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vendredi 3 février 2023

La télévision israélienne propage une propagande azérie répugnante

La télévision israélienne propage une propagande azérie répugnante contre l'Arménie et l'Iran


Par Harut Sassounian
Éditeur, The California Courier

Le 27 janvier, la chaîne de télévision internationale israélienne, i24NEWS, a diffusé une émission d'une demi-heure pleine de mensonges pour glorifier les relations de l'Azerbaïdjan avec Israël et vilipender l'Arménie, l'Iran et la Russie. Ce programme scandaleux n'avait rien à voir avec le journalisme, et tout à voir avec la fameuse « diplomatie du caviar » de l'Azerbaïdjan.

Voici des extraits de l'émission télévisée que j'ai transcrits. Mes commentaires sont entre parenthèses :

Le narrateur, le journaliste israélien Henrique Cymerman, a déclaré : « L'Azerbaïdjan a des voisins problématiques, en particulier la Russie de Vladimir Poutine au nord et l'Iran de l'ayatollah Ali Khamenei au sud. Pourtant, son principal ennemi historique est un autre voisin, l'Arménie, un pays à majorité chrétienne qui a affronté l'Azerbaïdjan dans deux guerres majeures, faisant des milliers de victimes. Lors de la première guerre du Haut-Karabagh en 1991, l'Arménie, soutenue par la Russie, [premier mensonge] a réussi à conquérir 10 000 kilomètres carrés dans la zone frontalière, une région de la taille du Liban. L'objectif officiel était de créer une zone tampon. Pour l'Azerbaïdjan, 2020 a été l'année de la victoire dans la deuxième guerre du Karabagh. Chef de l'armée, Ilham Aliyev, a reconquis toutes les zones [deuxième mensonge] occupées par les Arméniens pour trouver des dizaines de villages et de petites villes complètement détruits et piégés. [Troisième mensonge]. Ce fut le cas dans la région de Khodaafarin, à quelques mètres de la frontière iranienne sur les rives de la rivière Arax. Dans ce scénario, l'Iran a soutenu l'Arménie [quatrième mensonge] et Israël a soutenu l'Azerbaïdjan ».

Le journaliste a interviewé Moubarak Qurbanli, ministre azerbaïdjanais des Affaires religieuses, qui a déclaré : « L'Arménie s'est emparée de nos terres. [Cinquième mensonge]. Il a fallu un énorme effort héroïque à notre armée pour les reconquérir lors de la dernière guerre. Le peuple azerbaïdjanais sait que pendant cette guerre, l'Iran était aux côtés de l'Arménie. [Sixième mensonge]. Vous pouvez donc comprendre ces sentiments désagréables, non pas envers le peuple, mais envers le régime iranien... L'Iran reproche à Israël semble-t-il du point de vue de l'islam orthodoxe. Mais où était l'Iran pendant 30 ans lorsque l'Arménie, violant toutes les lois internationales [septième mensonge], a occupé les terres azerbaïdjanaises, y compris la frontière iranienne. Pourquoi l'Iran est-il resté silencieux alors »? [Huitième mensonge].

Le narrateur a poursuivi : « Le cessez-le-feu a finalement été obtenu par Vladimir Poutine. Lors de la célébration de la libération à Bakou, l'armée a vu les drones offensifs qu'elle avait acquis d'Israël et qui ont fait de nombreuses victimes parmi les forces arméniennes [exaltation honteuse d'avoir tué des Arméniens]. L'un des hommes forts du gouvernement de Bakou est Hikmet Hajiyev, chef du département des relations extérieures de la présidence, le principal conseiller d'Aliyev et son stratège en politique étrangère. Il affirme qu'Israël est l'un des premiers pays à avoir reconnu l'indépendance de l'Azerbaïdjan en 1991 et a diffusé des communiqués qui ont provoqué la colère de Téhéran. Hajiyev a déclaré: « Le président de l'Azerbaïdjan et le Parlement national ont pris la décision d'ouvrir une ambassade à part entière de la République d'Azerbaïdjan dans l'État d'Israël, et avec l'ouverture de l'ambassade d'Azerbaïdjan en Israël, nous pourrons réussir à apporter à un niveau quantitativement nouveau le partenariat stratégique israélo-azerbaïdjanais ». [Hajiyev n'a pas mentionné cela en raison des craintes du Pres. Aliyev d’une réaction violente des États islamiques. L'Azerbaïdjan n'a ouvert une ambassade à Tel-Aviv qu'en 2022, près de 30 ans après qu'Israël a ouvert son ambassade à Bakou en 1993. Et puis, pour atténuer la réaction négative des États islamiques, l'Azerbaïdjan a ouvert un représentant bureau à Ramallah, en Cisjordanie].

Le journaliste a ensuite ajouté : « Plus la relation stratégique entre Bakou et Jérusalem est étroite, plus Téhéran menace les deux pays. Dans une vidéo diffusée par la République islamique d'Iran, il a clairement défini que le chemin vers la sainte mosquée d'Al-Aqsa à Jérusalem passe par la capitale de l'Azerbaïdjan. C'est la première fois que Téhéran menace les deux pays en disant « vous creusez vos tombes. Quiconque défie l'Iran sera détruit ». Téhéran s'en prend également aux nouveaux partenaires arabes d'Israël qui soutiennent les accords d'Abraham : les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et même l'Arabie saoudite... C'est l'une des frontières les plus explosives au monde. De ce côté-ci, nous sommes en Azerbaïdjan qui est un pays musulman laïc, un allié stratégique d'Israël, et là on peut voir le drapeau de la République islamique d'Iran qui définit les États-Unis et Israël comme « le grand Satan et le petit Satan ». Selon l'Iran, la route qui traverse Jérusalem passe par Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan. En octobre 2022, l'armée iranienne a décidé de lancer un acte d'intimidation contre l'Azerbaïdjan accusant son voisin du Nord d'être des agents d'Israël. Des milliers de soldats iraniens ont traversé la rivière Arax à la frontière entre les deux États avec des chars, des avions, des hélicoptères et des camions militaires. L'armée iranienne a également largué des centaines de parachutistes au-dessus de la zone frontalière. Il y avait des dizaines de vidéos de manœuvres militaires qui montraient à maintes reprises la cible de leurs missiles : l'étoile de David de l'État juif. Téhéran souligne les liens croissants entre Bakou et Jérusalem. Téhéran souligne les liens croissants entre Bakou et Jérusalem ». Ensuite, une vidéo est montrée d'un général iranien disant : « Nous tournons au croisement de la rivière Arax à la frontière avec l'Azerbaïdjan pour qu'ils nous prennent au sérieux. Nous n'acceptons pas la présence de sionistes à nos portes ».

