understood  as a normative expression of the acknowledgement of a valuable human need: in this case, the understanding that the Ottoman Armenians experienced a genocide in 1915 and the countering of historical revisionism and denialism.

The legislative act of recognition contributes not only to commemoration, and to preserving Armenian historical heritage, but can also trigger an officially-sanctioned Memorial Day, even a state-backed national commemorative museum. This step is of critical importance to Armenian diaspora communities. Thus, the struggle for recognition is significant for three parties: the Armenians, the Turks (who oppose it), and the countries debating whether to recognize the Armenian genocide.

It is also a step that endorses the values of liberal democracy, by affirming core values such as the protection of human rights, justice and the protection of minorities against discrimination and violence. It also boosts international institutions dedicated to those values, such as the Internal Criminal Court and the UN’s Responsibility to Protect, a 2005 commitment to prevent genocide, war crimes, ethnic cleansing and crimes against humanity.

So, if recognition is a normative step that bolsters liberal democracy, there doesn’t seem an obvious obstacle for Israel. But there are two further, major, factors: Turkey, and the Holocaust.

Despite the cold diplomatic winds blowing between Ankara and Jerusalem for a number of years now, Israel maintains significant economic and strategic ties with Turkey. But if we examine the recognition policy of other states with far deeper engagement with Turkey, we see that there is no longer such an immutable correlation between ties with Ankara and genocide recognition - and the contrast with Israel becomes even more striking.

Take, for example, the legislatures of three NATO members: the United States, Germany, and the Netherlands. Just like Israel, they have been Ankara’s traditional allies since the early 1950s, and just like Israel, they were reluctant to recognize the Armenian genocide for more than 40 years. Their key reason was not to imperil Turkey’s key strategic role in the NATO alliance.

But between 2016 and 2019, something changed: the parliaments of all three countries formally recognized,  the Armenian genocide. And their status quo-defying decisions were neither hesitant nor ad hoc.

What had happened? The core trigger was a statement made by Turkish President Recep Tayyip Erdogan. 

Then-Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan making his 2014 statement on the Armenian memorial day, calling the massacres by Ottoman Turks 'our shared pain' and offering his 'condolences'

Then-Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan making his 2014 statement on the Armenian memorial day, calling the massacres by Ottoman Turks 'our shared pain' and offering his 'condolences'Credit: AP

On 23 April 2014, the 99th anniversary of the genocide, Erdogan noted the deaths of the Ottoman Armenians who had perished alongside millions of people of "all religions and ethnicities" in 1915, describing the tragedy as "our shared pain."

Although Turkey’s president was finally acknowledging some basic historical facts, and offered his condolences to the Armenians, his message was really a sophisticated form of denial. There was no genocide, and the Ottomans’ successor state, Turkey, had nothing to apologize for.

But despite the obfuscation, his speech opened the door for some countries who wanted to alter their position. Ironically, Erdogan had effectively normalized the process of Armenian genocide recognition.

Armenian-Americans march in protest through the Little Armenia neighborhood of Hollywood, California demanding recognition by Turkey on the 103rd anniversary of the 1915 Armenian genocide, April 24, 2018.

Armenian-Americans march in protest through the Little Armenia neighborhood of Hollywood, California demanding recognition by Turkey on the 103rd anniversary of the 1915 Armenian genocide, April 24, 2Credit: AFP

There were other factors, too, that broke the recognition taboo. There was the crumbling relations between Turkey and its three allies, and the the related progressive weakening of NATO. The process of introspection and eventual acknowledgement of those countries’ own role in the perpetuation of Turkey’s denial. And growing scrutiny of Erdogan’s policies, especially towards the Kurds. For the Biden administration, it is a fulfillment of the promise to re-prioritize human rights in U.S. foreign policy. Hence, the recognition legislated by Germany, the Netherlands and the United States were a form of normative statement.

So what of Israel? Every April 2th, since 1989, the left-wing Meretz party has attempted and failed to pass the Armenian genocide bill through the Knesset. Erdogan’s 2014 statement made no significant change to their fortunes.

Knesset member and Meretz party head Tamar Zandberg introduces a bill to recognize the Armenian genocide, in 2018

Knesset member and Meretz party head Tamar Zandberg introduces a bill to recognize the Armenian genocide, in 2018Credit: Yitzhak Harari/Spokesman

In May 2018, Turkey expelled Israel’s ambassador, Eitan Na'eh, in the wake of the deaths of  61 Palestinians by the IDF in protests following Donald Trump’s recognition of  Jerusalem as the capital of Israel. Erdoğan’s harsh rhetoric included the accusation that the "terrorist state" of Israel was itself perpetrating "genocide" against the Palestinians. But even this crisis didn’t move the dial in the Knesset.

