lundi 3 décembre 2012

Reuters cache les crimes des "rebelles" en Syrie

Reuters cache les crimes des "rebelles" en Syrie
de Bahar Kimyongür
3 décembre 2012
Le 16 juin 1979, un commando proche des Frères musulmans syriens fait irruption dans une caserne de l’armée de l’air à Alep où soldats sunnites, alaouites et chrétiens partagent les mêmes chambrées. 83 cadets alaouites identifiés comme tels sont séparés de leurs autres camarades par leurs bourreaux puis froidement exécutés.

Dans cet épisode tragique de l’histoire syrienne, la seule appartenance confessionnelle a motivé l’application de la peine de mort. Trois décennies plus tard, des provocateurs inspirés par les mêmes thèses sectaires détournent la légitime contestation populaire antibaassiste vers l’alaouite, un bouc émissaire tout désigné qui, depuis un millénaire, alimente suspicion et fantasmes. Mais cette fois, les alaouites sont victimes d’une campagne d’extermination systématique et à grande échelle. À un point tel que les hommes faits prisonniers par les rebelles jurent ne pas être alaouites pour échapper à leur sort. Un « détail » qui a échappé à l’agence de presse britannique Reuters à Ras Al Ain.
Dans les pays régis par des États traditionnellement hostiles au gouvernement de Damas, la nature sectaire de l’insurrection qui a éclaté à Deraa il y a vingt mois a été ignorée et remplacée par une lecture rassurante voire mystique du conflit assimilant le régime de Damas au mal absolu et la rébellion à son exact contraire. Il y a quelques jours, l’agence de presse britannique Reuters a contribué à maintenir le flou autour des réelles motivations de la rébellion armée en commettant une grossière erreur de traduction.
Dans l’une de ses dépêches reprises sur le site Internet du journal 20 Minutes du 30 novembre 2012, Reuters écrit ceci :
« Un rebelle syrien s’est semble-t-il filmé en train d’exécuter des prisonniers désarmés. La vidéo, mise en ligne sur le site YouTube, a été tournée au moyen d’une caméra apparemment fixée sur son arme. On y voit dix hommes en tee-shirt blanc et treillis, couchés face contre terre. L’un d’eux dit d’une voix suppliante qu’ils sont pacifiques, se lève et se dirige vers la caméra. Sur la bande son, on entend alors une détonation puis on voit cet homme retourner à sa place, un bras ensanglanté. La suite de la vidéo montre l’exécution des dix prisonniers. »
A première vue, ce passage ne semble guère polémique. Mais après consultation de la vidéo qui se rapporte aux faits décrits par Reuters ( http://www.youtube.com/watch ?v=sWCTshHVCmI ), on remarque immédiatement que les soldats qui supplient leurs bourreaux disent non pas être « selmiye » (pacifiques) mais « sinniye » (sunnites).
L’adhésion au sunnisme devient ainsi expression de repentance dans la bouche des condamnés.
L’un d’entre eux lance même en désespoir de cause : « Je vous jure par Allah que je suis un sunnite de Deraa » (1 min. 21 sec. et 1 min. 28 sec) …
La confusion entre le mot « pacifique » et « sunnite » de la part d’une agence de presse comme Reuters est pour le moins troublante, notamment d’un point de vue purement logique.
En effet, même sous l’effet de la peur et du désespoir, on voit mal pourquoi ces prisonniers tenteraient de convaincre leurs bourreaux d’être « pacifiques » alors que visiblement, leur âge, leur présence en zone militaire (le site est dominé par un mirador que l’on aperçoit après 1min. et 55 sec.) et la tenue de la plupart d’entre eux indiquent bien qu’ils sont militaires.
En se déclarant sunnites, ils espèrent pouvoir obtenir une grâce de la part de leurs bourreaux du Front Al Nosrah, la branche syrienne d’Al Qaïda (l’exécution est revendiquée en fin de vidéo).
Mais à leur grand malheur, aucune parole ne semble apaiser la colère des djihadistes. De ces prisonniers, les rebelles ne feront aucun prisonnier.
Si cet épisode sanglant peut paraître banal voire mineur au regard d’autres horreurs commises en Syrie, l’argument auquel se raccrochent désespérément les militaires capturés mérite une attention particulière dans la mesure où il est révélateur de la terreur sectaire que fait régner l’insurrection.
Chaque jour, des Syriens sont assassinés par les rebelles parce qu’ils n’ont pas la « bonne » confession, en particulier les alaouites.
Partisans ou opposants au régime de Damas, tous les Syriens le savent. En revanche, les observateurs occidentaux préfèrent taire ou minorer cette réalité pour « ne pas faire le jeu du régime ». Et justement, « ne pas faire le jeu du régime » est devenu la devise et l’étendard de la guerre psychologique menée contre Damas.
Loin de toute considération stratégico-idéologique, le jour de la publication de la dépêche Reuters controversée, un opposant syrien de la ville de Hassaké interviewé par l’agence de presse catholique Fides ayant requis l’anonymat a lui aussi constaté le caractère confessionnel et sectaire de la rébellion armée :
« Les alaouites ont subi le sort le plus dramatique : tués parce qu’alaouites. » reconnaît-il.
Et d’ajouter : « L’une des victimes étaient un instituteur qui a beaucoup aimé la ville et a instruit pendant de nombreuses années les enfants de toutes les familles. Des miliciens l’ont cherché, pris et tué devant son épouse et ses enfants qui ont été pris en otage. »
Les témoignages de ce genre qui attestent qu’un génocide anti-alaouite est en cours nous parviennent tous les jours de Syrie. Ils sont totalement accessibles à ceux qui veulent bien les voir et les entendre. Pour peu que les agences de presse comme Reuters veuillent bien les reproduire avec l’honnêteté et la rigueur requises.

