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vendredi 3 février 2023

La télévision israélienne propage une propagande azérie répugnante

La télévision israélienne propage une propagande azérie répugnante contre l'Arménie et l'Iran


Par Harut Sassounian
Éditeur, The California Courier

Le 27 janvier, la chaîne de télévision internationale israélienne, i24NEWS, a diffusé une émission d'une demi-heure pleine de mensonges pour glorifier les relations de l'Azerbaïdjan avec Israël et vilipender l'Arménie, l'Iran et la Russie. Ce programme scandaleux n'avait rien à voir avec le journalisme, et tout à voir avec la fameuse « diplomatie du caviar » de l'Azerbaïdjan.

Voici des extraits de l'émission télévisée que j'ai transcrits. Mes commentaires sont entre parenthèses :

Le narrateur, le journaliste israélien Henrique Cymerman, a déclaré : « L'Azerbaïdjan a des voisins problématiques, en particulier la Russie de Vladimir Poutine au nord et l'Iran de l'ayatollah Ali Khamenei au sud. Pourtant, son principal ennemi historique est un autre voisin, l'Arménie, un pays à majorité chrétienne qui a affronté l'Azerbaïdjan dans deux guerres majeures, faisant des milliers de victimes. Lors de la première guerre du Haut-Karabagh en 1991, l'Arménie, soutenue par la Russie, [premier mensonge] a réussi à conquérir 10 000 kilomètres carrés dans la zone frontalière, une région de la taille du Liban. L'objectif officiel était de créer une zone tampon. Pour l'Azerbaïdjan, 2020 a été l'année de la victoire dans la deuxième guerre du Karabagh. Chef de l'armée, Ilham Aliyev, a reconquis toutes les zones [deuxième mensonge] occupées par les Arméniens pour trouver des dizaines de villages et de petites villes complètement détruits et piégés. [Troisième mensonge]. Ce fut le cas dans la région de Khodaafarin, à quelques mètres de la frontière iranienne sur les rives de la rivière Arax. Dans ce scénario, l'Iran a soutenu l'Arménie [quatrième mensonge] et Israël a soutenu l'Azerbaïdjan ».

Le journaliste a interviewé Moubarak Qurbanli, ministre azerbaïdjanais des Affaires religieuses, qui a déclaré : « L'Arménie s'est emparée de nos terres. [Cinquième mensonge]. Il a fallu un énorme effort héroïque à notre armée pour les reconquérir lors de la dernière guerre. Le peuple azerbaïdjanais sait que pendant cette guerre, l'Iran était aux côtés de l'Arménie. [Sixième mensonge]. Vous pouvez donc comprendre ces sentiments désagréables, non pas envers le peuple, mais envers le régime iranien... L'Iran reproche à Israël semble-t-il du point de vue de l'islam orthodoxe. Mais où était l'Iran pendant 30 ans lorsque l'Arménie, violant toutes les lois internationales [septième mensonge], a occupé les terres azerbaïdjanaises, y compris la frontière iranienne. Pourquoi l'Iran est-il resté silencieux alors »? [Huitième mensonge].

Le narrateur a poursuivi : « Le cessez-le-feu a finalement été obtenu par Vladimir Poutine. Lors de la célébration de la libération à Bakou, l'armée a vu les drones offensifs qu'elle avait acquis d'Israël et qui ont fait de nombreuses victimes parmi les forces arméniennes [exaltation honteuse d'avoir tué des Arméniens]. L'un des hommes forts du gouvernement de Bakou est Hikmet Hajiyev, chef du département des relations extérieures de la présidence, le principal conseiller d'Aliyev et son stratège en politique étrangère. Il affirme qu'Israël est l'un des premiers pays à avoir reconnu l'indépendance de l'Azerbaïdjan en 1991 et a diffusé des communiqués qui ont provoqué la colère de Téhéran. Hajiyev a déclaré: « Le président de l'Azerbaïdjan et le Parlement national ont pris la décision d'ouvrir une ambassade à part entière de la République d'Azerbaïdjan dans l'État d'Israël, et avec l'ouverture de l'ambassade d'Azerbaïdjan en Israël, nous pourrons réussir à apporter à un niveau quantitativement nouveau le partenariat stratégique israélo-azerbaïdjanais ». [Hajiyev n'a pas mentionné cela en raison des craintes du Pres. Aliyev d’une réaction violente des États islamiques. L'Azerbaïdjan n'a ouvert une ambassade à Tel-Aviv qu'en 2022, près de 30 ans après qu'Israël a ouvert son ambassade à Bakou en 1993. Et puis, pour atténuer la réaction négative des États islamiques, l'Azerbaïdjan a ouvert un représentant bureau à Ramallah, en Cisjordanie].

Le journaliste a ensuite ajouté : « Plus la relation stratégique entre Bakou et Jérusalem est étroite, plus Téhéran menace les deux pays. Dans une vidéo diffusée par la République islamique d'Iran, il a clairement défini que le chemin vers la sainte mosquée d'Al-Aqsa à Jérusalem passe par la capitale de l'Azerbaïdjan. C'est la première fois que Téhéran menace les deux pays en disant « vous creusez vos tombes. Quiconque défie l'Iran sera détruit ». Téhéran s'en prend également aux nouveaux partenaires arabes d'Israël qui soutiennent les accords d'Abraham : les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et même l'Arabie saoudite... C'est l'une des frontières les plus explosives au monde. De ce côté-ci, nous sommes en Azerbaïdjan qui est un pays musulman laïc, un allié stratégique d'Israël, et là on peut voir le drapeau de la République islamique d'Iran qui définit les États-Unis et Israël comme « le grand Satan et le petit Satan ». Selon l'Iran, la route qui traverse Jérusalem passe par Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan. En octobre 2022, l'armée iranienne a décidé de lancer un acte d'intimidation contre l'Azerbaïdjan accusant son voisin du Nord d'être des agents d'Israël. Des milliers de soldats iraniens ont traversé la rivière Arax à la frontière entre les deux États avec des chars, des avions, des hélicoptères et des camions militaires. L'armée iranienne a également largué des centaines de parachutistes au-dessus de la zone frontalière. Il y avait des dizaines de vidéos de manœuvres militaires qui montraient à maintes reprises la cible de leurs missiles : l'étoile de David de l'État juif. Téhéran souligne les liens croissants entre Bakou et Jérusalem. Téhéran souligne les liens croissants entre Bakou et Jérusalem ». Ensuite, une vidéo est montrée d'un général iranien disant : « Nous tournons au croisement de la rivière Arax à la frontière avec l'Azerbaïdjan pour qu'ils nous prennent au sérieux. Nous n'acceptons pas la présence de sionistes à nos portes ».

Le programme i24NEWS a poursuivi : « De nombreux exercices militaires ont eu lieu du côté iranien du fleuve, mais parfois, il y a eu des infiltrations aériennes et terrestres sur le territoire azerbaïdjanais. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a répondu aux généraux iraniens par un tweet qui a enragé Téhéran : une photo du dirigeant azerbaïdjanais embrassant le drone kamikaze israélien de type Harop. L'Azerbaïdjan a acheté les drones SkyStriker et LORA aux sociétés israéliennes Elbit et Israel Aerospace Industries ».

Le journaliste a ensuite interviewé Efraim Sneh, un ancien ministre israélien, décrit comme « l'artisan de l'alliance entre Israël et l'Azerbaïdjan ». Il a déclaré : « J'ai reconnu l'importance d'un Azerbaïdjan ami, compte tenu de sa proximité avec l'Iran et du fait qu'une grande partie de l'Iran est azérie. [Neuvième mensonge]. J'ai pensé qu'il s'agissait pour nous d'établir un pont solide et solide entre Israël et l'Azerbaïdjan... Le peuple azéri a joué un rôle majeur dans le combat contre l'Allemagne nazie. Des centaines de milliers d'Azéris qui sont allés à la guerre contre Hitler pendant la Grande Guerre patriotique ne sont pas rentrés chez eux. Ils sont tombés sur le champ de bataille en Europe et en Allemagne. Et c'est quelque chose qu'un Juif ne peut jamais oublier. Nous restons toujours reconnaissants pour la contribution de l'Azerbaïdjan à la défaite des nazis ». [Dixième mensonge. Le ministre israélien semble ignorer que la contribution aux combats pour l'Allemagne nazie fut 70 000 Azéris qui ont participé à la répression de l'Insurrection de Varsovie. Hitler appelait ces Azéris ses alliés fiables].