Le programme i24NEWS a poursuivi : « De nombreux exercices militaires ont eu lieu du côté iranien du fleuve, mais parfois, il y a eu des infiltrations aériennes et terrestres sur le territoire azerbaïdjanais. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a répondu aux généraux iraniens par un tweet qui a enragé Téhéran : une photo du dirigeant azerbaïdjanais embrassant le drone kamikaze israélien de type Harop. L'Azerbaïdjan a acheté les drones SkyStriker et LORA aux sociétés israéliennes Elbit et Israel Aerospace Industries ».

Le journaliste a ensuite interviewé Efraim Sneh, un ancien ministre israélien, décrit comme « l'artisan de l'alliance entre Israël et l'Azerbaïdjan ». Il a déclaré : « J'ai reconnu l'importance d'un Azerbaïdjan ami, compte tenu de sa proximité avec l'Iran et du fait qu'une grande partie de l'Iran est azérie. [Neuvième mensonge]. J'ai pensé qu'il s'agissait pour nous d'établir un pont solide et solide entre Israël et l'Azerbaïdjan... Le peuple azéri a joué un rôle majeur dans le combat contre l'Allemagne nazie. Des centaines de milliers d'Azéris qui sont allés à la guerre contre Hitler pendant la Grande Guerre patriotique ne sont pas rentrés chez eux. Ils sont tombés sur le champ de bataille en Europe et en Allemagne. Et c'est quelque chose qu'un Juif ne peut jamais oublier. Nous restons toujours reconnaissants pour la contribution de l'Azerbaïdjan à la défaite des nazis ». [Dixième mensonge. Le ministre israélien semble ignorer que la contribution aux combats pour l'Allemagne nazie fut 70 000 Azéris qui ont participé à la répression de l'Insurrection de Varsovie. Hitler appelait ces Azéris ses alliés fiables].

Le narrateur a poursuivi : « Au cours de notre voyage le long de la frontière de 700 kilomètres, nous avons vu d'autres technologies israéliennes utilisées pour surveiller le côté iranien, par exemple des caméras de haute précision et des capteurs électroniques très sophistiqués. Selon plusieurs sources, ces systèmes soutiennent des opérations menées par des unités spéciales et des agents secrets israéliens qui infiltrent l'Iran pour lutter contre ses projets nucléaires. C'est un combat chirurgical délicat, selon la presse internationale. Israël maintient en permanence des pilotes de son armée de l'air en Azerbaïdjan ainsi que plusieurs avions de combat [américains] F-35, la cinquième génération d'avions de combat considérés comme les plus sophistiqués de la planète. Suite aux exercices iraniens, un F-35 s'est apparemment infiltré dans l'espace aérien iranien pour évaluer l'efficacité de son système anti-aérien ». [Si c'est vrai, c'est un aveu clair qu'Israël a violé son accord avec les États-Unis de ne pas transférer les F-35 vers un autre pays].

 

[Partie 1 : À suivre la semaine prochaine]

mercredi 25 mai 2022

Arménie : le salut viendra de la Russie

 Arménie : le salut viendra de la Russie

 

Cette opinion peut paraître provocatrice quand les médias tout-puissants matraquent leur propagande à longueur de « journaux » continus. Des médias tout-puissants car les citoyens sont devenus des consommateurs qui avalent la propagande comme on mange une pizza, l’école étant devenue « démocratique » c’est-à-dire à l’écoute des élèves, de leur « diversité ethnique et sexuelle » et donc ne jouant plus son rôle de fabrique de citoyens éduqués et cultivés. J’invite à revoir les conférences de presse de De Gaulle expliquant très pédagogiquement la politique étrangère de la France et à les comparer au niveau affligeant des « journalistes propagandistes » et du personnel politique.

Les médias désormais 1er pouvoir manipulent les élections en disqualifiant les personnalités hostiles à leur idéologie, qu’ils s’appellent Fillon, Trump, Le Pen, Zemmour, Orban ou Poutine. A tel point que Macron n’a même pas besoin de justifier son action des 5 ans passés ni de présenter son programme pour les 5 ans à venir. En 2017, il lui a suffi de se prosterner à Oradour sur Glane et au Mémorial juif, et en 2022, de qualifier d’extrême droite son adversaire.

Ils ont dicté l’attitude ignoble de TOUT l’occident au moment de l’agression turco-musulmane contre l’Arménie à l’automne 2020.

Deux « journalistes » de "Libé" se sont même donnés beaucoup de mal pour trouver des groupuscules identitaires soutenant les Arméniens, motif suffisant pour rendre « nauséabonds » les combattants arméniens qualifiés unanimement de séparatistes. A l’unisson, médias et politiques ont donc jugé que les Arméniens devaient rendre les terres prises illégalement en 1994 pour revenir aux frontières de Staline de 1921 qui avait spolié les Arméniens de l’Artsakh et du Nakhidjevan pour faire plaisir à Ataturk. Ainsi donc les Arméniens se découvrent un nouveau et redoutable ennemi : l’idéologie décoloniale, woke, indigéniste, multiculturaliste (le tiers-monde incluant l’Islam a été opprimé et il convient de réparer les « crimes » commis à son encontre). Cette nouvelle idéologie vient compléter la « lutte pour la liberté et la démocratie », arme redoutable pour diffuser insidieusement le culte de la liberté individuelle avec son corollaire : la culture, le mode de vie et de pensée américains. C’est un pernicieux cheval de Troie pour miner les régimes déclarés ennemis (l’axe du mal) dans lesquels il ne reste plus qu’à attendre des « révolutions » un petit peu aidées par la CIA. Les exemples ne manquent pas. Géorgie, Biélorussie, Ukraine. Naturellement cette méthode ne fonctionne qu’avec des sociétés culturellement perméables. Il est dès lors facile de faire apparaître la Russie comme l’agresseur puisque les peuples ne savent rien de l’histoire, de l’avancée rampante de l’Otan bras armé de l’Empire (pourtant d’après Macron cuvée 2020 en état de mort cérébrale !!!) et que seule comptant l’histoire immédiate, les médias n’ont qu’à la faire avaler au bon peuple comme un Mac Donald !