Bahar Kimyongür
Investig’Action, 3 décembre 2012.

Bahar Kimyongür est l’auteur de Syriana, la conquête continue, Ed. Couleur Livres & Investig’action, 2011 et porte-parole du Comité contre l’ingérence en Syrie - CIS.

La stratégie néo-ottomane d’Erdogan

Turquie-Proche-Orient : La stratégie néo-ottomane d’Erdogan

Par Alexandre del Valle


Depuis l’arrivée au pouvoir en Turquie, en 2002, du parti de la Justice et du Développement (AKP), d’inspiration islamiste et anti-kémaliste, la Turquie a connu une mutation économique, politique, stratégique et socio-religieuse impressionnante. Construction de mosquées, renvoi des militaires dans leurs casernes ou en prison, autorisation du port du voile islamique (türban) dans les écoles ; retour géopolitique de la Turquie dans ses anciennes possessions du Proche-Orient, candidature à l’Union européenne, projets de suppression du serment des députés faisant référence à la laïcité et à Atatürk, etc. L’actuel Premier ministre Recep Taiyp Erdogan, fondateur de l’AKP et ex-maire d’Istanbul, qui déteste - comme tous les islamistes – l’idéologie laïque de Mustapha Atatürk (fondateur de la Turquie moderne qui abolit le Califat en 1924), tient particulièrement au projet de révision de la Constitution turque (prévu d’ici mars 2014), officiellement pour l’adapter aux « normes européennes de démocratie », mais en réalité pour faire sauter les derniers verrous laïques-kémalistes qui empêchent l’AKP de réislamiser la Turquie. Cette Constitution, forgée par les militaires en 1982, interdit les partis islamiques et garantit la laïcité de la Justice et de l’Etat. Comme les révolutionnaires islamistes issus des frères musulmans qui veulent rétablir progressivement la Charià au nom de la démocratie, l’AKP se réclame des principes démocratiques de l’Union européenne pour justifier le démantèlement des institutions kémalistes, notamment les pouvoirs politiques des militaires. Et l’estocade finale au modèle militaro-kémaliste laïque a été portée par l’AKP depuis 2008, avec la condamnation et l’incarcération de militaires anti-islamistes et de journalistes et militants nationalistes-laïques accusés d’appartenir à un groupuscule secret qui projetait de renverser l’AKP («complot Ergenekon »). Ironie de l’histoire, ces militaires condamnés par des tribunaux turcs repris en main par les islamistes, sont ceux-là mêmes qui emprisonnèrent M. Erdogan en 1997 pour « incitation à la haine religieuse », l’ancien maire d’Istanbul et son parti, l’AKP, savourent ainsi leur revanche. Et en digne héritier du Sultan-Calife ottoman, Erdogan vient d’annoncer fièrement que deux nouvelles super-Mosquées vont être édifiées à Istanbul, l’une sur la place Taksim, symbole de la Turquie moderne, véritable pied de nez aux défenseurs de la laïcité, et l’autre -d'une capacité de 30 000 places, inspirée de la Mosquée bleue, qui dominera le Bosphore depuis la plus haute colline de la ville, Camlica. 

Dirigeant « islamo-populiste » par excellence, Recep Tayip Erdogan prépare, certes, les élections présidentielles de 2014 et législatives de 2015. Mais s’il joue habilement la carte de la réislamisation, à la mode partout dans le monde musulman, c’est aussi pour permettre à la Turquie post-kémaliste de reprendre pied dans ses anciennes possessions ottomanes (Egypte, Gaza-Palestine, Liban-Syrie, Maghreb, Balkans, etc). D’où les surenchères verbales du Premier Ministre turc et de son Ministre des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu pour dénoncer Israël et récupérer la « cause des causes », celle des Palestiniens. Ankara a donc pleinement approuvé l’obtention, par la Palestine, d’un statut d’Etat observateur à l'ONU, Erdogan appelant à la création d’un "État palestinien avec Jérusalem-est comme capitale", véritable casus belli pour Israël, avec qui la Turquie est pourtant formellement liée par un traité.