Le narrateur a poursuivi : « Au cours de notre voyage le long de la frontière de 700 kilomètres, nous avons vu d'autres technologies israéliennes utilisées pour surveiller le côté iranien, par exemple des caméras de haute précision et des capteurs électroniques très sophistiqués. Selon plusieurs sources, ces systèmes soutiennent des opérations menées par des unités spéciales et des agents secrets israéliens qui infiltrent l'Iran pour lutter contre ses projets nucléaires. C'est un combat chirurgical délicat, selon la presse internationale. Israël maintient en permanence des pilotes de son armée de l'air en Azerbaïdjan ainsi que plusieurs avions de combat [américains] F-35, la cinquième génération d'avions de combat considérés comme les plus sophistiqués de la planète. Suite aux exercices iraniens, un F-35 s'est apparemment infiltré dans l'espace aérien iranien pour évaluer l'efficacité de son système anti-aérien ». [Si c'est vrai, c'est un aveu clair qu'Israël a violé son accord avec les États-Unis de ne pas transférer les F-35 vers un autre pays].

 

[Partie 1 : À suivre la semaine prochaine]

mercredi 25 mai 2022

Arménie : le salut viendra de la Russie

 Arménie : le salut viendra de la Russie

 

Cette opinion peut paraître provocatrice quand les médias tout-puissants matraquent leur propagande à longueur de « journaux » continus. Des médias tout-puissants car les citoyens sont devenus des consommateurs qui avalent la propagande comme on mange une pizza, l’école étant devenue « démocratique » c’est-à-dire à l’écoute des élèves, de leur « diversité ethnique et sexuelle » et donc ne jouant plus son rôle de fabrique de citoyens éduqués et cultivés. J’invite à revoir les conférences de presse de De Gaulle expliquant très pédagogiquement la politique étrangère de la France et à les comparer au niveau affligeant des « journalistes propagandistes » et du personnel politique.

Les médias désormais 1er pouvoir manipulent les élections en disqualifiant les personnalités hostiles à leur idéologie, qu’ils s’appellent Fillon, Trump, Le Pen, Zemmour, Orban ou Poutine. A tel point que Macron n’a même pas besoin de justifier son action des 5 ans passés ni de présenter son programme pour les 5 ans à venir. En 2017, il lui a suffi de se prosterner à Oradour sur Glane et au Mémorial juif, et en 2022, de qualifier d’extrême droite son adversaire.

Ils ont dicté l’attitude ignoble de TOUT l’occident au moment de l’agression turco-musulmane contre l’Arménie à l’automne 2020.

Deux « journalistes » de "Libé" se sont même donnés beaucoup de mal pour trouver des groupuscules identitaires soutenant les Arméniens, motif suffisant pour rendre « nauséabonds » les combattants arméniens qualifiés unanimement de séparatistes. A l’unisson, médias et politiques ont donc jugé que les Arméniens devaient rendre les terres prises illégalement en 1994 pour revenir aux frontières de Staline de 1921 qui avait spolié les Arméniens de l’Artsakh et du Nakhidjevan pour faire plaisir à Ataturk. Ainsi donc les Arméniens se découvrent un nouveau et redoutable ennemi : l’idéologie décoloniale, woke, indigéniste, multiculturaliste (le tiers-monde incluant l’Islam a été opprimé et il convient de réparer les « crimes » commis à son encontre). Cette nouvelle idéologie vient compléter la « lutte pour la liberté et la démocratie », arme redoutable pour diffuser insidieusement le culte de la liberté individuelle avec son corollaire : la culture, le mode de vie et de pensée américains. C’est un pernicieux cheval de Troie pour miner les régimes déclarés ennemis (l’axe du mal) dans lesquels il ne reste plus qu’à attendre des « révolutions » un petit peu aidées par la CIA. Les exemples ne manquent pas. Géorgie, Biélorussie, Ukraine. Naturellement cette méthode ne fonctionne qu’avec des sociétés culturellement perméables. Il est dès lors facile de faire apparaître la Russie comme l’agresseur puisque les peuples ne savent rien de l’histoire, de l’avancée rampante de l’Otan bras armé de l’Empire (pourtant d’après Macron cuvée 2020 en état de mort cérébrale !!!) et que seule comptant l’histoire immédiate, les médias n’ont qu’à la faire avaler au bon peuple comme un Mac Donald !

Pour ce qui est de l’Arménie, c’est ce plan qui est appliqué.

Résultat : après la « révolution » de 2018, le premier ministre Pachinian déclare sans ambages que la démocratie est la colonne vertébrale de l’Arménie, qui lui permettra de vaincre tous les obstacles !

Un peu d’histoire monsieur Pachinian : la très démocratique 1ère République d’Arménie s’est écroulée en 2 mois de combats en novembre 1920 contre la coalition « autocratique » Staline-Ataturk. Les « démocraties » occidentales ne sont pas venues à son secours. S’ensuivit une lente descente aux enfers et nos chères démocraties furent sauvées en 1945 par un affreux totalitarisme qui n’a pas hésité à sacrifier 25 millions de pauvres bougres (dont 300 000 Arméniens, autant que les pertes américaines de toute la guerre !) qui n’avaient d’autre choix que de se faire trouer la paillasse par les MG42 allemandes ou les mitrailleuses du NKVD !

Naturellement, comme cette vérité est gênante, nos falsificateurs de l’histoire tels BHL ou Bayrou minimisent le rôle de l’URSS et proclament que la capitulation allemande est une victoire de « la liberté et de la démocratie » !

Pour venir à bout des monarchies coalisées d’Europe financées par le Royaume Uni, la France a fait appel à un général qui a renversé le très démocratique Directoire.

Plus près de nous, la très démocratique 4ème République s’est avérée incapable de résoudre la crise algérienne et a fait appel à De Gaulle.

C’est cruel mais c’est ainsi : c’est le peu démocratique mais si héroïque et patriote Monte Melkonian qui s’est sacrifié pour que vive l’Arménie…. Et c’est une Arménie débarrassée de la corruption et de la sujétion à Poutine qui a subi le pire désastre de son histoire récente.

Au fait pourquoi les très démocratiques USA et l’Occident ne sont-ils pas intervenus pour la protéger des très autocratiques Turquie et Azerbaïdjan ?

C’est que la liberté et la démocratie ne sont qu’une des armes, un paravent pour la domination mondiale. L’essentiel est ailleurs.

Le Royaume-Uni, et désormais le monde anglo-saxon ont veillé à ce qu’aucun Etat ne devienne hégémonique en Europe car cela signifierait une menace mortelle pour l’Empire.

Après la conquête de l’Empire maritime face aux Hollandais, aux Espagnols, aux Portugais, aux Français, les Anglais ont œuvré pour détruire successivement l’Empire d’Autriche, le royaume puis l’empire français.

Dès la défaite de Napoléon, le nouvel ennemi devint la Russie.  Les Anglais - notamment Disraeli en 1878- ont défendu bec et ongles l’Empire ottoman contre l’expansion russe quitte à sacrifier les chrétiens d’Orient.  Ils ont du sang arménien sur les mains. Le Sultan les a récompensés en leur faisant cadeau de Chypre en 1880.  Qui a dit que le crime ne paie pas… Bien plus tard, avec la constance qui caractérise la politique étrangère britannique, Chamberlain refusa la main tendue de Staline en 1938-39 pour contrer Hitler, et obligea le 1er au pacte germano-soviétique.