Pour ce qui est de l’Arménie, c’est ce plan qui est appliqué.

Résultat : après la « révolution » de 2018, le premier ministre Pachinian déclare sans ambages que la démocratie est la colonne vertébrale de l’Arménie, qui lui permettra de vaincre tous les obstacles !

Un peu d’histoire monsieur Pachinian : la très démocratique 1ère République d’Arménie s’est écroulée en 2 mois de combats en novembre 1920 contre la coalition « autocratique » Staline-Ataturk. Les « démocraties » occidentales ne sont pas venues à son secours. S’ensuivit une lente descente aux enfers et nos chères démocraties furent sauvées en 1945 par un affreux totalitarisme qui n’a pas hésité à sacrifier 25 millions de pauvres bougres (dont 300 000 Arméniens, autant que les pertes américaines de toute la guerre !) qui n’avaient d’autre choix que de se faire trouer la paillasse par les MG42 allemandes ou les mitrailleuses du NKVD !

Naturellement, comme cette vérité est gênante, nos falsificateurs de l’histoire tels BHL ou Bayrou minimisent le rôle de l’URSS et proclament que la capitulation allemande est une victoire de « la liberté et de la démocratie » !

Pour venir à bout des monarchies coalisées d’Europe financées par le Royaume Uni, la France a fait appel à un général qui a renversé le très démocratique Directoire.

Plus près de nous, la très démocratique 4ème République s’est avérée incapable de résoudre la crise algérienne et a fait appel à De Gaulle.

C’est cruel mais c’est ainsi : c’est le peu démocratique mais si héroïque et patriote Monte Melkonian qui s’est sacrifié pour que vive l’Arménie…. Et c’est une Arménie débarrassée de la corruption et de la sujétion à Poutine qui a subi le pire désastre de son histoire récente.

Au fait pourquoi les très démocratiques USA et l’Occident ne sont-ils pas intervenus pour la protéger des très autocratiques Turquie et Azerbaïdjan ?

C’est que la liberté et la démocratie ne sont qu’une des armes, un paravent pour la domination mondiale. L’essentiel est ailleurs.

Le Royaume-Uni, et désormais le monde anglo-saxon ont veillé à ce qu’aucun Etat ne devienne hégémonique en Europe car cela signifierait une menace mortelle pour l’Empire.

Après la conquête de l’Empire maritime face aux Hollandais, aux Espagnols, aux Portugais, aux Français, les Anglais ont œuvré pour détruire successivement l’Empire d’Autriche, le royaume puis l’empire français.

Dès la défaite de Napoléon, le nouvel ennemi devint la Russie.  Les Anglais - notamment Disraeli en 1878- ont défendu bec et ongles l’Empire ottoman contre l’expansion russe quitte à sacrifier les chrétiens d’Orient.  Ils ont du sang arménien sur les mains. Le Sultan les a récompensés en leur faisant cadeau de Chypre en 1880.  Qui a dit que le crime ne paie pas… Bien plus tard, avec la constance qui caractérise la politique étrangère britannique, Chamberlain refusa la main tendue de Staline en 1938-39 pour contrer Hitler, et obligea le 1er au pacte germano-soviétique.

Aujourd’hui, l’ennemi est toujours la Russie. Pour le vaincre, tous les moyens sont bons. Faut-il faire les yeux doux à l’islamiste Erdogan en abandonnant les Arméniens et les Kurdes ?  Armer les moudjahidine afghans ou les islamistes « démocrates » syriens ? Fomenter des « révolutions de velours » partout où c’est possible, recourir à la force brutale ailleurs (Irak, Libye, Syrie) et faire accepter la guerre par le recours à des fakes news ? Faire une alliance avec le Maroc contre l’Algérie ? Déstabiliser l’Asie centrale ? Féliciter l’Arménie pour ses avancées « démocratiques » et remercier l’Azerbaïdjan pour le concours apporté au contournement des flux énergétiques fossiles russes ? Cerise sur le gâteau amer : encourager la réconciliation arméno-turque c’est-à-dire l’entente entre le loup et l’agneau, chemin le plus rapide pour la disparition de l’Arménie ?  Contain & restrain

Car la force de la démocratie américaine c’est d’abord sa puissance militaire, c’est 12 porte-avions lourds de 100 000 t et 12 porte-hélicoptères de 40 000 t !

Voici à titre d’exemple une carte – très exacte- même si le titre est ironique- des bases entourant l’Iran !


Alors Monsieur Pachinian, quelle démocratie ? Les menaces multiformes qui pèsent sur l’Arménie ne peuvent être résolues par ce slogan !  Les Arméniens ne se mobiliseront pas pour la démocratie.

Rappelons-nous l’appel du Comité de Salut Public : la Patrie ou la mort !

Rappelons-nous aussi, ironie de l’histoire, que les 5 principautés arméniennes d’Artsakh (Karabagh) demandèrent vers 1725 au pas très démocratique tsar d’être leur souverain en remplacement des khans perses musulmans.

Aujourd’hui plus que jamais, le salut viendra de la Russie !

Le rattachement de l’Arménie et de l’Artsakh à la Fédération de Russie, en tant que République fédérée, pourrait être la solution pour la survie de la nation arménienne.


Mooshegh Abrahamian

 Le 23/05/2022

 

 

 

 

samedi 3 octobre 2015

Réflexions sur l'actualité syrienne

Réflexions sur l'actualité syrienne


Roger Akl
01.10.2015 

Ils sont drôles, les Français et les Américains avec leurs doutes supposés ; ils ont eux-mêmes avoué qu'ils n'ont pas pu organiser et former d'opposition modérée en Syrie, sauf cinq personnes ! Quant à leurs attaques contre Daëch, il nous est permis d'en douter après un an d'échecs et des protestations irakiennes qu'au lieu de bombes ils parachutent des armes à Daech. Enfin, ils interviennent en Syrie illégalement, car sans décision de l'ONU ou permission du gouvernement Syrien.

En fait, Poutine agit suivant la loi internationale tandis qu'Américains et Français et autres alliés et protégés sont en train de la violer. De plus, quand on parle de tyran en Syrie et qu'on vend des Rafale et autres armes aux Saoudiens, tyrans par excellence chez eux, financiers de terroristes ailleurs et génocidaires au Yémen, c'est agir comme le type qui "veut enlever la paille de l'œil d'Assad alors qu'il ne voit pas la poutre qui est dans le sien".