Comme l’hôpital se moquant de la charité, Erdogan déplore continuellement que la Palestine est « sous occupation israëlienne ». Quant à Davutoglu, adepte du “néo-ottomanisme” et du rapprochement avec les arabes”, il a déclaré, lors du récent sommet de l'Organisation de la coopération islamique (OCI, tenu à Djibouti), que les « attaques, dans la Bande de Gaza - “ prison à ciel ouvert” - sont un crime contre l'Humanité". Il est vrai que depuis l’affaire de la flotille de Gaza, en 2010 (commandos israéliens ayant tué neuf militants pro-palestiniens turcs qui tentaient de briser le blocus de Gaza à bord d'un ferry turc chargé d'aide humanitaire en mai 2010), Erdogan a trouvé un prétexte pour dénoncer toujours plus violemment son ex-allié Israël, meilleure façon de séduire à la fois la « rue turque » et la dite « rue arabe ». Mais les déclarations d’indignation du Premier Ministre turc reprochant à Israël, vendredi dernier, d’appuyer la construction de 3000 logements dans des colonies juives sonnent comme une « accusation-miroir ». Car les islamo-nationalistes populistes de l’AKP sont assez mal placés pour critiquer l’occupation et la colonisation de la Palestine par les Israéliens, eux qui sont si fiers d’avoir occupé ces même lieux pendant des siècles, et qui défendent le droit de la Turquie à occuper puis à coloniser, depuis 1974, 37 % du Nord de Chypre, pays pourtant membre de l’Union européenne. Mieux, Ankara refuse toute reconnaissance, même indirecte, du gouvernement légal de Chypre, et boycotte les réunions avec l’UE que Chypre en détient la présidence tournante (jusqu’à fin décembre). Rappelons que l’occupation de Chypre est condamnée depuis 1974 par les Nations Unies, qui exigent le retrait des troupes turques, et que Ankara n’y a aucun droit. Malgré cela, la Turquie d’Erdogan voudrait être admise dans l’UE sans reconnaître l’un de ses membres (chypre). Plus ubuesque encore, Ankara menace actuellement militairement le gouvernement la République (légale) de Chypre, membre de l’UE, parce qu’elle a accordé quatre licences d'exploration de gaz au pétrolier français Total, à un consortium franco-russe puis à un consortium italien (ENI) et sud-coréen (Kogas), et elle menace aussi d’exclure de ses futurs projets énergétiques toutes ces compagnies internationales qui ont signé des accords d'exploration du gaz dans les eaux territoriales de Chypre. 

Par ailleurs, la Turquie de l’AKP, si encline à défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes quand il s’agit des Palestiniens, a toujours refusé de reconnaître le droit à l’autodétermination du Kurdistan, pourtant officiellement reconnu lors du Traité de Sèvres de 1920, comme d’ailleurs l’Arménie. Certes, personne ne songe à revenir au Traité de Sèvres de 1920 ou à remettre en questions les frontières de ce pays, sachant que nombre d’autres nations ont fixé leurs frontières par la guerre. Et il ne s’agit pas non plus d’exiger des Turcs qu’ils reconnaissent l’indépendance du Kurdistan (à cheval sur la Syrie, l’Irak, l’Iran et la Turquie), qui risquerait de faire éclater ces pays. Nul ne songe non plus à recréer une Arménie occidentale dans l’Est de la Turquie, vidée de ses Arméniens entre 1898 et 1923, lors des génocides des populations arméniennes et assyro-chaldéennes (chrétiennes) d’Anatolie, crimes contre l’humanité reconnus par les Nations mais officiellement niés par Ankara. Mais il est clair que le gouvernement islamo-populiste turc est mal placé pour parler de « crimes contre l’Humanité » à Gaza à propos des raids israéliens contre les terroristes du Hamas et du Jihad islamique, alors qu’il revendique haut et fort le droit de réprimer les « terroristes » kurdes, dont la cause n’est, dans l’absolu, pas moins légitime que celle du Hamas. Rappelons que la guerre entre Ankara et les Kurdes a déjà fait 100 000, bien plus que le conflit israélo-palestinien. Les nationalistes laïques et les militaires turcs, opposés à l’AKP, sont donc de ce point de vue plus cohérents que les islamistes : ils ne prétendent pas intégrer une Union européenne tout en refusant de reconnaître la République de Chypre ; ils ne défendent pas les terroristes islamistes palestiniens ou syriens tout en revendiquant le droit de réprimer le terrorisme kurde; et ils n’utilisent pas pour les Palestiniens le terme de “crimes contre l’humanité” qu’ils ne veulent pas que d’autres l’emploient contre la Turquie. 