Aujourd’hui, l’ennemi est toujours la Russie. Pour le vaincre, tous les moyens sont bons. Faut-il faire les yeux doux à l’islamiste Erdogan en abandonnant les Arméniens et les Kurdes ?  Armer les moudjahidine afghans ou les islamistes « démocrates » syriens ? Fomenter des « révolutions de velours » partout où c’est possible, recourir à la force brutale ailleurs (Irak, Libye, Syrie) et faire accepter la guerre par le recours à des fakes news ? Faire une alliance avec le Maroc contre l’Algérie ? Déstabiliser l’Asie centrale ? Féliciter l’Arménie pour ses avancées « démocratiques » et remercier l’Azerbaïdjan pour le concours apporté au contournement des flux énergétiques fossiles russes ? Cerise sur le gâteau amer : encourager la réconciliation arméno-turque c’est-à-dire l’entente entre le loup et l’agneau, chemin le plus rapide pour la disparition de l’Arménie ?  Contain & restrain

Car la force de la démocratie américaine c’est d’abord sa puissance militaire, c’est 12 porte-avions lourds de 100 000 t et 12 porte-hélicoptères de 40 000 t !

Voici à titre d’exemple une carte – très exacte- même si le titre est ironique- des bases entourant l’Iran !


Alors Monsieur Pachinian, quelle démocratie ? Les menaces multiformes qui pèsent sur l’Arménie ne peuvent être résolues par ce slogan !  Les Arméniens ne se mobiliseront pas pour la démocratie.

Rappelons-nous l’appel du Comité de Salut Public : la Patrie ou la mort !

Rappelons-nous aussi, ironie de l’histoire, que les 5 principautés arméniennes d’Artsakh (Karabagh) demandèrent vers 1725 au pas très démocratique tsar d’être leur souverain en remplacement des khans perses musulmans.

Aujourd’hui plus que jamais, le salut viendra de la Russie !

Le rattachement de l’Arménie et de l’Artsakh à la Fédération de Russie, en tant que République fédérée, pourrait être la solution pour la survie de la nation arménienne.


Mooshegh Abrahamian

 Le 23/05/2022

 

 

 

 

jeudi 16 décembre 2021

J’AI HONTE

OPINION

Beaucoup a été dit et écrit sur la visite d'Eric Zemmour en Arménie. Fidèle à notre politique d'indépendance d'esprit, nous proposons ici un point de vue différent. Les opinions exprimées sont celles des signataires (La rédaction de E&O)
 

J’AI HONTE

 

J’ai honte d’être assimilé à la meute d’Islamo-gauchistes qui poursuit Eric Zemmour jusque dans les colonnes de NAM, jusqu’au moindre de ses pas en Arménie.

J’ai honte que les autorités de Erevan, au lieu de faire des courbettes à Macron pour ses belles paroles, n’aient pas déroulé le tapis rouge à la seule personnalité qui a réservé précisément son PREMIER voyage de candidat à l’Arménie.

 J’ai honte que la meute hurlante l’ait accusé d’électoralisme, alors qu’à l’évidence il a identifié son combat pour sauver la France de l’Islamisme à celui, millénaire, des Arméniens, ces « gavours », ces chiens d’infidèles, pour leur survie.

J’ai honte que la meute vocifère les injures de raciste et de fasciste à son égard puisque leur idéologie mondialiste leur interdit de reconnaître que les racistes et les islamo-fascistes sont précisément les États à l’œuvre pour la destruction complète du peuple arménien sur ce qui lui reste de ses terres ancestrales. Les empêche de reconnaître que, comme l’a déclaré le prêtre de Dadivank, il s’agit bien d’une guerre de civilisation, que c’est l’Islam qui professe la soumission ou la mort.

J’ai honte que la représentation arménienne en France s’affiche avec les autorités pour des inaugurations avec pour but de belles photos qui n’ont bien sûr rien d’électoraliste.

C’est pathétique de ne pas savoir identifier ses amis et ses ennemis : c’est signe que l’agonie est proche !!

Cher Eric, faîtes taire la meute, exposez votre programme d’aide à l’Arménie pour le jour où vous serez Président.

SEULE la France avec un Président ayant votre vision de la défense de la civilisation chrétienne, pourrait réaliser ce programme.

Voici ce que je proposais il y a un mois :

 « Seul un traité de défense franco-arménien serait de nature à sauver l’Arménie incluant bien sûr, la mise à niveau de l’armée arménienne avec vente de matériels sophistiqués (Rafale, canons Caesar, drones, missiles, chars etc…) et l’envoi de conseillers militaires français. Cette nouvelle politique française suppose son départ du commandement intégré de l’OTAN et une alliance avec la Russie qui pourrait comporter un volet arménien. Poutine verrait d’un très bon œil l’intervention de la France qui viendrait rééquilibrer le rapport de forces arméno-islamique, étant lui-même limité dans son aide à l’Arménie par 1) sa volonté de ménager la Turquie, la détacher de l’Otan en lui vendant des anti-missiles S400 voire des SU57, 2) sa politique de neutralité dans le conflit avec l’Azerbaïdjan et 3) sa prudence vis-à-vis des 25 millions de musulmans sur le sol russe.

Sur le plan diplomatique, reconnaissance de l’Artsakh et du statu quo territorial d’avant l’agression d’octobre 2020. Proposition de l’adhésion de l’Arménie à l’Union Européenne.

Le volet économique devrait envisager le transfert progressif des productions françaises de Turquie vers l’Arménie. Le coût de main d’œuvre y étant inférieur, les 2 parties y auraient un intérêt. La France fabriquerait là-bas à meilleur coût et l’Arménie pourrait payer le matériel militaire français bien plus onéreux que le matériel russe (un Rafale coûte 90 millions de USD $ quand un SU35 de 5ème génération surclassant tous ses concurrents coûte 20 millions de USD $).

En France, stopper la disparition de la diaspora en considérant que : 1) la diaspora arménienne est parfaitement intégrée et n’est pas une menace pour la cohésion nationale, 2) les Arméniens seraient au 1er rang pour s’opposer à toute subversion musulmane, 3) leur identité propre liée à leur culture et aux liens du sang n’est pas une menace mais une richesse, 4) il faut donc favoriser la modernisation de la diaspora tant du point de vue expression communautaire – encore très féodale- que du point de vue réhabilitation des bâtiments communautaires et apprentissage de la langue, notamment par le rétablissement de l’arménien au baccalauréat ( LV1,LV2, option) et la rétribution des profs par l’Éducation Nationale.

Dans le cas arménien, la diaspora jouera un rôle irremplaçable pour le salut de l’Arménie, pays de 3 millions d’habitants enclavé parmi 80 millions de Turcs et 9 millions d’Azerbaïdjanais avec une émigration continue due à la situation économique. »

Cher Eric Zemmour, je vous supplie de ne pas abandonner la cause des Arméniens.

  

Mooshegh Abrahamian   12/12/2021

vendredi 26 novembre 2021

Une note pour le nouveau ministre de la Défense Papikyan

Une note pour le nouveau ministre de la Défense Papikyan

« Vous deviendrez soit un héros, soit un bouc émissaire »

par Eric Hakobyan

21/11/2021

https://youtu.be/1B0ELnxrtb8

Bienvenue à la Revue de la Semaine avec Eric Hakobyan. 


Cette semaine, nous ne discutons pas des événements de ces derniers jours (les événements dans la région de Syunik, à la frontière arméno-azerbaïdjanaise), car ils ont été intensément couverts. L’émission d’aujourd’hui est un long mémo pour le nouveau ministre de la Défense de l’Arménie, Suren Papikyan, qui, dans ses anciens postes au sein du gouvernement arménien, était réputé être un réformateur, en particulier dans le domaine de la modernisation des infrastructures routières.