Arrêtez donc, messieurs les dirigeants de France et des EU, de tromper vos peuples et de les mettre en danger de voir arriver chez eux des millions de réfugiés avec, parmi eux, des milliers de jihadistes, à cause du fait que vous voulez satisfaire à la fois les wahhabites pétroliers et turcs et les Israéliens.

Votre seule solution pour sauver l'Europe, c'est de participer avec les Russes à appuyer la seule armée qui peut battre les jihadistes et c'est l'armée syrienne, formée d'au moins 80% de sunnites, qui ne trouvent pas, eux, que leur Président est un tyran, tyran d'ailleurs, qui a trois fois plus de popularité en Syrie que n'a le "Président démocrate" Hollande, en France.


Quant aux Libanais, sachez que, sans le retour des réfugiés syriens dans leur pays, le Liban n'existera plus du tout comme État. Regardez la pagaille d'aujourd'hui et dites-vous bien qu'elle n'est rien à côté du chaos qui suivrait si la Syrie ne retrouvait pas la paix, l'unité et le calme.

C’est aussi ce qui arrivera aux Européens, si leurs gouvernements poursuivaient leur politique actuelle et ne s’alliaient pas aux Russes pour détruire les rebelles syriens, tous les rebelles, car ils sont tous jihadistes, takfiristes et terroristes, malgré ce que l’on vous susurre à l’oreille.
 
Quant à la situation politique libanaise désastreuse, sans une nouvelle élection du parlement à la proportionnelle, avec tout le Liban comme circonscription unique, il n'y a point de salut, à moins que le Président de la République ne soit élu directement par le peuple.

 ***

Lire aussi le livre de François Belliot, Guerre en Syrie

lundi 11 août 2014

Sanctions russes : l’autopunition européenne

Sanctions russes : l’autopunition européenne

Jusqu'où faudra-t-il démolir nos économies pour complaire à l’hybris expansionniste de "l’hyperclasse euraméricaine" ?



Jean-Michel Vernochet 

http://www.bvoltaire.fr/jeanmichelvernochet/sanctions-russes-lautopunition-europeenne,98140?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=51a10e81c1-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-51a10e81c1-30423713&mc_cid=51a10e81c1&mc_eid=07647d7ef9


L’Europe – enfin, ce qu’il convient de nommer ainsi –, cette hydre informe et sans tête pensante, a-t-elle décidé de se punir elle-même pour avoir tenté de suborner l’Ukraine, encouragé la crise du Maïdan, l’éviction de Ianoukovitch et l’actuelle guerre civile du Donbass ? La sagesse eût pourtant voulu que l’on s’efforçât de calmer le jeu. Au lieu de ça, après le retour de la Crimée à sa terre d’origine (de grâce, cessons de parler d’annexion), la surenchère verbale et militaire n’a cessé d’aller crescendo. Ainsi les sanctions de niveau trois qui nous font entrer de plain-pied dans la guerre économique. Au demeurant, une arme à terrible double tranchant.
Editions Sigest, 2014.

En visant désormais les secteurs vitaux de l’économie russe, Bruxelles prend à l’évidence des risques non exactement calculés. Car ce qui paraît habile sur le papier peut avoir de curieuses incidences. Ainsi, les économies russe et européenne étant étroitement liées, le COREPER (Comité des représentants permanents de l’Union européenne) évalue les dommages immédiats consécutifs aux sanctions à 23 milliards d’euros pour l’économie russe, et à près de 40 milliards d’euros pour les pays de la zone euro. Est-ce très judicieux en période de stagnation ? Il est vrai que la différence entre les deux ensembles économiques rend incomparables des pertes du simple au double. Il n’empêche !
Prenons quelques chiffes pour mieux comprendre les enjeux et les non-profits à venir. En 2013, 47 % des obligations émises par la Fédération de Russie l’ont été sur les marchés européens, soit 7,5 milliards d’euros. Le volume des ventes d’équipements militaires entre la Russie et l’Union européenne se monte, bon an mal an, à 3,2 milliards d’euros dont 300 millions d’euros d’importations par la Russie. En outre, l’Union européenne exporte pour 4 milliards d’euros de biens à double usage (militaire et civil), notamment électroniques, et aussi pour 150 millions de matériels sensibles à destination des pétroliers. Quant à la guerre agricole, cela peut prêter à rire, mais elle fera assurément des dégâts. Sont prohibés « lait, fromage, oignons d’Ukraine, pêches de Grèce, prunes de Serbie, pommes et choux de Pologne, viande d’Espagne, poulets nord-américains, tous produits qui contiennent des substances nocives ou sont infectés par des bactéries potentiellement dangereuses ou encore ne respectant pas les normes réglementaires », dixit l’Agence de sécurité alimentaire russe.
Autre exemple. Le 6 août, Moscou annonçait ses propres mesures de rétorsion dans le domaine aérien suite aux restrictions imposées à Dobrolet (Добролёт), filiale économique d’Aeroflot (Аэрофлот). Or, en deux jours seulement, les compagnies aériennes américaines et européennes supportent déjà un manque à gagner de quelque 4,5 milliards de dollars, soit les pertes liées à la baisse de leur cotation en Bourse. Si Aeroflot doit renoncer à 300 millions de dollars cette année, Lufthansa doit, elle, s’attendre à la perte d’un milliard de dollars… par trimestre. Les fins stratèges de la guerre économique n’ont, en effet, apparemment pas tenu compte de l’immensité géographique russe, 1/7 des terres émergées… et en conséquence de sa place dans les échanges mondiaux en tant qu’espace de transit. Prudents, les dirigeants russes n’entendent cependant pas interdire en totalité leur espace aérien, mais renouveler au compte-gouttes certaines autorisations temporaires de vol, en particulier pour les charters de passagers et de marchandises.
En dernier lieu, la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe indique que 1.200 sociétés françaises sont implantées en Russie et 6.000 autres y exportent… Qu’en sera-t-il dans quelques mois, sachant que les sanctions votées par l’Union européenne réduisent notablement l’accès des investisseurs étrangers aux banques d’État. Cela se chiffrera à n’en pas douter par un supplément de chômeurs, 150.000 dit-on. Alors jusqu’où faudra-t-il démolir nos économies pour complaire à l’hybris expansionniste de « l’hyperclasse euraméricaine » ?