Quant à lui, le très susceptible Calife néo-ottoman Erdogan voudrait à la fois le beurre, l’argent du beurre et enlever la laitière…

dimanche 25 novembre 2012

Turquie : Pınar Selek...

Turquie : Pınar Selek doit être définitivement acquittée

par Etienne Copeaux
mercredi 21 novembre 2012
 

Ce jeudi 22 novembre 2012, l’historien Étienne Copeaux sera à Istanbul pour assister à une nouvelle audience du procès de Pınar Selek, à cette occasion, il lira une déclaration à la presse dont vous trouverez le texte ci-dessous.

Cela fait 14 ans maintenant que la justice turque s’acharne sur la sociologue, les renvois se multiplient malgré 3 acquittement successifs. Il n’y pas d’autre explication à cet acharnement que la volonté de punir hors de de toutes les règles du droit, une jeune femme dont les seuls torts sont d’avoir remis en question tous les tabous et les dénis de la société turque et d’avoir ensuite refusé de se soumettre.


Pınar Selek


EC : " Je suis historien français, spécialiste de la Turquie, et je suis venu comme observateur de cette nouvelle audience du procès de Pınar Selek pour témoigner de ma préoccupation et de mon soutien.



Je vivais à Istanbul à l’époque de l’explosion accidentelle du Marché Egyptien, en juillet 1998. Chacun le sait, c’était une période très dure dans la guerre menée au sud-est, et la chasse aux prétendus « terroristes » était féroce. C’est une période qui ressemble étrangement à celle que vit la Turquie aujourd’hui.



Pınar Selek s’intéressait de près à des sujets politiquement sensibles : les différentes formes de marginalité dans la société, et les mouvements politiques kurdes. Elle ne se contentait pas d’observer à distance : elle a toujours été une sociologue impliquée. Au cours de l’immense travail qu’elle a réalisé, elle n’a accompli que des actes légaux. Pourtant, elle a été arrêtée et torturée, puis inculpée d’avoir fomenté ce prétendu « attentat » du marché égyptien.



Je connais donc l’affaire depuis le début, l’arrestation, puis la libération de Pınar et son acquittement.



Mais en 2006, j’ai été sidéré d’apprendre que Pınar Selek était toujours poursuivie, malgré son acquittement et les rapports d’expertise qui l’innocentaient.



Aussi, en février 2011, je suis venu lui témoigner ici de mon soutien.



J’ai partagé la joie de ses amis, lorsqu’elle a été acquittée pour la troisième fois. Tout me semblait plus beau, plus brillant, dans ce pays que j’aime. Cet acquittement me semblait présager la continuation de la politique d’ouverture, un assouplissement. Puis, j’ai partagé la déception et l’amertume lors de la remise en cause de cet acquittement, et chaque fois que Pınar Selek a subi un déni de justice.



Car c’est bien de cela qu’il s’agit : la sociologue a été acquittée trois fois, les chefs d’inculpation n’ont pas résisté aux expertises, il n’y a plus de charge contre elle. Pourtant le jugement est sans cesse reporté, et lorsqu’un jugement est prononcé en sa faveur, il est cassé.



Ce déni de justice est à l’origine d’une peine extra-légale : l’extension indéfinie de la durée d’un procès ; il s’agit d’une véritable torture psychologique qui empêche le ou la prévenue de vivre une vie normale. Selon la Convention européenne des droits de l’homme (art. 6), que la Turquie a signée, « Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue (...) dans un délai raisonnable ». Est-ce que la justice turque estime « raisonnable » un délai de quatorze ans pour juger un crime qui n’a pas été commis ?



Pınar Selek a déjà été emprisonnée durant deux ans et demi, pour rien. Elle sait que si elle rentre en Turquie, elle risque à nouveau la prison. Elle est donc contrainte à l’exil, pour pouvoir vivre normalement et continuer ses travaux de recherche, car elle est une travailleuse infatigable. C’est donc une peine de relégation extra-judiciaire qui a été infligée à Pınar Selek, comme à de nombreux autres citoyens turcs. Ainsi par la simple menace, par la pression du système juridique, la Turquie peut se débarrasser de certains intellectuels qu’elle juge gênants.



Non seulement c’est une violence extra-légale faite aux opposants, mais c’est une perte absurde pour le pays. Les intellectuels de la trempe de Pınar Selek sont une richesse, ils représentent l’avenir.



Certes, cela a été un honneur pour nous, en Allemagne, puis en France, de l’accueillir. Mais son pays est la Turquie, sa ville est Istanbul, son terrain de recherche est ici.



Nous clamons tous que Pınar Selek n’est pas seule, et il est réconfortant qu’elle ait de nombreux amis et soutiens dans de nombreux pays.