So if changing geopolitical circumstances impacted the three NATO allies, why did it not affect Israel? Because there’s a basic, fixed issue, far less influenced by outside parties and events, but one that uniquely influences Israeli policy in regard to recognition of the Armenian genocide: the memory of the Holocaust as "unique."

In Israel, there is a commitment to "never again," a watchword in Israeli society, politics, and diplomacy ever since the birth of the State of Israel. But it has been embraced in its particularist form: "never again" to Jewish vulnerability in the face of murderous antisemitism, rather than the "never again to anyone," the form in which it is widely understood in, for example, the liberal American Jewish community.

That same particularism works retroactively, too. Analogies to the Holocaust are often slammed as the "trivialization" of Jewish suffering. That anathema to "sharing" the idea of being genocide victims, or the fear of competing genocide commemorations, has a specific locus.

The date of Israel’s Holocaust Remembrance Day is observed according to the Hebrew calendar, but it generally falls in the second half of April or early May. If the Knesset recognized the Armenian genocide, its April 24 Memorial Day would fall in close proximity, actualizing the threat of "competition" over genocide commemorations.

Armenian Israelis protest outside the Foreign Ministry in Jerusalem against arms sales to Azerbaiijan during the Nagorno-Karabakh conflict last year: Poster reads 'Erdogan, the Turkish Hitler'

Armenian Israelis protest outside the Foreign Ministry in Jerusalem against arms sales to Azerbaiijan during the Nagorno-Karabakh conflict last year: Poster reads 'Erdogan, the Turkish Hitler'Credit: Emil Salman

Despite these significant considerations weighing against recognition, there is still a chance to change Israel’s calculus. The tipping point is less likely to depend on a deterioration of relations with Turkey, or pressure from Azerbaijan, but rather on a strengthening of Israel’s own fractured democratic processes.

That there are problematic checks and balances between Israel’s legislative and executive branches is embodied in the unrestrained power the executive wields over the Knesset.

And because of the peculiarities of Israeli political culture and its unwieldly coalition governments, the executive enforces strict coalitionary discipline for many votes that in other legislatures would be free votes of conscience, or would better reflect the diversity of opinion within political parties.

This is an essential factor in the issue of passing an Armenian genocide bill: because coalition unity takes superiority over the freedom of action of Knesset members, there is very little room for manoeuvre.

With more stable governments giving coalition members more autonomy (a pipe-dream at present) it is likely the Armenian genocide recognition legislation would pass in the plenary, not least if legislators are lobbied by those liberal and younger Israelis who want to amplify the universalistic lessons of the Holocaust. For now, this modest hope will have to suffice.

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Dr. Eldad Ben Aharon is a Minerva Fellow and Associate Researcher at the Peace Research Institute Frankfurt (PRIF) and a lecturer at Leiden University. His research focuses on Israel's diplomatic history, Turkey’s foreign policy, intelligence history and counter-terrorism, Jewish and Armenian transnationalism and memory of the Holocaust and the Armenian genocide. Twitter: @EldadBenAharon 

Biden Preparing to Declare the "G" word

 Biden Preparing to Declare That Atrocities Against Armenia Were Genocide

The designation for the World War I-era killings would further fray U.S. relations with Turkey, but it is a risk the president appears willing to take to further human rights, officials said.

A ceremony last April in Yerevan, Armenia, commemorated the 105th anniversary of the beginning of the massacre of 1.5 million Armenians by Ottoman forces.
Karen Minasyan/Agence France-Presse — Getty Images

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WASHINGTON — More than a century after the Ottoman Empire’s killing of an estimated 1.5 million Armenian civilians, President Biden is preparing to declare that the atrocities were an act of genocide, according to officials familiar with the internal debate. The action would signal that the American commitment to human rights outweighs the risk of further fraying the U.S. alliance with Turkey

Mr. Biden is expected to announce the symbolic designation on Saturday, the 106th anniversary of the beginning of what historians call a yearslong and systematic death march that the predecessors of modern Turkey started during World War I. He would be the first sitting American president to do so, although Ronald Reagan made a glancing reference to the Armenian genocide in a 1981 written statement about the Holocaust, and both the House and the Senate approved measures in 2019 to make its recognition a formal matter of U.S. foreign policy.

At least 29 other countries have taken similar steps — mostly in Europe and the Americas, but also Russia and Syria, Turkey’s political adversaries.

A U.S. official with knowledge of the administration’s discussions said Mr. Biden had decided to issue the declaration, and others across the government and in foreign embassies said it was widely expected.

Jen Psaki, the White House press secretary, declined to comment on Wednesday except to note that the administration would have “more to say” on the topic on Saturday.

“The recognition by the United States will be a kind of moral beacon to many countries,” said Foreign Minister Ara Aivazian of Armenia.
/EPA, via Shutterstock

Foreign Minister Ara Aivazian of Armenia said in an interview on Wednesday that “the recognition by the United States will be a kind of moral beacon to many countries.”