jeudi 7 août 2014

L'Ukraine, entre « révolution » et déstabilisation



L'Ukraine, entre « révolution » et déstabilisation : l'erreur occidentale

Jean Geronimo

Article publié dans l'Humanité le 06.08.2014



A la disparition de l'Union soviétique, en décembre 1991, l'Ukraine nouvellement indépendante – mais qui reste organiquement liée à la Russie – est devenue l'enjeu d'une âpre lutte d'influence entre les deux anciens ennemis de la Guerre froide. Ainsi, sa transition post-communiste est marquée par les tentatives successives de l'Occident sous leadership américain d'y d'étendre son influence, avec des moyens frôlant parfois l'illégalité – comme la « révolution orange » de 2004, qui place un dirigeant pro-américain, Victor Youchenko à la tête de l’État ukrainien. De son coté, Moscou s'efforce de garder un droit de regard sur l'Ukraine, par le biais de la « diplomatie gazière » et de l’intégration de son ex-république à la Communauté des États indépendants (CEI), sous leadership russe.

Revenue en toute légalité dans le giron russe en 2012, avec l'élection du président Victor Ianoukovitch, on pensait alors l'Occident définitivement hors-jeu. Or, l'inconsistance et les revirements multiples du nouveau président pro-russe sur l'Accord d'association et de libre-échange – faussement interprétés comme un rejet de l'Europe – ont donné au bloc occidental sous verrou américain l'occasion inespérée de « revenir dans le jeu » en alimentant la contestation populaire contre un « pouvoir corrompu, aux soldes de Moscou ». Un air de « déjà vu », dans la logique des révolutions néo-libérales – dites, « de couleur » – ayant frappé l'espace post-soviétique dans la décennie 2000, sous l'impulsion d'ONG à financement anglo-saxon, d'opposants et de relais locaux, sponsorisés par la manne dollarisée des « droits de l'homme ». Un nouveau « soft power », dénoncé par Vladimir Poutine.

Un coup d'Etat attisé de l'étranger, aux sources de l'illégitimité kiévienne

Pourtant, dans la mesure où ce coup d’État touchait ses intérêts nationaux, affaiblissait son projet d'Union eurasiatique et mettait en cause sa sécurité, la réaction de l'Etat russe a été, cette fois, d'une toute autre ampleur. Dénonçant l'illégalité du processus politique, catalysé par l'ingérence de forces extérieures et centré sur l'élimination du président Ianoukovitch, Moscou ne pouvait reconnaître le nouveau pouvoir pro-occidental de transition. D'autant plus que ce dernier, sous la pression de groupes nationalistes et extrémistes d'inspiration néo-fasciste, a très vite imposé des mesures anti-russes, dont celles sur le droit des minorités et sur le statut de la langue russe.

Dans ces conditions, la bienveillance russe sur les revendications émancipatrices des régions de l'Est ukrainien et, notamment, de la Crimée « avant-garde révolutionnaire » contre l'illégalité kiévienne, semble justifiée. La légalité du référendum criméen s'appuie d'une part, sur son attachement historique à la Russie et d'autre part, sur la jurisprudence initiée par l'indépendance du Kosovo en 2008 sous pression américaine. En quelque sorte, la maladresse occidentale a offert à V. Poutine l'opportunité historique de « retrouver » la Crimée et, par ce biais, de garantir un accès stratégique aux mers chaudes – à l'instar de la base navale syrienne de Tartou.

La Crimée, prétexte au renforcement de l'OTAN et de la ligne anti-russe

Ce faisant, ce « coup gagnant » russe sur l'Echiquier eurasien a donné le prétexte à l'axe euro-atlantique de renforcer la ceinture sécuritaire otanienne en zones baltes et est-européenne au sud de la Russie, dont la volonté de « reconquête impériale » est perçue par le stratège américain Brzezinski, en 2014, comme une « menace majeure » – en quelque sorte, Vladimir Poutine serait une sorte d'« homo-soviéticus », instinctivement hostile envers l'Occident. A terme, cette légitimation politique post-guerre froide de l'OTAN fait craindre à Moscou le resserrement de « l'encerclement », via l'extension de cette dernière à des États post-soviétiques comme la Géorgie et l'Ukraine et, ensuite, l'implantation en leur sein d'unités du bouclier anti-missiles américain – qui neutraliserait, en partie, les forces nucléaires stratégiques de la Russie.




Dans la perception stratégique russe, c'est la poursuite sous une forme rénovée de la politique de « roll back » (reflux) de l'ancienne puissance communiste, conduite depuis la chute de Gorbatchev le 25 décembre 1991. Le 22 juillet 2014, le président Poutine a promis une « réaction adéquate » et l'adaptation rapide de sa stratégie de défense à cette progression injustifiée, à ses frontières, des infrastructures otaniennes. Comme une ultime provocation.

Entre manipulations et impasse politique : l'inconscience occidentale

A l'heure de l'extension puis du pourrissement, désormais incontrôlable, à l'Est ukrainien, de la révolte d'un peuple marginalisé et rejetant un pouvoir anti-russe nationaliste, infiltré par des néo-nazis et partisan d'un ultralibéralisme pro-européen, l'avenir reste très incertain. La crédibilité des dernières élections présidentielles en Ukraine, tenues le 25 mai 2014, semble d'autant plus faible que le processus politique sur lequel elles sont assises a été, en grande partie, manipulé. En outre, le fort taux d'abstention (40%) imputable au boycott d'une partie des électeurs de l'Est, affaiblit la légitimité et la représentativité du nouveau régime dirigé par l'oligarque Piotr Porochenko, sur la base de puissants lobbies.

Sous l'impulsion de ce dernier, la politique répressive contre les « rebelles » de l'Est – étrangement qualifiés de « terroristes » – se transforme désormais en une véritable tuerie punitive. L'ampleur de cette tuerie, passée sous silence par l'Occident, est expliquée par l'asymétrie du rapport de force militaire et l'utilisation par l'armée pro-gouvernementale de l'aviation et des armes lourdes, voire d'armes chimiques interdites. De ce point de vue, l'axe euro-atlantique sous verrou américain porte une lourde responsabilité dans cette impasse politique, occultant l'interdépendance structurelle russo-ukrainienne héritée du soviétisme et, en cela, potentiellement génératrice de chaos socio-économique suite à l'Accord d'association avec l'UE, signé par Porochenko le 27 juin 2014. Visant à détacher l'Ukraine de la domination russe et donc, à finalité géopolitique évidente, cet accord déconnecté des besoins de son peuple est un véritable défi à la rationalité économique. Sans la Russie, pas de salut possible.