Mais nous sommes informés, nous lisons la presse turque et observons ses médias, et nous savons que malheureusement Pınar Selek n’est pas seule dans son cas ! Il y avait déjà eu des cas de répression célèbres, comme celui d’Ismail Besikçi. Mais l’affaire Selek a été suivie de tellement d’autres, touchant des milliers d’étudiants, des dizaines de journalistes, des intellectuels, traducteurs, professeurs, écrivains, que nous sommes très inquiets.



Certes, la Turquie a les apparences d’un Etat de droit ; mais le droit est construit pour exercer la contrainte, la justice est transformée en un instrument de répression : elle atteint un degré d’état d’exception, de régime autoritaire et coercitif, qui cherche à intimider sa population et à imposer le silence.



J’ai déjà mentionné le déni de justice, la prolongation indéfinie de certains processus judiciaires ; je dois mentionner aussi l’outrepassement du droit, qui fait que les juges peuvent estimer qu’une répétition de certains actes légaux peut devenir « signe d’appartenance à une organisation terroriste » et justifier à leurs yeux l’incarcération et une lourde condamnation. Nous en avons observé des exemples l’été dernier. Les Français, en particulier, le savent bien depuis que l’une de leurs compatriotes, Sevil Sevimli, a été arrêtée.



Nous sommes inquiets pour la Turquie et son avenir politique, mais nous sommes aussi inquiets pour l’Europe.



Car tout ceci ne concerne pas seulement la Turquie.



La Turquie est candidate à l’intégration dans l’Union européenne et tout ce qui se passe ici nous regarde en tant que citoyens européens. La Turquie, Etat coercitif, dispose déjà par divers moyens de leviers d’intervention dans les pays d’Europe.



Mais si la Turquie devient un Etat membre, elle disposera alors de l’arme du « mandat d’arrêt européen » qui lui permettrait de faire arrêter une personne poursuivie dans n’importe quel pays de l’Union, et de la faire livrer à la police turque.



En outre, la Turquie représente un singulier « modèle » de pays où l’extrême-droite et l’ultra-nationalisme sont puissants et exercent leur influence sur l’Etat depuis des décennies. C’est un « modèle » qui pourrait être copié. En France, lorsque la droite est au pouvoir, nous voyons surgir dans les pratiques politiques des éléments qui prévalent en Turquie, et cela nous fait peur.



C’est pourquoi, en tant que Français, en tant qu’Européens, nous avons le devoir de nous intéresser à la Turquie, à ce « modèle » ultra libéral et répressif, et de l’analyser.



Je souhaite à mes amis turcs le bonheur de pouvoir vivre dans un pays démocratique, libéré d’une guerre qui dure depuis bientôt trente ans – et nous avons appris en France à quel point ce genre de conflit peut mettre en danger la démocratie.



Pınar Selek doit être définitivement acquittée !



Et ni Pınar Selek, ni les milliers de personnes emprisonnées ou en attente d’un jugement ne sont seuls ! Nous nous informerons, nous observerons, nous diffuserons les informations, jusqu’à ce que la Turquie soit rendue à la démocratie ! "


Sources

Soutien à Pınar Selek - 22 novembre Etienne Copeaux - susam-sokak.fr - 17 novembre 2012

vendredi 23 novembre 2012

L'Hiver islamiste

Revue géopolitique de
l'Institut Tchobanian

L'Hiver islamiste

Europe&Orient n°15
Français-Anglais

ISBN : 978-2-917329-481
ISSN : 1773-9802
132 pages
Format 16x24cm Prix : 10 €
parution le 3 décembre 2012
http://editions.sigest.net/page0001014d.html


mardi 20 novembre 2012

Azerbaijan’s Consul in Los Angeles

Azerbaijan’s Consul in Los Angeles
Needs to Learn How to Use a Laptop

By Harut Sassounian
Publisher, The California Courier 

[extracts]

A funny thing happened to the Consul General of Azerbaijan on his way to make an audio-visual presentation at the Los Angeles World Affairs Council last week. 
Consul General Nasimi Aghayev stepped up to the podium, turned on his fancy laptop, and proudly urged the audience to watch scenes of Azerbaijan on a large screen on the wall. To his horror, nothing but a frozen partial image appeared on the overhanging screen. The Consul’s aides and the World Affairs Council’s president rushed to the stage and began pushing all sorts of buttons on the laptop, as the guests waited impatiently. Mr. Aghayev not only was unable to showcase his native land, he could not even present his speech, because the text was locked up in his uncooperative laptop! 
In desperation, the Azeri diplomat began speaking off the cuff, after pulling a piece of paper from his pocket on which he had scribbled some notes. This was the inauspicious start of an evening that was intended to show off Azerbaijan’s impressive advances and dazzle the audience with high-tech gadgets. 

[...]