“This is not about Armenia and Turkey,” Mr. Aivazian said. “This is about our obligation to recognize and condemn the past, present and future genocide.”

The designation and whether Mr. Biden would issue it have been seen as an early test of his administration’s dealings with the government of President Recep Tayyip Erdogan of Turkey.

The two men have had a somewhat testy relationship in the past, in contrast to the generally warm treatment Mr. Erdogan received from President Donald J. Trump, and the genocide declaration could prompt a backlash from Turkey that risks its cooperation in regional military conflicts or diplomatic efforts. Past American presidents have held back from the declaration for that very reason, and Mr. Biden could still change his mind about issuing it.

While Turkey agrees that World War I-era fighting between the Muslim Ottomans and Christian Armenians resulted in widespread deaths, its leaders have resolutely rejected that the killing campaign that began in 1915 amounted to genocide.

Yet Turkish officials have been bracing for the genocide declaration ever since Mr. Biden committed to it during his presidential campaign, and Foreign Minister Mevlut Cavusoglu warned earlier this week that it would set back the already strained relationship between the two North Atlantic Treaty Organization allies.

“Statements that have no legal binding will have no benefit, but they will harm ties,” Mr. Cavusoglu said in an interview with the Turkish broadcaster Haberturk. “If the United States wants to worsen ties, the decision is theirs.”

The legal definition of genocide was not accepted until 1946, and officials and experts said Mr. Biden’s declaration would not carry any tangible penalties beyond humiliating Turkey and tainting its history with an inevitable comparison to the Holocaust.

“We stand firmly against attempts to pretend that this intentional, organized effort to destroy the Armenian people was anything other than a genocide,” a bipartisan group of 38 senators wrote in a letter to Mr. Biden last month, urging him to make the declaration. “You have correctly stated that American diplomacy and foreign policy must be rooted in our values, including respect for universal rights. Those values require us to acknowledge the truth and do what we can to prevent future genocides and other crimes against humanity.”

Mr. Biden appears intent on showing that his commitment to human rights — a pillar of his administration’s foreign policy — is worth any setback.

The genocide declaration signals that the United States is “willing to take geostrategic hits for our values,” said James F. Jeffrey, a former ambassador to Turkey who served in senior national security posts for the three presidents immediately preceding Mr. Biden.

Mr. Jeffrey, now the Middle East chair at the Wilson Center think tank in Washington, said there was little risk that Turkey would turn toward Russia, Iran or other American adversaries to replace its alliances with the West.

Adem Altan/Agence France-Presse — Getty Images

But, he said, Mr. Erdogan could easily try to stymie or delay specific policies to aggravate the Biden administration, particularly in Syria, where Turkey’s tenuous cease-fire with Russia has allowed for already-narrowing humanitarian access, and in the Black Sea, to which American warships must first pass through the Bosporus and the Dardanelles on support missions to Ukraine.

“It may be harder to get Erdogan to agree to specific policies,” Mr. Jeffrey said.

He also raised the prospect that Turkey could force meticulous reviews to slow non-NATO operations at Incirlik Air Base, a way station for American forces and equipment in the region. Or, Mr. Jeffrey said, Turkey could do something to provoke new sanctions or reimpose ones that have been suspended, like taking military action against Kurdish fighters allied with American forces against the Islamic State in northeast Syria.

Pentagon officials have also noted the value of Turkish forces remaining in Afghanistan after the withdrawal of U.S. and other coalition troops by Sept. 11; Kabul and Ankara have a longstanding relationship that will allow some troops to remain in Afghanistan after the NATO nations leave.

Tensions between Turkey and the United States flared in December, when the Trump administration imposed sanctions against Ankara for its purchase and then test of a Russian missile defense system that Western officials said could expose NATO’s security networks to Moscow. The sanctions were imposed in the final month of Mr. Trump’s presidency, three years after Turkey bought the missile system, and only after Congress required them as part of a military spending bill.

Mr. Trump had pointedly promised to help Armenia last fall during its war against Azerbaijan in the Nagorno-Karabakh region, noting the politically influential Armenian diaspora in the United States. His administration took a more evenhanded approach in trying to broker a peace agreement alongside Russia and France and, ultimately, Armenia surrendered the disputed territory in the conflict with Azerbaijan, which was backed by Turkey.

In the Wednesday interview, Mr. Aivazian, Armenia’s foreign minister, seized on Turkey’s military role in the Nagorno-Karabakh war as an example of what he described as “a source of expanding instability” in the region and the eastern Mediterranean Sea.

He said the genocide designation would serve as a reminder to the rest of the world if malign values are not countered.