Commençons par les réformes. Il existe deux types de réforme militaire : un programme à long terme, sur cinq à dix ans, et une réforme urgente qui doit être mise en œuvre immédiatement afin d’accroître notre capacité de combat à court terme et d’être en mesure de défendre nos frontières souveraines.

Monsieur Papikian, au cours des cinq ou six prochains mois, vous deviendrez un héros ou un bouc émissaire. Soit vous imposez votre volonté à une structure qui ne fonctionne pas, soit c’est cette structure déficiente qui vous dictera sa volonté.

Les problèmes moraux et psychologiques dans l’armée

Si j’étais vous, je commencerais par des problèmes moraux et psychologiques dans l’armée. Ce n’est un secret pour personne que toute armée qui perd une guerre est confrontée à des problèmes de moral. En ce sens, beaucoup dépend du type de leader que vous serez, de l’exemple que vous allez donner, et des changements de personnel que vous ferez dans l’armée. À ce stade, le choix du personnel militaire est politique.

Les règles d’engagement

Le deuxième point sur lequel vous devriez concentrer votre attention est l’établissement clair des règles d’engagement à nos frontières.

Il nous parvient de nombreux rapports indiquant que les gens sont confus et ne savent pas quoi faire, si c’est le moment de faire feu ou pas. De tels problèmes sont tout simplement inacceptables.

Vous devez faire suivre les règles suivantes, qui existent déjà : si quelqu’un traverse la frontière, vous devez ouvrir le feu sur lui. Les règlements ne parlent pas de négocier avec les contrevenants, d’appeler les Russes ou de quitter son poste sans se battre avec acharnement, pour les soldats. Toute personne qui ne respecte pas ces règles doit être révoquée.

Impliquer le pays dans le processus des réformes

Vous devez également impliquer tout le pays dans ce processus de réforme, car en Arménie, le peuple c’est l’armée, et l’armée c’est le peuple. C’est notre réalité. Aujourd’hui, vos service ne jouissent pas de la confiance du public pour de nombreuses raisons valables. Vous devez rétablir cette confiance en étant aussi ouvert et transparent que possible et montrer aux gens que le changement est bien en cours, que des réformes sont mises en œuvre, que la transparence est à l’ordre du jour.

Impliquer le secteur privé dans le processus réformateur

Il est important que vous mobilisiez également le secteur privé, car une partie du travail des forces armées peut être déléguée en toute sécurité à notre secteur privé beaucoup plus efficace qu’à l’appareil d’État bien moins efficace. Cela peut inclure la surveillance militaire, le renseignement et d’autres domaines. Prenez des décisions audacieuses et impliquez des personnes contre lesquelles certains dans votre ministère vont tenter de résister, mais c’est la façon la plus rapide de mettre à jour nos ressources pour l’action.

Se fournir auprès de producteurs locaux

Allons plus loin. Privilégiez les achats auprès des producteurs locaux. Pour le développement de notre complexe militaro-industriel, il est nécessaire d’acheter autant que possible auprès de producteurs locaux. Ainsi, nous soutiendrons les entreprises locales, leur développement aidera à gagner en indépendance et à se débarrasser de chantages d’où qu’ils viennent dans le monde.

Des entreprises militaires privées

Aujourd’hui, les guerres dans le monde sont considérablement engagées via des entreprises privées. Il existe de nombreuses entreprises militaires privées et des entrepreneurs qui peuvent être amenés à agir comme conseillers dans de nombreux autres domaines pour avoir un effet direct sur la modernisation de nos capacités militaires.

La culture du ministère de la Défense

Plus important encore, vous devez changer la culture qui règne au ministère de la Défense. Pendant longtemps, pendant 20 à 25 ans, l’armée a été une méritocratie inversée, lorsque les gens étaient promus parce qu’ils connaissaient quelqu’un, ne posaient pas de questions et qu’ils pouvaient se laisser corrompre ; et ceux qui posaient des questions et n’étaient pas impliqués dans la corruption restaient dans les rangs inférieurs. Vous devez changer ces règles morales.

Ceux qui prennent des initiatives et ceux qui sont prêts à se battre devraient être encouragés. Il est nécessaire de se débarrasser des sycophantes et de la médiocrité. Pour nous, c’est une exigence indispensable en ce moment.

Il est nécessaire, à de très rares exceptions près, d’assurer une transparence absolue, sur les dépenses et les achats dans le domaine des commandes d’armement, et tout ce qui concerne notre défense. Nous savons qu’il y a des cas de corruption règne dans ce domaine depuis de nombreuses années. Soyons donc aussi honnêtes que possible.

Améliorer le système de mobilisation

Ensuite, nous devons moderniser notre système de mobilisation. Nous avons complètement échoué à mobiliser des volontaires et des réservistes pendant la deuxième guerre d’Artsakh, lorsque le chaos complet régnait. La réserve est vitale et, si nécessaire, sa coordination peut être déléguée. Mais si nous voulons construire un État de garnison, il nous faut des systèmes qui fonctionnent. La réserve a un rôle clé à jouer : les gens qui veulent s’engager et combattre, qu’ils puissent le faire, et que nous puissions lancer des appels et nous organiser sur le champ.

Le manque de financement ne peut pas être une excuse

Ensuite, ne laissez pas le manque d’argent être une excuse. Quand il s’agit de la protection du pays, il ne peut être question d’économie : le mandat principal de tout État est de protéger le pays, ses frontières et son existence. L’argent ne peut donc pas être le problème.

Si nous devons emprunter deux milliards de dollars, nous devons le faire, surtout lorsque le monde a des taux d’intérêt historiquement bas. Par exemple, la Grèce, qui a de grandes dettes et dont le ratio dette/PIB est de 211%, c’est-à-dire que le montant de la dette du pays est deux fois plus grande que le volume de l’économie, a fait d’énormes dépenses pour moderniser son armée, en particulier la marine, compte tenu des menaces constantes émanant du régime Erdogan.

Le ratio de notre dette au PIB n’est que de 62 %. Évidemment, dans des circonstances normales, nous n’en serions pas là, mais ce sont des temps anormaux. L’argent ne devrait pas être un obstacle à la protection du pays. Si ce montant est dépensé au niveau local, nous aurons l’effet du « keynésianisme militaire » – la doctrine politique et économique selon laquelle les dépenses importantes de l’État en armes entraînent le développement de technologies modernes dans l’industrie, en particulier en ce qui concerne la défense (et en conséquence, cela favorisera l’emploi et l’élévation du niveau de vie de la population).

Des militaires bien payés

Et en fin de compte, nous devons payer mieux nos militaires s’ils répondent aux normes élevées qui sont établies pour la construction de notre future armée, et dans la mesure où toutes les autres réformes auront été mises en place. Le service militaire devrait être un contrat social dans lequel ceux qui servent et sont prêts à mourir pour le bien du pays sauront que leurs familles recevront une indemnisation. C’est un engagement que nous ne devons respecter que si toutes les autres réformes sont mises en œuvre. Il ne sert à rien d’augmenter les salaires des généraux ineptes.

En conclusion

Monsieur Papikyan, je vais résumer le programme par une formule très simple : vous êtes un homme politique (moi ̶même j’ai été un fonctionnaire élu pendant longtemps), malgré votre jeune âge. ; soit vous et votre gouvernement entreprendrez une modernisation agressive de notre capacité de défense, et donc de défense de toutes nos frontières, soit crise après crise, nous arriverons aux  prochaines élections, et les gens vous remplaceront par d’autres forces qui auront la volonté de mettre en œuvre tous ces changements et de défendre le pays.