The incident with the Consul General’s laptop is symptomatic of a much larger problem for Azerbaijan. The country’s leaders have spent billions of dollars to acquire a massive amount of advanced military hardware. But, if they don’t know which button to push, the sophisticated weaponry will be as useless as Mr. Aghayev’s laptop! 
Rather than labeling the Armenian Diaspora as Azerbaijan’s "main enemy," Pres. Aliyev should be more worried about his diplomats who cannot use a laptop! Incompetent officials are more of a liability for Azerbaijan than the Armenian "enemy"!

samedi 17 novembre 2012

Syrie, géopolitique d'une guerre


Syrie, géopolitique d'une guerre




Jean Géronimo a été invité, le 16 novembre 2012, à l'émission 

Regard sur l'événement

sur la radio RCF au sujet du conflit en Syrie.

Au-delà de toute réserve diplomatique, la France a reconnu la Coalition nationale syrienne des forces de l'opposition et de la révolution. Comment comprendre cette stratégie ? Décryptage proposé par Pascal Maguesyan.



Jean Géronimo, auteur du livre "La Pensée stratégique russe- La guerre tiède en eurasie", (Sigest, 2012) a écrit aussi un article détaillé sur le conflit syrien dans la revue Europe&Orient n°15 à paraître en début décembre.  





Vous pouvez écouter l'émission en cliquant ici

lundi 12 novembre 2012

THE POLICY OF XENOPHOBIA OF THE HEAD OF THE AZERBAIJANI STATE



“POLITICAL SCIENTISTS AGAINST THE POLICY OF XENOPHOBIA OF THE HEAD OF THE AZERBAIJANI STATE. WHO IS BURIED – AS A MATTER OF FACT – IN GUBA?”

Dr. Hayk Kotanjian



The proposal to publish the address of Political Science Association of Armenia was made by its Chairman, Hayk Kotanjian, Doctor of Political Sciences (RF), Distinguished Visiting Faculty at INSS, NDU (US). The following is the text of the address:

ADDRESS TO THE PRESIDENT OF THE NATIONAL ACADEMY OF SCIENCES OF AZERBAIJAN REGARDING THE PROPOSAL TO EXAMINE THE DISCOVERED BURIAL SITE IN GUBA - AIMING FOR ITS OBJECTIVE SCIENTIFIC IDENTIFICATION

Recently, the Azerbaijani mass media has engaged in the dissemination of information on plans to build a memorial to the genocide victims on the mass burial site in Guba, a town in northern Azerbaijan, initiated by the Heydar Aliyev Foundation.[1] The construction of the memorial started in 2010 in compliance with the order of the President of Azerbaijan, Ilham Aliyev.[2] This fact is becoming a point for political manipulation targeting an escalation of xenophobia and cultivating anti-Armenian sentiment. As a result of the visits at the given burial site by the President of Azerbaijan interspersed with Armenophobic comments, it is becoming a visiting site for foreign delegations in accordance with official state protocol.[3] Meanwhile, in terms of contradictory information on the examination of the cemetery, the very fact of burial and the objectivity of its identification requires international scientific review. The neighbouring country authorities’ official version actively circulating over the burial site is that the remains belong to the victims of the genocide allegedly committed in 1918 by the Armenians against the Jews living in Guba at that time. However, as the documents of the Central State Historic Archive of Russia attest, at that time, relations between the Armenians and the Jews were marked by exceptional friendliness and mutual trust: cases were observed when the Jews, in order to avoid persecution within the Russian Empire, expressed a “strong will to adopt Christianity according to the Armenian rite,” some of whom, thereby, under the cover of the Armenian Apostolic Church, besides protection from persecutions in Russia’s territory were also given an opportunity to covertly maintain their identity as well.[4] 

Before the campaign for engaging the Jewish Diaspora organizations in the political manipulation over the discovered remains there appeared a version that the discovered remains belong to Muslims. “Anthropological studies have confirmed that these people are Muslims,” according to an Azerbaijani source, Maisa Rahimova, the head of the Institute of Archaeology and Ethnography, National Academy of Sciences (NAS) of Azerbaijan said. She confirmed that the discovered burial site was evidence of atrocities committed by the Armenians in Guba in 1918.”[5]  In these terms, Dr. Asker Aliyev, PhD in History, having participated in the expedition attests to the fact that “among a great number of skulls and child’s bones only 35 undamaged skeletons were found. No hair, remnants of clothes or things were found in the pits.”[6] Namely, the Azerbaijani participant of the expedition affirms that there are not any archaeological facts which could be indicative of relevant religious-confessional features of the buried people. Thus, the version of Muslim victims which has no archaeological grounds is released. The given unproven hypothesis was adapted with time to the version of victims from the Jewish inhabitants of Guba. Lately, information was made public about the visit at the mentioned mass burial site by the delegation of the Council of Representatives of the Jewish Institutes of France which was on a visit to Azerbaijan.