Aprés Maïdan, l'émergence d'une fracture géopolitique au cœur de l'Eurasie

Structurellement instrumentalisée par les deux superpuissances, l'Ukraine apparaît au final comme une pièce maîtresse – un Etat « pivot », au sens de Z. Brzezinski – dans le cadre de la Guerre « tiède ». Cette dernière est définie dans mon livre (1) comme la forme actualisée et désidéologisée de la Guerre froide, recentrée sur le contrôle des Etats stratégiques – « pivots » – sur les plans politique et énergétique et opposant, in fine, l'axe euro-atlantique UE-USA (via l'OTAN) à l'axe eurasien sino-russe (via l'OSC (2)). Hérité de l'étrange « révolution » nationale-libérale du Maïdan, grevée par la montée d'une idéologie radicale resurgie d'un troublant passé, le chaos ukrainien apparaît donc comme un coût collatéral de cette Guerre « tiède ».

Cette configuration montre la poursuite, sous une forme certes rénovée, d'une conflictualité bipolaire fondée sur l'opposition d'alliances dominées par les anciens ennemis idéologiques. Une nouvelle fracture géopolitique porteuse de lourdes menaces, au cœur de l'Eurasie. Et maintenant, que faire ?
Grenoble, le 29.07.2014

Jean Geronimo
Docteur en économie,
Spécialiste des questions économiques et géostratégiques russes
Université Pierre Mendès France, Grenoble II

(1) Geronimo J. (2012) « La Pensée stratégique russe – Guerre tiède sur l’Échiquier eurasien : les révolutions arabes, et après ? », préface de J. Sapir, éd. Sigest.
(2) OSC : Organisation de coopération de Shangaï

mardi 11 février 2014

L'Ukraine : un enjeu géostratégique

L'Ukraine : un enjeu géostratégique, au cœur de la guerre tiède


Par Jean Géronimo
expert de l’économie et de la géostratégie russes. En se rendant à Kiev pour soutenir les opposants y compris d’extrême droite au régime ukrainien, Catherine Ashton assume un acte hostile à la Russie, qui avait demandé à l’UE de ne pas intervenir. Ce soutien des puissances occidentales à la troublante « révolution » ukrainienne vise-t-il à faire entrer ce pays dans le giron de l’UE et de l’OTAN, et aussi à empêcher le retour de la Russie comme grande puissance en cherchant son affaiblissement régional ?

A travers le soutien occidental à une troublante « révolution » ukrainienne et sa volonté d'ingérence, c'est l'idée d'empêcher le retour de la Russie comme grande puissance, via son affaiblissement régional, qui revient sur le devant de la scène.
Dans le cadre d'une stratégie de reflux (roll back) de la puissance russe, menée depuis la fin de la Guerre froide, les puissances occidentales affichent une méfiance endémique à l'égard d'un État désespérément perçu comme l'héritier de l'axe (communiste) du mal. Cette stratégie « anti-russe » est attestée par les tentatives régulières de cooptation des anciennes républiques de l'URSS, au moyen d'innovations politiquement orientées telles que le « Partenariat oriental » (via l'UE) ou le « Partenariat pour la paix » (via l'OTAN) et, plus récemment, « l'accord d'association » de l'UE avec l'Ukraine.
De manière plus ou moins explicite, ces « innovations » politiques développent l'idée d'un « voisinage partagé » et de valeurs communes, exprimant un droit d'ingérence occidental en périphérie post-soviétique, y compris en Ukraine. A l'échelle de la CEI, ces prérogatives politiques ne relèveraient donc plus du seul monopole russe et, en ce sens, menaceraient sa zone d'intérêts historique. Ce que Moscou ne pourra jamais accepter.

L'Ukraine, au cœur d'une lutte d'influence

Dans une large mesure, cette configuration explique l'enjeu géopolitique sous-jacent à la crise ukrainienne, qui loin d’être une « révolution », se retrouve en réalité au cœur d’une lutte d’influence entre les deux grands ennemis historiques. Depuis la transition post-communiste, cette lutte se poursuit dans le cadre de la guerre « tiède »(1), forme actualisée et désidéologisée de la Guerre froide, recentrée sur le contrôle des espaces et des « nœuds » stratégiques.
Dans ce contexte, tout rapprochement de l'Ukraine avec l'UE (via l'accord d'association) peut être considéré comme l'étape préalable et « naturelle » à sa future intégration à l'OTAN, comme cela a été confirmé par Washington – véritable gifle et provocation stratégique à l'égard de la Russie. Sur un plan structurel, ces deux objectifs restent des priorités implicites de la nouvelle diplomatie américaine, verrouillée par l'administration Obama. Or, tendanciellement, la puissance russe est désireuse de sanctuariser son étranger proche, contre les velléités expansives occidentales. Dans cette optique, l'OTAN reste, pour elle, un levier offensif et injustifié de la vieille lutte contre le communisme. Incroyable acharnement.
Tout en s'inscrivant dans la stratégie anti-russe préconisée sous la Guerre froide par l'ancien conseiller du président américain J. Carter, Z. Brzezinski (2), ce double objectif de la politique étrangère américaine justifie l'énorme investissement médiatique de l'Occident dans l'actualité ukrainienne en vue de déstabiliser le gouvernement pro-russe et obtenir la démission du président (pourtant) légitime, Viktor Ianoukovitch. Le plus inquiétant est que l'évolution ukrainienne s'inscrit dans le prolongement des « révolutions » libérales « de couleur » en Géorgie (2003), en Ukraine (2004) et au Kirghizstan (2005) encouragées et financées en partie par l'administration américaine, selon une technique éprouvée et politiquement correcte.