Dans ce pays, les gens ont beaucoup de patience et, dans une certaine mesure, comprennent les raisons de notre défaite. Peut-être que tout le monde n’est pas d’accord avec cela, mais au moins ils comprennent comment on peut s’en sortir. Les gens, y compris de nombreux partisans de votre gouvernement, ne toléreront pas l’humiliation de notre pays à ses propres frontières, alors que le régime d’Aliyev et ses brigands mord chaque jour un peu plus sur le territoire de l’État, semaine après semaine, un mois après l’autre.

Aucun gouvernement, s’il est incapable d’arrêter ce processus, ne pourra rester au pouvoir, et il ne le mérite pas.


(c) Traduit pour "Europe & Orient", par Jan Varoujan et Vladimir F. Fredoux 


mardi 23 novembre 2021

Des échecs de la diplomatie arménienne

 Des échecs de la diplomatie arménienne

par Eric Hacobyan

Traduit du russe par Jan Varoujan et Vladimir F. Fredoux 

 Source : Civilnet /  https://youtu.be/1B0ELnxrtb8

14/11/2021

Bienvenue à la Revue de la Semaine avec Eric Hakobyan. Cette semaine, nous allons discuter des échecs de la diplomatie arménienne, en particulier au cours de la dernière année après la deuxième guerre d’Artsakh et de l’Arménie. Nous ne parlerons pas des individus, mais des échecs collectifs de notre service diplomatique, parce que, en fin de compte, l’essentiel, ce ne sont pas les individus, mais les systèmes.


·      Ma première question à notre service diplomatique ou à notre gouvernement est la suivante : quelle est notre politique à l’égard de l’Artsakh ? Avez-vous une politique spécifique ? Parce que, si c’est le cas, vous ne l’avez guère explicité au regard du monde extérieur.

 

Notre politique sur l’Artsakh devrait être présentée au monde, sur la base de trois options :

 

La première option est celle du duo Erdogan-Aliyev : le nettoyage ethnique ou le génocide de tous les Arméniens vivant en Artsakh. C’est leur objectif depuis longtemps, et c’est pourquoi les négociations n’ont pas abouti au moindre résultat depuis 30 ans. Pour cette raison, ils feront tout pour empêcher la reprise de tout processus de l’OSCE, car ils ne sont pas intéressés par une solution passant par des négociations. Ils ne sont intéressés que par une victoire complète, c’est-à-dire l’Artsakh soit débarrassée de sa population arménienne historique, millénaire. C’est la première option qui devrait être présentée au monde. Êtes-vous pour ou contre ce projet ?

La deuxième option consiste à geler la situation actuelle et à la renforcer par le droit, et pas seulement par un mandat de cinq ans. Cela doit se faire soit par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, soit par un processus de négociation qui codifiera la présence des soldats de la paix en Artsakh et les protégera du nettoyage ethnique. En outre, il est nécessaire de reprendre le processus sous les auspices de l’OSCE. Cela devrait être notre but numéro un dans les années à venir.

Si la deuxième option n’est pas envisageable, alors la seule option urgente, la troisième option, est la sécession au nom du salut. En vertu du droit international, si un pays a l’intention de soumettre une minorité ethnique à un génocide ou à un nettoyage ethnique, il perd tout droit légitime à gouverner ce peuple. Le régime Aliyev a depuis longtemps perdu le droit moral ou légal d’avoir d’interférer dans la vie des Arméniens d’Artsakh. Aliyev dans ses actions contre le peuple de l’Artsakh est beaucoup plus cruel et raciste que n’a pu l’être Slobodan Milosevic au Kosovo.

La tâche de notre diplomatie est de confronter la communauté internationale à ce choix exclusif : êtes-vous pour le génocide et le nettoyage ethnique ou êtes-vous contre ? Si vous êtes contre, vous avez deux autres options. Notre tâche est de clarifier ces questions et de ne laisser aucune marge de manœuvre à la communauté internationale, d’imposer le droit.

·      La deuxième question à notre gouvernement et à nos services diplomatiques est la suivante : avez-vous mené des recherches internes pour comprendre les échecs de la diplomatie arménienne au cours des dernières décennies ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi ? Pour réformer le service et améliorer sa qualité, il est indispensable de comprendre les causes des échecs.

·     La troisième question est : comment peut-on perdre la guerre des relations publiques avec ce régime dégénéré, raciste et néofasciste ? Vous perdez la guerre des relations publiques contre un homme qui porte sur ses traits sa laideur morale, et la bassesse de sa rhétorique, un despote oriental, qu’il serait pourtant facile de diaboliser.

Vous perdez la guerre des relations publiques au profit d’un pays qui a officiellement héroïsé un meurtrier qui tue à la hache. Vous perdez contre un pays grotesque dont le vice-président est l’épouse du président. Vous perdez contre le dirigeant du pays qui a détruit plus de monuments culturels que l’État islamique et les talibans réunis, l’homme qui a amené des terroristes internationaux associés à al-Qaïda en Artsakh pour commettre des crimes de guerre. Vous perdez une guerre de relations publiques au profit d’un dirigeant de l’Azerbaïdjan qui a utilisé un jet privé pour kidnapper et torturer des juifs, comme dans le cas d’Alexandre Lapshin (et l’Azerbaïdjan a été condamné pour cela), un pays   qui détient illégalement des centaines de prisonniers de guerre et de civils arméniens dans ses cachots. Vous perdez la guerre des relations publiques au profit de quelqu’un qui, avec des terroristes et alliés turcs, a commis les pires crimes de guerre sur le sol européen depuis la guerre de Bosnie au début des années 90.

En fait, vous êtes en train de perdre cette guerre parce que nous ne nous impliquons pas, nous ne donnons pas de visibilité significative à l’Artsakh, nous nous investissons à moitié.


·      Ma quatrième question est la suivante : quelle est notre histoire, quel est le récit que nous présentons au monde ?

Je vais faire simple. Si vous êtes un diplomate arménien et que vous ne dites pas tous les jours à vos collègues diplomates d’autres pays ou des médias internationaux que l’Arménie est un îlot de liberté dans un océan de tyrannie, vous échouez dans votre rôle. Renoncez ̶ y et rentrez chez vous. Si vous ne formulez pas et ne présentez pas quotidiennement la question de l’Artsakh dans le contexte des droits de l’homme, alors vous échouez dans votre mission.

Pourquoi est-ce important ? Parce qu’en fait, le problème de l’Artsakh se réduit à la question des droits de l’homme. Il ne concerne pas l’intégrité territoriale et les territoires libérés ou occupés, mais concerne ce que le régime fasciste fera de la minorité sous son contrôle. Et c’est cela qu’il faut marteler, il faut forcer le monde à se centrer là̶ ̶ dessus, et à faire son choix.

Cinquièmement, que dites-vous au monde au sujet de vos ennemis ? Je vais être clair encore une fois. Si vous êtes un diplomate arménien, vous devriez dire tous les jours à vos collègues diplomates ou à la presse internationale que l’année dernière, l’Arménie et l’Artsakh ont été attaqués par le plus ancien État fasciste d’Europe – la Turquie, et l’État le plus néofasciste et raciste d’Europe –l’Azerbaïdjan, et que le monde a regardé ce qui se passait sans intervenir...

Si deux ans plus tard, la presse internationale dans sa prochaine liste de « méchants-dictateurs » n’inclut pas le nom d’Ilham Aliyev avec Saddam, Kadhafi, Kim Jong-un et d’autres, alors vous êtez en train d’échouer dans votre entreprise. Le monde moderne est un monde de spectacle, de mise en scène des relations publiques, et seuls ceux qui parviennent à exprimer dans ce cadre des questions et des arguments gagneront la guerre des relations publiques et obtiendront le bénéfice politique souhaité.

La question suivante est : quelle est votre politique américaine ? En avez-vous même une ? Le fait est que les États-Unis adhèrent toujours à une position neutre sur les questions liées à l’Arménie ou à l’Artsakh et c’est inacceptable. Il y a des millions d’Arméniens-Américains vivant aux États-Unis, ils sont impliqués dans toutes les sphères influentes de cette société. Que nous n’ayons pas été en mesure de les engager de manière plus substantielle est un grand échec.