“I believe bringing dangerous states to the international order will make our world much more secure,” Mr. Aivazian said. “And we will be witnessing less tragedies, less human losses, once the United States will reaffirm its moral leadership in these turbulent times.”


https://www.nytimes.com/2021/04/21/us/politics/biden-armenia-genocide-turkey.html?smid=tw-share

samedi 6 février 2021

Une bonne analyse, mais…

Une bonne analyse sur l'Arménie, mais…


Par Varoujan Sirapian

Directeur de la revue « Europe et Orient »

7 février 2021

 

 

J’ai écouté avec attention l’interview d’un homme politique diffusée il y a quelques jours sur une chaine de télévision arménienne.

L’homme était interrogé par trois journalistes au sujet de la deuxième guerre d’Artsakh, ces conséquences et la situation politique du pays après le cessez-le-feu signé le 9 novembre 2020.

Il parlait avec aisance, sans élever la voix et sans détour, répondant une par une aux questions posées avec des arguments rationnels. Son analyse était assez cohérente pour arriver in fine à une conclusion : le Premier ministre actuel et son gouvernement ne peuvent pas rester en place et doivent démissionner, ouvrant la voie à de nouvelles élections.

Il a développé sa pensée sur l’état catastrophique, selon lui, de l’Arménie en état de choc après une défaite cuisante avec des pertes humaines et territoriales dramatiques. Depuis l’indépendance de 1991, l’Arménie n’a jamais été aussi fragile et sous la menace d’une disparition.

Pour qu’un pays soit anéanti, ou tout au moins très affaibli, il faut quatre pratiques, a-t-il expliqué :

1.       Diviser (baragdel) la société comme l’ont fait ceux qui ont financé les bolchéviques lors de la Première Guerre mondiale, pour organiser la révolution (sic !) (Rouges / Blancs),

2.       Affaiblir l’armée et les institutions garantissant la sécurité du pays,

3.       Créer une défiance vis-à-vis de la fonction publique,

4.       Ruiner les liens avec des pays alliés.

« Maintenant », dit-il l’homme politique, « posons-nous la question à l’inverse : lequel de ces quatre points n’a pas été appliqué par Pachinian et son équipe ? 

Actuellement on divise les Arméniens entre les « noirs » (opposants) et les « blancs » (pro gouvernement)

L’armée est affaiblie et les Services de Sécurité Nationale (SSN) au lieu de courir derrière la cinquième colonne qui mine notre pays de l’intérieur, pratique une chasse aux sorcières (sadananer) parmi les « anciens » (naghkinner).

Depuis plus de deux ans ils n’ont pas cessé d’avilir les services publics, les institutions, notamment judiciaire, en appelant même la population à bloquer les portes d’entrée des tribunaux.

Et enfin ils ont détérioré nos relations avec nos alliés traditionnels, notamment la Russie et l’Iran. Pendant 27 ans nous étions un allié de la Russie, aujourd’hui nous sommes réduits à un protectorat russe !»

Comment un chef d’État qui a conduit notre pays dans une telle impasse peut-il rester en place ? Qu’est-ce qu’il lui reste comme crédibilité pour négocier quoi qu’il en soit ? »

Tous ceci pourrait paraître acceptables comme arguments. Le seul problème c’était que l’homme interrogé était Robert Kotcharian, deuxième président de la République d’Arménie, considéré le plus corrompu et le plus détesté par la grande majorité des Arméniens.

J’ai écouté l’interview de 1h27 jusqu’au bout pour voir si, à un moment donné, Robert Kotcharian allait parler de, sinon de sa culpabilité, au moins de sa responsabilité dans la gestion oligarchique du pays pendant dix ans (voie suivie par son successeur encore pendant dix ans) situation qui a préparé le terrain à l’arrivée d’un Nikol Pachinian. Rien, pas un mot. Et il ne fallait pas compter sur les trois journalistes de la TV Canal-5 pour poser cette question gênante.

En plus de leur entêtement à n’écouter personne, Nikol Pachinian et son équipe commettent une faute en continuant à rester en place et ce sans aucune expression de regret pour admettre leur défaillance lors de cette guerre et plus généralement leur manquement à transformer les espoirs (et les promesses) de 2018 pour rendre le pays plus vivable. En agissant ainsi bientôt ils vont ressusciter un homme politiquement mort, le rendant presqu’une alternative acceptable pour sortir le pays de la crise. Le comble !

Avec la « révolution » d’avril 2018 les Arméniens se sont endormis sur des rêves et ils se réveillent aujourd’hui sur un paillasson. Espérons que ce réveil douloureux va susciter un élan pour trouver une solution. Cela ne se fera pas avec un claquement de doigts.

L’Arménie seule ne peut pas s’en sortir de ce bourbier. L’implication effective de la diaspora dans la gouvernance politique et économique du pays devient indispensable. Reste à trouver les méthodes acceptables par tous, en bonne intelligence.