Une « révolution » manipulée

Cette configuration explique l’existence de manipulations occidentales via  les ONG (au nom des « droits de l’homme ») et leur soutien à l'opposition ukrainienne, la désinformation et le conditionnement de l'opinion publique, ainsi que l’ingérence troublante de dirigeants étrangers, dont américains et européens – et, naturellement, l’accusation de la « main de Moscou ». Aujourd'hui, l'Europe brille par son absence en Afrique et au Moyen-Orient, mais par contre, n'hésite pas à s'ingérer dans les affaires politiques intérieures de la souveraine Ukraine, en place de Kiev, par l'intermédiaire de Catherine Ashton, soutenue par son mentor américain, John Kerry. On croit rêver...
Désormais, comme le souligne fort justement J.M. Chauvier, on assiste à une dérive extrémiste de nature néo-nazi de manifestations surfant sur un nationalisme anti-russe et échappant, de plus en plus, au contrôle des leaders de l'opposition pourtant aiguillés par l'Occident. Là est sans doute la plus grave erreur et le plus grand danger pour une Europe maladroite, dont la politique inconsciente contribue à réveiller les « vieux démons » dans l'espace post-soviétique, notamment dans les pays baltes et l'Ukraine. Or cette information est totalement occultée par la pensée unique, allégrement relayée par nos médias.

Un accord dangereux pour l'Ukraine

Pour les dirigeants occidentaux il s'agit de faire pression sur le président Ianoukovitch pour l'obliger à faire le « choix de l'Europe et de la liberté », selon le slogan redondant de l'opposition sous influence occidentale et ainsi, protéger le « bon peuple ukrainien » d'un éventuel retour de l'impérialisme russe –, au risque de heurter les susceptibilités de l'administration Poutine. Dans ce contexte, on comprend mieux le recul du président ukrainien, désireux de défendre ses intérêts nationaux et dans ce but, adoucir les contraintes drastiques (et irresponsables) imposées par l'accord d'association et de libre-échange. Contrairement à la rumeur médiatique, il ne s'agit donc pas d'un rejet de l'Europe mais d'une demande de reformulation de cet accord, politiquement non neutre et économiquement suicidaire pour l'Ukraine. Un rappel, aujourd'hui nécessaire.
Face  à  cette instrumentalisation politique, la Russie ne pouvait rester sans réactions. D'autant plus que l'intégration de l'Ukraine à l'espace économique européen (objectif déclaré de l'UE) transformera ce pays en plateforme de réexportation des produits occidentaux – via les firmes multinationales – vers la Russie, dont l'économie serait ainsi attaquée et déstabilisée. Très vite, V. Poutine a su trouver une réponse adéquate, correspondant aux intérêts économiques de l'Ukraine mais respectant les intérêts politiques de la Russie, encline à protéger sa zone d'influence contre les convoitises de plus en plus pressantes de l'UE. Moscou ne l'a jamais caché et montre même une certaine transparence dans ce domaine, contrairement au jeu obscur de l'Europe, guidée par la « main » de Washington et navigant dans les eaux troubles de « sa » prude démocratie – imposée au monde globalisé, comme une vérité suprême. Curieux messianisme.

Le retour russe, malgré tout...

De manière explicite, cet accord vise à imposer l'idéologie néolibérale du « libre-marché », à partir d'une dérégulation économique et financière exprimant une vision anti-étatique désastreuse et, sur le moyen terme, considérablement appauvrissante pour la société ukrainienne – avec le risque de fabriquer une « nouvelle Grèce ». Le « peuple » qui manifeste ne le sait, sans doute, pas. Et il ne sait plus vraiment pourquoi il manifeste, emporté par la vague enthousiaste et mobilisatrice d'une révolution manipulée, comme la précédente de 2004. Encouragé par la bienveillance occidentale, il n'hésite plus à investir les bâtiments officiels, par la force et à « casser du flic ». Inquiétante redondance.
Contrairement à ses homologues occidentales, la Russie est respectueuse des règles de droit internationales, dont celles sur la souveraineté des États. Suite à sa double initiative d'assistance financière (prêt de 15 milliards de dollars) et de réduction (d'un tiers) du prix du gaz acheminé en Ukraine, ainsi qu'à sa volonté de développer une véritable coopération économique et technologique avec cette dernière, Moscou a fait preuve, une fois de plus, d'une redoutable efficacité en matière de diplomatie – inversement à l'UE. Alors que d'autres États, d'une manière insidieuse, n'hésitent pas à instrumentaliser les « révolutions ». Mais, à quel prix ?
Indéniablement, la Russie post-communiste revient de loin et, peu à peu, elle rejoue dans la cours des « grands », pour y défendre une certaine éthique et, si nécessaire, s'opposer aux fausses révolutions.
La partie d'échecs américano-russe continue donc, au cœur de l'Eurasie, en Ukraine.



(2) Z. Brzezinski est connu pour avoir provoqué l'intervention de l'armée rouge en Afghanistan, fin décembre 1979, dans l'optique de l'enliser dans un conflit périphérique, économiquement épuisant et politiquement destructeur pour l'URSS. Cette initiative stratégique a précipité la chute du régime soviétique, fin décembre 1991. Décembre maudit.


source : http://www.humanite.fr/monde/lukraine-un-enjeu-geostrategique-au-coeur-de-la-gu-558689

vendredi 1 novembre 2013

Russian Troops will Retaliate if Azerbaijan Attacks

Russian Troops in Gyumri will Retaliate if Azerbaijan Attacks



Russian Air Force officers march in Yerevan airfield earlier this month


YEREVAN–Russian troops stationed in Armenia could openly side with it in case of a renewed Armenian-Azerbaijani war for Nagorno-Karabakh, according to their top commander, Colonel Andrey Ruzinsky.


“If Azerbaijan decides to restore jurisdiction over Nagorno-Karabakh by force the [Russian] military base may join in the armed conflict in accordance with the Russian Federation’s obligations within the framework of the Collective Security Treaty Organization (CSTO),” Ruzinksy told the Russian Defense Ministry’s “Krasnaya Zvezda” newspaper in a recent interview.


Ruzinksy answered a question about the mission of the Russian base headquartered in Armenia’s second largest city of Gyumri.

That mission was upgraded by a Russian-Armenian defense agreement signed in 2010. The agreement extended Russia’s basing rights in Armenia until 2044. It also committed Moscow to supplying its South Caucasus ally with more weapons and military hardware.

The Russian base, which numbers between 4,000 and 5,000 soldiers, has since been bolstered with modern weaponry, reportedly including Iskander-M tactical ballistic missiles. The Russian military also plans to deploy combat helicopters there soon. The Russian air force unit in Armenia currently has 16 MiG-29 fighter jets.

Armenian officials and pro-government politicians have claimed before that the 2010 defense pact mandates direct Russian military involvement in the Karabakh conflict if Azerbaijan acts on its threats to reconquer the disputed territory. Russian officials have not explicitly confirmed this in their public statements made until now.