Pourquoi les États-Unis sont-ils importants ? Certes, ils ont commencé à montrer moins d’intérêt pour le Moyen-Orient ou pour cette région dans son ensemble. Il est également clair que le pays est confronté à des problèmes internes de longue date. Cependant, ils constituent toujours la première force au monde.

Si nous avons la moindre chance d’entamer des négociations sérieuses sous la médiation de l’OSCE, cela ne se produira que sous la pression américaine. Les Européens n’ont pas le poids politique ou la volonté de le faire, nous avons donc besoin d’une politique américaine sérieuse.

Passons à la question suivante. L’année prochaine, la France organisera des élections présidentielles. Comment comptez-vous utiliser ces élections au profit de l’Arménie et de l’Artsakh ? Pourquoi est-ce important ? Car dans cette élection, dans laquelle la lutte se déroulera entre l’actuel président Emmanuel Macron et probablement Éric Zemmour, les deux camps auront besoin des voix des Arméniens de France. Tous deux chercheront à gagner l’électorat arménien. La France, après tout, est le pays le plus pro-arménien de l’UE et la deuxième force la plus puissante de l’Union. Par conséquent, nous devons formuler une demande politique cohérente en direction des Français, quel que soit le résultat de l’élection, et l’année prochaine nous offre une grande opportunité.

Question suivante : Que faites-vous pour améliorer vos systèmes de communication internationaux et locaux ? Cela mène directement à un autre sujet. Comme vous le savez, l’Arménie a des ministères, par exemple, de l’économie et de la santé, qui font venir des spécialistes de la diaspora et les nomment à des postes élevés de députés par exemple. Nous ne réinventons pas la roue en la matière. Nous avons des centaines d’Arméniens dans le monde qui œuvrent dans les domaines des relations publiques, de la diplomatie et de la politique, et nous devons les attirer et les nommer à des postes afin de réformer le service diplomatique.

Par exemple, que peut-on faire au niveau des ambassadeurs ? Bien sûr, l’ambassadeur n’est pas celui qui construit une ligne politique, mais il établit des relations. Supposons que quelqu’un fasse des affaires dans les pays du Golfe depuis de nombreuses années, vous pouvez le faire revenir et le nommer ambassadeur aux Émirats arabes unis, et sa tâche sera d’établir des relations dans le domaine de la politique et des affaires dans ce pays. Nous n’avons pas besoin de nous limiter à ce que nous avons maintenant, nous pouvons voir plus grand, attirer plus de gens et ainsi réformer notre système.

En conclusion

Je déteste dire cela parce que je sais qu’il y a de merveilleux spécialistes dans notre service diplomatique. Malheureusement, ils ne sont pas majoritaires. Nous vivons à une époque où il n’y a pas de place pour un langage mitigé ou les belles paroles. C’est une période de vérités amères, la question est de savoir quelles mesures nous allons prendre pour y faire face. Nus pouvons faire beaucoup mieux dans ce domaine si nous entraînons beaucoup plus de gens pour qu’ils s’impliquent dans ce projet de façon dynamique.

samedi 14 août 2021

Formation des diplomates français et arméniens

Formation des diplomates français et arméniens

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En France il y avait à mon arrivée au M.A.E en 1970 deux filières de recrutement sur concours pour l’entrée dans la carrière diplomatique : l’ENA et les concours d’accès direct, général ou orient, ce dernier supposant la connaissance de langues orientales (russe + une langue d’Europe de l’Est ; chinois ou japonais ; arabe). 

Ces modes de recrutement tout en assurant un très bon niveau (concours ultra-sélectifs) n’étaient pas exempts de critiques. À la sortie de l’ENA l’affectation au MAE reposait d’abord sur le rang de sortie (dans les 25 premiers sur une promotion de 150) avant d’être dictée par une vraie vocation. On a vu certains énarques frais émoulus de l’École choisir le Quai d’Orsay avec la ferme intention de ne pas quitter Paris et sans appétence aucune pour l’apprentissage des langues étrangères. Quant au concours Orient, il recrutait de bons connaisseurs de langues orientales ou rares dont ils perdaient rapidement la maîtrise faute d’affectation durable dans les zones géographiques correspondantes, préférant Londres ou Washington à un exotisme qu’ils jugeaient sans doute réducteur de leurs talents. De son côté la direction du personnel ne veillait pas toujours à cette adéquation entre connaissances linguistiques et affectation.

Avec la disparition de l’ENA, le recrutement des diplomates français se concentrera nécessairement sur des concours spécialisés dont les formations sciences politiques et droit demeureront la colonne vertébrale, mais avec davantage d’ouverture sur l’économie, le commerce, l’écologie, les nouvelles technologies et la diversité de la société civile.

Pour un pays comme l’Arménie, les enjeux de la diplomatie ne se présentent pas différemment mais avec une acuité plus grande dans ces différents domaines.
L’outil diplomatique arménien a besoin de juristes internationaux de premier plan pour aborder des domaines aussi complexes et vitaux que celui des frontières extérieures du pays, des droits de l’homme, des menées génocidaires qui perdurent encore.

Il lui faut aussi des économistes et des commerciaux de premier plan car la démographie, la vitalité, la richesse et donc la sûreté du pays exigent qu’il redevienne le carrefour aussi bien nord-sud que est-ouest dont dépend sa prospérité et sa pérennité. Le sens du commerce a toujours été la caractéristique du talent arménien.

Il faut enfin d’excellents connaisseurs de la sphère régionale (au-delà du seul sud-Caucase) qui est l’environnement premier de l’Arménie où la connaissance d’une langue véhiculaire comme le russe dans l’immense espace ex-soviétique est un atout incontestable.

Dans la perspective d’un réseau diplomatique nécessairement limité pour des raisons budgétaires, l’Arménie devra faire porter son effort sur cet environnement régional, sur quelques grandes capitales notamment dans les pays de diaspora et sur les organisations internationales, sans oublier la connaissance et la pratique des institutions européennes, où de par son histoire, sa culture et ses valeurs, l’Arménie rencontrera toujours une écoute attentionnée.

Du point de vue de ces impératifs, l’université française en Arménie, conçue dès l’origine pour former les cadres dont ce vieux pays et ce jeune État a besoin, coche toutes les cases : elle forme des juristes de haut niveau (la première promotion a remporté en 2006 le prix René Cassin devant les plus anciennes et réputées universités européennes), des spécialistes de l’économie, du commerce, de la gestion et maintenant des nouvelles technologies. Tous ses diplômés sont en outre au moins quadrilingues (arménien, russe, anglais, français) avec, pour nombre d’entre eux, l’option d’une cinquième langue (allemand ou espagnol). La sévérité du concours d’entrée et des examens, un contrôle impartial des résultats, les possibilités de stage, les connaissances régionales et la déontologie rigoureuse – sans laquelle il n’est point de service public ni de Serviteur de l’État dignes de ce nom – sont des atouts incontournables. Ce souci de servir est au cœur de toute carrière diplomatique qui se respecte.

Henry Cuny
2 juin 2021

vendredi 9 juillet 2021

« Ari Doun » c’est bien… « Mena Doun » serait mieux

 «Ari Doun» c’est bien… «Mena Doun» serait mieux


Varoujan SIRAPIAN
Directeur de la revue E&O


Vu l'actualité en Arménie, il nous a paru utile de republier cet article qui avait paru en 2010, dans le numéro 11 de la revue "Europe & Orient."


Depuis sa prise de fonction, la dynamique ministre de la Diaspora de la République d’Arménie, Heranouche Hakopian, a mis en place un projet pour faire venir les Arméniens de la Diaspora, surtout les jeunes, au Pays. Le projet porte le nom « Ari Doun », littéralement « Viens à la maison ».