Meanwhile, there are also other versions explaining the discovered burial site. In the view of the president of the NAS of Azerbaijan, the remains discovered in Guba may be the result of both a mass destruction of people and an epidemic.[7] The authoritative “Britannica Encyclopaedia,” in the article “Azerbaijan,” refers to the 1918 expedition of Turkish forces of Nuri Pasha fighting their way forward with the locals to Baku which in September of the same year ended with a massacre of thousands of Baku Armenians.[8] As follows from the Turkish sources, Khalil Pasha having participated in the seizure of Baku confesses in his memoirs that the atrocities of Nuri Pasha against the Armenians, mass executions and massacres stirred up the resentment of the German officers serving in the Turkish army who described the actions of the Turkish command as “a mass massacre of Armenians,” and unwilling to be involved in it they resigned and returned to Tiflis.[9] The people of Guba could become victims of this military expedition during which in August of 1918 the Turkish forces seized Guba inhabited mostly by non-Turkic peoples of different faiths: Lezgins, Khinaligs, Krizes, Budugs (Muslims); Armenians and Udins (Christians); Mountain Jews (Judaists); Tats (Muslims, Christians, Judaists); and Molokans. [10]

The “Guban” impulse of xenophobia in relation to the Armenians, endeavouring to manipulatively involve the Jewish Diaspora in the process of intensifying anti-Armenian sentiment, as evidenced by the Azerbaijani sources, is set by the head of our neighbouring state, whose order to build a memorial of the genocide virtually canonizes the unverified version concerning the culprits of mass death of people buried in the excavated graves in the north of Azerbaijan as well as their ethnic confessional features. These days, the policy of stirring up anti-Armenian sentiment among the Azerbaijani people is becoming more and more evident, especially after the cynical acquittal and rewarding of the murderer of his sleeping colleague during the NATO training program, which aroused the indignation and criticism of leaders of numerous states and international organizations.[11] The policy of xenophobia in reference to the Armenian nation, widely cultivated by the head of the Azerbaijani state, who publicly announced to the world that Armenians as the enemies of Azerbaijan, not even being squeamish about falsifying the genuine history of the relationship between the nations, including the Armenians and the Jews, is now trying to draw the international community into the orbit of political manipulation.[12]

In January 2012, Professor Levon Yepiskoposyan, Doctor of Biological Sciences, aiming to academically establish the truth about the Guba mass graves, sent a letter to the President of the NAS of Azerbaijan, Academician Mahmud Kerimov. Professor Yepiskopsyan, as the Academic Head of the Group of Human Genetics of the Institute of Molecular Biology of the NAS of the Republic of Armenia and as the President of the Armenian Anthropological Society made a proposal to initiate a qualified international expert review of the human remains found in Guba. Unfortunately, up to this day that letter has received no responded. 

In assistance to its colleague, in his address to the President of the NAS of Azerbaijan, the Political Science Association of Armenia feels compelled to render to the international community the full text of Professor Yepiskopsyan’s letter seeking an objective expert examination of facts aimed at unveiling the truth and to put an end to the xenophobic speculations on Guba burial site.


PROFESSOR YEPISKOPSYAN’S LETTER TO M. K. KERIMOV,
THE PRESIDENT OF THE NATIONAL ACADEMY OF SCIENCES OF THE REPUBLIC OF AZERBAIJAN

Yerevan
11 January 2012

To Academician M. Kerimov, President of the National Academy of Sciences of the Republic of Azerbaijan

Honorable Mr. Kerimov!

Once again I am requesting you to initiate a joint examination of human remains found recently in the mass grave in the north-western part of Azerbaijan to be conducted by Azerbaijani and Armenian experts (with possible involvement of experts from other countries).

What I mean is the discovery of the two wells with buried bodies in Guba town in April 2007. At that time Professor M. Rahimova, the head of the Institute of Archaeology and Ethnography of the National Academy of Sciences of the Republic of Azerbaijan, announced that “the anthropological studies confirm that those people were Muslims.” In your turn, on 18 April 2007, you declared that Azerbaijani scientists were to carry out a preliminary expert review of the remains found. It was also noted by you that the “remains found in Guba might be either the result of a mass massacre of people, or an epidemic.” That was a pure academic evaluation of the problem, and relevant experts were to be charged with its solution. 

Unfortunately, the results of the expected research, if they actually were carried out, were not published. Instead, some people, very far from of the academic science, undertook the political exploitation of this topic. Without any grounds the remains found were ascribed to the culprits of the punitive acts by the Baku Council, namely to Hamazasp’s unit, and as for the graves, depending on situation, they were acknowledged either Azeri, or Jewish, or Lezgin.