The Russian troops in Armenia hold joint exercises and trainings with Armenian army units on a regular basis. Around a thousand soldiers from the two armies, backed up tanks, helicopters and artillery systems, practiced a joint military operation as recently as in August.

According to Ruzinsky, more such war games are planned for next year. “I believe that we need to further develop our field cooperation, if I may put it way,” he said.

The Russian base commander also revealed to “Krasnaya Zvezda” that a group of his senior officers and their Armenian colleagues recently jointly toured “areas of combat engagement.” “We plan to increase such activities next year,” he said without elaborating.

mercredi 12 septembre 2012

Au nom de ceux qui ne sont plus



A propos du texte de Nicolas Crosnier :
« Pourquoi l’Azerbaïdjan fait du meurtrier d’un Arménien un héros national »
  

(Rue89 – Le nouvel Observateur, 9/09/2012)

http://www.rue89.com/2012/09/09/pourquoi-lazerbaidjan-fait-du-meurtrier-dun-armenien-un-heros-national-235190


par Jean Géronimo
Spécialiste de la Russie*



 

Cette analyse est contestable sur plusieurs points, dont celui de ne pas prendre en compte la dimension psychologique et symbolique, très lourde, pour les arméniens.
Pour une analyse plus complète du drame, replacé dans un cadre plus géopolitique, dix éléments doivent être mentionnés.

1) Pour rappel, l’Azerbaïdjan est une des plus sévères dictatures de la zone post-soviétique. Cela permet de mieux « comprendre » la décision de son président. Le président Aliev a été l’ami de Bush, faut-il le rappeler, lequel a qualifié l’Azerbaïdjan de « régime démocratique »… J’ai du mal à adhérer, sincèrement.

2/ Soulignons que le génocide arménien n’a jamais été officiellement reconnu, et en ce sens, les arméniens ne sont pas mieux traités que les autres, comme l’affirme l’auteur. Bien au contraire ! Sinon, ce génocide aurait été - fort justement - reconnu depuis longtemps !!

3/ L’Azerbaïdjan mène un jeu trouble grâce à sa puissance énergétique, utilisée comme arme politique, parfois pour influer sur les négociations internationales et les décisions juridiques. Un « petit pays » certes, mais qui sait se défendre, surtout avec ses dollars (issu de sa rente énergétique) et avec la complicité américaine.

4/ L’Azerbaïdjan (avec la Turquie) est étroitement liée aux projets énergétiques (oléoducs, gazoducs) élaborés par Washington pour contourner la Russie et réduire sa puissance géopolitique. Une sorte de levier stratégique.

5/ L’Azerbaïdjan est définie par Brzezinski comme un « pivot géopolitique », susceptible d’être utilisé au service de la stratégie d’expansion américaine en Eurasie. Cela explique la bienveillance américaine – donc de la gouvernance mondiale et de ses règles informelles – à l’égard de ce « petit pays », qui verrouille sa position stratégique dans la région.

6/ L'Azerbaïdjan a appartenu au GUAM, construction américaine pour contester la domination russe en zone post-soviétique et accélérer son reflux (« roll back ») depuis la fin de la guerre froide. Cette adhésion ne laisse place à aucune ambiguïté sur l’attitude de ce pays face à la Russie et ses alliés.

7/ L’Arménie est un allié fidèle de la Russie, inversement à l’Azerbaïdjan, proche de Washington. Cette affaire touche donc, par ricochets, les intérêts des administrations américaine et russe. Comme une gifle politique inutile, à la Russie.

8/ Le nationalisme, utilisé comme levier identitaire dans l’ancienne zone d’influence soviétique, est structuré contre un ennemi ethnique (parfois russe, parfois arménien...) ou religieux. Dans cette optique, et pour cimenter l’unité politique, tous les coups sont bons (dont les meurtres ethniques).

9/ Le groupe de Minsk a stabilisé une forme de paix entre arméniens et azerbaidjanais et empêché la poursuite d’une guerre meurtrière. Il a donc une fonction politique utile, contrairement aux affirmations de l’auteur regrettant « 20 ans d’échecs ». Plutôt 20 ans de massacres évités.

10/ Les courants et « héros » fascistes antisémites et anti-soviétiques sont aujourd’hui réhabilités en Hongrie, en vue d’y renforcer l’idée nationale (comme dans de nombreux pays de la zone post-soviétique, dont l’Europe de l’Est et les Etats baltes). Troublante coïncidence avec cette sacralisation d’un « héros national » en Azerbaïdjan, visant, dans le même temps, à rompre avec l’héritage soviétique, synonyme de perte d’identité et de soumission au « colonisateur russe ». Une forme de « réécriture de l’histoire », régulièrement dénoncée par V. Poutine.

L’ensemble des 10 éléments mentionnés m’incitent à considérer la libération de Ramil Safarov comme une violation des droits et de la moralité humaine, sous couvert d’arrangements et d’ententes entre différents Etats protégés par Washington. Ententes qui s’expliquent encore mieux par la dimension économique : la Hongrie (et l’Europe) a besoin d’énergies, l’Azerbaïdjan en est riche - et Washington a besoin de ces deux Etats pour des raisons politiques et stratégiques. Une évidence.

Ce qui est inadmissible, est l’inaction de l’Europe et des Etats-Unis, qui ont montré plus de « présence » dans d’autres affaires. Pourtant, c’est un terrible symbole pour le peuple arménien. Et, surtout, une blessure indélébile.

Une justice internationale à géométrie variable, qui n’émeut guère l’opinion internationale, endormie par l’unilatéralité de la vision occidentale sous leadership américain, via des médias sous contrôle. Une information anormalement favorable aux Etats hostiles à la Russie et à ses alliés (dont l’Arménie).

Le plus choquant, est que l’auteur, N. Crosnier, affirme sur la fin de son texte que l’acte (le meurtre) est « justifié », par différentes considérations.

Par respect pour l’humain et la vie, on ne pourra jamais justifier une telle chose.

Au nom de ceux qui ne sont plus.

Et de la justice, s’il en reste.


* Auteur de "La Pensée stratégique russe", publié aux éditions Sigest


Voir aussi : 
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2809
http://www.alterinfo.net/A-propos-du-texte-de-Nicolas-Crosnier-Pourquoi-l-Azerbaidjan-fait-du-meurtrier-d-un-Armenien-un-heros-national_a81320.html