L’idée est louable et pourrait marcher, si les conditions sont réunies, à l’instar d’Israël qui dans ce domaine a une politique très efficace, bien pensée et bien rodée.

Pour qu’un jeune puisse se décider à s’installer en Arménie, il faut qu’il trouve un minimum de confort auquel il (ou elle) est habitué dans son pays d’origine comme la France, l’Amérique, le Liban, etc., pour prendre quelques exemples. Un logement, même modeste avec les commodités d’usage est un minimum pour commencer. Un travail et/ou la possibilité de démarrer une petite entreprise pour subvenir à ses besoins et éventuellement de sa famille s’il (ou elle) pense fonder une famille, ce que, in fine, est le but recherché.

La démographie

Car l’un des problèmes principaux de l’Arménie est sa démographie. C’est une question stratégique importante si on prend en compte la démographie galopante de ces deux voisins hostiles que sont la Turquie et l’Azerbaïdjan. Le problème est encore plus sensible dans le cas de la République du Haut-Karabagh et dans les territoires libérés.

L’hémorragie a commencé dans les premières années de l’indépendance où l’Arménie a vu partir des dizaines de milliers de ses citoyens parmi lesquels des « cerveaux » qui font cruellement défaut aujourd’hui pour former le socle d’une élite indispensable pour diriger le pays.

L’émigration, au début des années 90, pourrait s’expliquer par les séquelles du terrible tremblement de terre de 1988, la guerre du Haut-Karabagh qui a suivi (plus meurtrière que celle de la Bosnie), le passage brutal à l’économie du marché après 70 années de communisme qui, malgré le système incontestablement tyrannique et totalitaire, donnait une certaine sécurité à la population dans les domaines de l’emploi, la santé et l’éducation. Mais comment expliquer qu’aujourd’hui, dix-neuf années après l’indépendance, près de 40 % des Arméniens (selon un récent sondage Gallup) veulent partir coûte que coûte de ce pays (alors que ce taux est de 14 % pour la Géorgie et de 12 % pour l’Azerbaïdjan). Pire, quand nous interrogeons les gens dans la rue (commerçants, chauffeurs de taxi, institutrices…) ils sourient et disent que le pourcentage serait, en réalité, beaucoup plus élevé. Comment ne pas réagir quand on entend de plus en plus de gens nous dire « les Arméniens vivent bien partout dans le monde… sauf en Arménie » ? Comment ne pas avoir la gorge serrée quand on entend dire par la population ou de la part des intellectuels que « les Géorgiens sont en train de construire leur pays, jour après jour, et les Arméniens en train de détruire le leur » ? 

Donc il y a bien quelque chose qui ne va pas. Et ce sous les trois présidences depuis l’indépendance. Le constat est le même, et le diagnostic presque unanime dans les organisations politiques de la diaspora mais aussi dans la société civile, dans les associations humanitaires, culturelles, etc.

L’ennemi numéro 1 : la corruption

La corruption est dans les différentes sphères de l’État, au plus haut niveau, dans l’administration alimentée par une oligarchie qui en profite et qui se partage le gâteau, découpé en monopoles. Cette nouvelle nomenklatura[1] ne se cache même pas, sûre de son impunité, face à une justice impuissante (sinon corrompue elle-même).

Par conséquent l’urgence est de mettre en place un projet, par exemple « Mna Doun » (Reste à la maison), pour arrêter l’émigration, avant de penser à faire venir des Arméniens de la diaspora dans la Mère Patrie.

Inciter les gens à venir s’installer en Arménie dans l’état actuel des choses n’a aucun sens est serait même contreproductif. Puisque ceux qui seraient tentés par l’aventure seraient vite désenchantés face à cette détérioration de la vie quotidienne, frustrés par l’impossibilité de faire appliquer les lois sensées de protéger le libre commerce et de prendre conscience que la justice est à deux vitesses dans ce pays où la plupart des députés se font élire pour avoir simplement l’immunité parlementaire pour continuer ainsi à exercer leur « business ». Ainsi ces « nouveaux pionniers », attirés par le projet « Ari Doun », repartiraient alors dans leur pays d’origine pour faire une contre-propagande proportionnelle à leur déception.

Se taire ou parler ?

Que faire ? Ne rien dire pour « ne pas ternir l’image de l’Arménie » – et être d’une certaine façon complice ? Ou dire la vérité, telle que nous l’apercevons et l’entendons, exprimés par des gens d’en bas que nous côtoyons lors de chaque visite au pays ? Des gens qui aiment leur pays et qui ne voudraient pas le quitter. Malheureusement aujourd’hui ils sont dans une telle détresse qu’ils ne peuvent plus compter que sur Dieu pour trouver un brin d’espérance afin de continuer à vivre (ou survivre).

Certes ce n’est pas à la ministre de la Diaspora seule de mettre en place ce projet de « Mna Doun » (elle n’aurait pas les moyens) mais au chef de l’État, au gouvernement et aux hommes politiques (intègres) de mener une opération « main propre » pour éradiquer enfin ce cancer qui ronge ce beau pays et anéantit à petit feu ses citoyens.

Au lieu de courir après les « ennemis extérieurs », commençons par démanteler les « ennemis intérieurs ».

 



[1]  Le terme désignait péjorativement l’ensemble des privilégiés (principalement les notables du PCUS et leurs familles) qui détournaient et accaparaient à leur profit les avantages de la société soviétique.

 

vendredi 18 décembre 2020

Sondage #1 sur Arménie

lundi 20 juillet 2020

Azerbaïdjan - Arménie : une guerre hybride


Azerbaïdjan - Arménie : une guerre hybride

J. V. Sirapian
Directeur de la revue « Europe&Orient »
18/07/2020

Le 12 juillet 2020 la confrontation entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan est montée d’un cran. L’origine du conflit remonte à la guerre de 1992 entre l’Azerbaïdjan et l’Artsakh (Haut Karabagh) terminée en 1994 par la victoire des Arméniens avec la signature d’un cessez-le-feu. Depuis lors, des escarmouches fréquentes ont eu lieu sur les lignes de contact entre les deux parties. Jusqu’en 2016 les violations du cessez-le-feu (toujours par l’Azerbaïdjan, la partie arménienne ne faisant que répondre) se limitaient aux lignes de contact autour d’Artsakh.

Depuis 1994 les deux parties se réunissent régulièrement sous la houlette du groupe de Minsk (OSCE) pour trouver une solution pacifique à ce conflit et le respect du droit à l’auto-détermination du peuple de l’Artsakh.

En avril 2016, l’Azerbaïdjan a décidé d’élargir le champ de ses attaques en déclenchant une guerre éclaire de 4 jours sur environ 800 km de frontières incluant non seulement l’Artsakh mais aussi l’Arménie. Ce qui s’est passé le 12 juillet et les jours suivants sont la continuité de cette stratégie de la tension voulue par Bakou pour détourner le mécontentement de plus en plus grandissant de la population à cause de la crise économique (suite à la chute vertigineuse du prix du pétrole) en attisant la flamme patriotique nourrie par la haine anti-arménienne. Bien que l’Azerbaïdjan soit incomparablement plus riche que l’Arménie, le niveau de vie du peuple d’en bas est presque identique que celui d’Arménie. Ceci à cause d’un régime oligarchique corrompu, basé sur le clientélisme du clan Aliyev, répressif contre toutes sortes d’oppositions, politique ou intellectuel. La révolution de velours, (avril 2018) qui a renversé pacifiquement le système oligarchique en Arménie avec un soutien populaire massif, donne aussi des sueurs froides au clan Aliyev qui redoute un mouvement identique en Azerbaïdjan.