Today guests hosted in Azerbaijan are led to the graves found, and they are told about “the Armenians’ atrocities towards the Azerbaijanis.” On 30 December 2009, the president of the Azerbaijani Republic issued a decree on the construction of the Genocide Memorial Complex in Guba. This order by the Head of the state formally legitimated the politically engaged version of the cause of the people’s death, which was neither verified by independent experts, nor sustained by scientific research.

On 10 February 2010, I addressed to you and the Head of the Institute of Archaeology and Ethnography of the National Academy of Sciences of Azerbaijan with a proposal to let our experts participate in the joint anthropological and genetic examination of the remains found in Guba. Alas, there was no answer.

We have all the grounds to presume that this very examination of the human remains found in Guba either was not carried out, or its results were not made public. Taking into account the consequence of future politicization of that problem, I again turn to you requesting to allow our specialists-anthropologists and genetics, highly experienced in the world’s leading laboratories, take their part in the examination of the remains found in Guba. I am quite sure that the results (whatever they may be) of an impartial joint scientific research will unveil the genuine cause and circumstances of the people’s tragic mass death which took place almost a century ago.

Yours faithfully,

Levon Yepiskoposyan, 
Doctor of Biological Sciences, 
Academic Head of the Group of the Human Genetics of the Institute of Molecular Biology 
of the National Academy of Sciences of the Republic of Armenia
President of the Armenian Anthropological Community.



[1] “Французские евреи испытали ужас от массового захоронения в Губе”. 27 октября 2012 АзерТАдж: - http://news.day.az/politics/363021.html.

[2] Французские евреи сравнили массовое захоронение в Губе с музеями Холокоста. Aze.az. 27 октября 2012: - http://aze.az/news_francuzskie_evrei_sravnil_83886.html

[3] Президент посетил место захоронения жертв геноцида в Губе”. AZE.az, 18 сентября 2009: -

“Делегация Ирака посетила массовое захоронение жертв геноцида в Губе”: -http://vesti.az/news.php?id=120848
“Группа депутатов и журналистов посетила в Губе место массового захоронения жертв армянского геноцида”, azeri.ru, 31 марта 2009 : - http://azeri.ru/papers/news-azerbaijan/42414/

“Молодежь Литвы посетила место массового захоронения жертв геноцида в Губе”, ilk10.az, 28 Авг. 2012: -

[4] “Почему и как Российские евреи принимали христианство по армянскому обряду (1910-1915гг.)”. Документы и материалы  Центрального Государственного  Исторического Архива России. Подборка. Составитель и автор введения академик НАН РА Вардгес Микаелян, Ереван, “Наири” 1999.
[5] “Комиссия, исследовавшая массовое захоронение в Губе, подтвердила принадлежность останков жертвам геноцида азербайджанцев в 1918 году”. Day.az, 13 апреля 2007: -  http://news.day.az/politics/76285.html.

[6] Там же. “: - http://news.day.az/politics/76285.html

 

[7] “Махмуд Керимов: «Пока рано делать выводы по выявленному массовому захоронению в Губе”: -

http://news.day.az/politics/76866.html.

 

[8] «Allied with the advancing Turkish army, in September 1918 the Azerbaijani nationalists secured their capital, Baku, and engaged in a massacre of the Armenians.» Independent Azerbaijan, Britannica: http://www.britannica.com/EBchecked/topic/46781/Azerbaijan/44298/Russian-suzerainty.
[9] Halil Pasa, Ittihat ve Terakki’den Cumhuriyet’e Bitmiyen Savas, Istanbul, 1997, ss. 227-230. 
[10] Sevket Sureyya Aydemir, Suyu Arayan Adam, Istanbul, 1997, ss. 310-321

BAKU EXPEDITION OF 1917–1918: A STUDY OF THE OTTOMAN POLICY TOWARDS THE CAUCASUS.” CHAPTER IV: THE BAKU OPERATION BY CAUCASUS ISLAM ARMY (JUNE 1918-OCTOBER 1918)” by YALÇIN MURGUL, the Department of History Bilkent University, Ankara, September 2007, p. 113-209: - http://www.thesis.bilkent.edu.tr/0003428.pdf.

[11] President Obama is deeply concerned by today’s announcement that the President of Azerbaijan has pardoned Ramil Safarov following his return from Hungary”. The White House. Office of the Press Secretary. Statement by NSC Spokesman Tommy Vietor on Azerbaijan’s Decision to Pardon Ramil Safarov, August 31, 2012: -

[12]  “First, our main enemies are Armenians of the world…”. Ilham Aliev, President of Azerbaijan, CLOSING SPEECH BY ILHAM ALIYEV AT THE CONFERENCE ON THE RESULTS OF THE THIRD YEAR INTO THE “STATE PROGRAM ON THE SOCIOECONOMIC DEVELOPMENT OF DISTRICTS FOR 2009-2013”, 28 FEBRUARY 2012: - http://en.president.az/articles/4423