Irrité, coincé à l’extérieur par le statu quo à la table des négociations, il vient de limoger le MAE Mammedyarov qui était en poste depuis 2004 et, à l’intérieur, le peuple gronde alors qu’Aliyev pense ainsi pouvoir gagner du temps en semant le chaos dans la région. Il est soutenu dans cette stratégie par son allié, la Turquie. Par la voix de son ministre des Affaires étrangères la Turquie a fait savoir qu’elle aiderait l’Azerbaïdjan si un conflit éclatait, avec l’arrière-pensée de reconquérir l’Artsakh.

Cette guerre d’usure ne se joue pas seulement sur le terrain escarpé du Sud Caucase. L’information, la désinformation, le piratage de sites, l’activisme de trolls mais aussi les nouvelles technologies sont de la partie, ce qui fait de cette confrontation une guerre hybride (cf. le dossier spécial de la revue « Europe et Orient » n° 30-juin 2020). L’article paru dans le journal nationaliste turc « Hürriyet » le 17 juillet « Le monde entier regarde la confrontation Azerbaïdjan-Arménie » (Dünyanın gözü Azerbaycan - Ermenistan sınırındaki çatışmalarda) est un exemple de désinformation de la presse turque sous couvert d’analyse de deux « spécialistes ». Entre autres, ils mettent en avant la thèse classique de « la main de l’étranger qui envenimerait le rapprochement entre deux peuples qui devraient vivre en paix côte à côte ». Les Arméniens en savent quelque chose du « vivre ensemble » avec les Azéris, se souvenant des exemples comme les massacres de Chouchi dans les années 20 (cf. Europe&Orient n° 30, juin 2020), du pogrom de Soumgaït en 1988, de la décapitation d’un officier arménien dans son sommeil par un officier azéri en 2004 à Budapest, de la mutilation des personnes âgées lors de la guerre de 4 jours en avril 2016, etc.

La technologie aussi a changé la donne. Commençant la fabrication des drones-espions il y a quelques années, l’Arménie produit aujourd’hui des drones d’attaques. La précision de la défense antiaérienne a été améliorée et on a vu son efficacité ces derniers jours. Un drone azéri de type Orbiter-3 (de fabrication israélienne, l’un des meilleurs au monde) a été descendu par les forces arméniennes.

Drone Orbiter-3 (Made in Israël)
Si une guerre totale devait éclater entre les deux pays, les cibles potentielles sur le territoire d’Azerbaïdjan seraient les raffineries de la mer Caspienne (et non pas les réserves d'eau comme prétend l'Azerbaïdjan). Aliyev le sait ainsi que les Occidentaux et qui sont inquiets, puisqu’ils dépendent en partie du pétrole et du gaz azéri. 

Par la voix de leur ministre de la Défense, les Azerbaïdjanais ont agité la menace d’envoyer un missile sur la centrale nucléaire de Metsamor près d’Erevan. Alors que la première hypothèse semble réaliste (cf. « La pensée stratégique arménienne » de Jean Dorian in "Europe & Orient" n° 29, décembre 2019), faire sauter une centrale de type Tchernobyl en Arménie, qui se trouve à quelques dizaines de kilomètres des frontières turque et géorgienne semble peu probable. 

Sauf si Dr Folamour du Caucase décide, par désespérance, de passer la ligne rouge.








mardi 3 mars 2020

Suite à l’apparition du coronavirus en Arménie

Message à la communauté française 

suite à l’apparition du coronavirus en Arménie


Erevan, le 2/03/2020

Les autorités arméniennes ont confirmé dans la nuit du 29/02 au 1/03/2020 avoir détecté un premier cas de coronavirus. Il s’agit d’un ressortissant arménien en provenance d’Iran.
Le Gouvernement de la République d’Arménie a instauré des mesures sanitaires qu’il est recommandé de suivre, notamment sur le site


ou http://www.moh.am du ministère de la santé arménien.

Vous pouvez également vous informer sur la plateforme dédiée du gouvernement français : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

De manière générale, et en particulier au retour d’une zone à risques (Chine, Corée du Sud, Iran, Italie du Nord, Japon, Thaïlande, Vietnam, Singapour, Taiwan) et ce durant les 14 jours suivant le séjour, il est recommandé de :

  • Surveiller sa température 2 fois par jour ;
  • Porter un masque chirurgical en présence de son entourage et en dehors du domicile ;
  • Réduire les activités non indispensables (cinéma, restaurant, soirées …) et la fréquentation de lieux où se trouvent des personnes fragiles (hôpitaux, maternités, établissements pour personnes âgées…).

En cas de fièvre ou sensation de fièvre, toux, difficultés à respirer :
Contacter rapidement les autorités sanitaires arméniennes en signalant votre voyage en téléphonant au 0037410550601, au 0037410550306, au 0037410550307 ou au 8003.

Ne pas se rendre directement chez le médecin, ni aux urgences de l’hôpital.

L’Ambassade de France en Arménie suit attentivement la situation en liaison avec les autorités arméniennes et le Centre de crise et de soutien du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et vous tiendra informé de son évolution.

Salutations distinguées,
Ambassade de France en Arménie

lundi 23 avril 2018

L’ère après Homo sovieticus


L’ère après Homo sovieticus





Le mardi 17 avril dans l’après-midi, quand je me suis assis sur un banc près du ministère des Affaires étrangères pour observer et écouter les manifestants qui conspuaient le nouvellement élu Premier ministre, Serge Sargsyan, je n’imaginais pas que celui-ci présenterait sa démission une semaine après.

Il y avait milliers de personnes, en majorité des jeunes, dans la rue Vasguen Sargsyan, bloquée dans les deux sens entre la place Shahoumian et le Hrabarag (pl. de la République). J’entendais le slogan devenu un hashtag depuis quelques jours, « Kayl ara, merjir Serjin » (Bouge ! Récuse Serge) ou « Miatsek ! » (Rejoignez-nous)

Alors que j’étais assis à peine depuis quelques minutes trois jeunes se sont rapprochés : « Excusez-nous hopar (mot traditionnel pour désigner oncle) on aura besoin de ce banc ». J’ai compris qu’ils allaient l’utiliser pour bloquer la circulation. Je me suis levé. « Excusez-nous encore pour le désagrément » m’ont-ils lancé avant d’emporter le banc à l’angle de la rue Khorenatsi et de la rue Beyrouth.


Ce court échange montrait le comportement de ces jeunes manifestants, très souvent des étudiants ; poli, calme, pratiquant la désobéissance civile sans violence (Ça change de Tolbiac !).    

C’est la force de ce mouvement qui, contre tout attente, a obligé le Premier ministre à jeter l’éponge au bout de 11 jours de manifestations incessantes à Yerevan mais aussi à Gyumri, à Vanadzor et pas plus tard qu’hier, dimanche, dans la région de Martuni, où je me suis trouvé bloqué par un barrage sur la route de retour d’Artsakh vers la capitale.

Le bref face à face, très tendu, entre Serge Sargsyan et Nikol Pachinian, le dimanche 22 avril dans la matinée, à l’hôtel Armenia, et la menace à peine dissimulée du Premier ministre (« N’avez-vous pas retenu la leçon du 1er mars » faisant allusion aux manifestations de 2008 lors de son élection comme président, qui avait fait 10 morts et centaines de blessés) ne présageait pas une issue aussi rapide à cette situation qui s’orientait vers une impasse tant les demandes de Nikol Pachinian apparaissaient radicales, notamment la démission du PM, en plus d’une absence totale de programme.


Le député d’opposition a gagné son pari, l’homme le plus détesté du pays a quitté son poste, le peuple est en liesse ce soir et fête la victoire dans une ambiance fraternelle jamais vu depuis le « mouvement Karabagh » de 1988.

Reste à ne pas gâcher cette énergie et surtout à ne pas décevoir le peuple. Espérons que les Homo sovieticus laisseront la place à une nouvelle génération, tout simplement à des patriotes arméniens ayant en tête qu’une chose : la défense des intérêts de ce jeune pays…    

Varoujan SIRAPIAN
Directeur de Europe&Orient
Erevan, le 23 avril 2018