Valérie Bugault
était l'invitée de Anne-Laure Maleyre pour parler de son livre
Du Nouvel Esprit des Lois et de la monnaie
https://edsigest.blogspot.com/2017/05/du-nouvel-esprit-des-lois-et-de-la.html
dimanche 17 juin 2018
mardi 12 juin 2018
mardi 1 mai 2018
Sardarabad : saison 2
Sardarabad : saison 2
Varoujan Sirapian
directeur de E&O
Erevan, 1er mai 2018
A la veille de mon retour en France, j’ai laissé tout de côté
pour sortir dans la rue ce 1er mai, pour être parmi les
manifestants, très nombreux autour de la place de la République d’Erevan, dans
les rues adjacentes, réunis dans l’attente de l’élection du candidat du peuple,
Nikol Pachinian, au poste du Premier ministre.
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| La foule a commencé à se réunir autour de Laplace de la République à partir de 9h. A la fin de la journée il y avait plus de 150000 personnes. |
Plus de 100000 personnes, d’Erevan mais aussi venues des
régions, unies, plein d’espoir, fiers de leur lutte qui dure depuis deux semaines,
dont la première victoire s’est concrétisée avec la démission de l’éphémère Premier
ministre et ex-président Serge Sargsyan.
Alors que le parti Républicain avait annoncé de ne pas
présenter un candidat à l’élection du nouveau premier ministre, alors que les deux
partis de la coalition Arménie Prospère et la FRA avaient annoncé qu’ils allaient
voter pour Nikol Pachinian, ce dernier n’était pas du tout convaincu que la
partie était gagnée d’avance.
Résistance du parti républicain
Il avait raison. Les débats qui ont commencé dans l’enceinte
du parlement à 12h avec le discours de l’unique candidat se sont éternisés avec
26 députés inscrits pour poser des questions, dont la majorité appartenait au
Parti Républicain. Il était évident que le parti au pouvoir avait décidé de
jouer la montre et user aussi bien le candidat que les manifestants.
A 20h45, après le discours de clôture de Nikol Pachinian on
a procédé au vote sans possibilité d’abstention. En 30 secondes le verdict est
tombé : 45 pour, 56 contre. Les députés des partis Yelk, Arménie Prospère
et la FRA ont voté pour. La totalité des députés de la PRA contre. Le candidat
n’est pas élu. RDV dans 7 jours. Si encore une fois il n’y a pas d’élu le
parlement s’autodissoudra pour aller à de nouvelles élections. Ce que ne veut
pas Nikol Pachinian, puisque aucune élection n’aura de légitimité selon lui si
elle est organisée par l’actuel régime.
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| Nikol Pachinian, "le candidat du peuple" lors de son discours d'ouverture au Parlement |
Arménie rentre dans une zone de turbulence.
Il y a cent ans en mai
1918 Arménie a failli disparaître à Sardarabad. L'armée turque était décidée d’éradiquer
ce qui restait de l’Arménie historique (suite au génocide de 1915-1917). Dans
un dernier sursaut les Arméniens, le couteau sous la gorge, mal équipés et en
sous nombre, ont battu l’armée turque contre toute attente.
Aujourd’hui, l’Arménie
est en danger de disparition à cause d’une gouvernance oligarchique depuis une
vingtaine d’année, qui pousse la population à émigrer en masse.
Nous sommes peut-être à
la veille d’un autre Sardarabad, cette fois contre des ennemis intérieurs.
lundi 23 avril 2018
L’ère après Homo sovieticus
L’ère après Homo sovieticus
Le mardi 17
avril dans l’après-midi, quand je me suis assis sur un banc près du ministère
des Affaires étrangères pour observer et écouter les manifestants qui
conspuaient le nouvellement élu Premier ministre, Serge Sargsyan, je
n’imaginais pas que celui-ci présenterait sa démission une semaine après.
Il y avait
milliers de personnes, en majorité des jeunes, dans la rue Vasguen Sargsyan,
bloquée dans les deux sens entre la place Shahoumian et le Hrabarag (pl. de la
République). J’entendais le slogan devenu un hashtag depuis quelques jours,
« Kayl ara, merjir Serjin » (Bouge ! Récuse Serge) ou
« Miatsek ! » (Rejoignez-nous)
Alors que
j’étais assis à peine depuis quelques minutes trois jeunes se sont rapprochés :
« Excusez-nous hopar (mot
traditionnel pour désigner oncle) on aura besoin de ce banc ». J’ai
compris qu’ils allaient l’utiliser pour bloquer la circulation. Je me suis
levé. « Excusez-nous encore pour le désagrément » m’ont-ils lancé
avant d’emporter le banc à l’angle de la rue Khorenatsi et de la rue Beyrouth.
Ce court
échange montrait le comportement de ces jeunes manifestants, très souvent des
étudiants ; poli, calme, pratiquant la désobéissance civile sans violence (Ça change de Tolbiac !).
C’est la
force de ce mouvement qui, contre tout attente, a obligé le Premier ministre à
jeter l’éponge au bout de 11 jours de manifestations incessantes à Yerevan mais
aussi à Gyumri, à Vanadzor et pas plus tard qu’hier, dimanche, dans la région
de Martuni, où je me suis trouvé bloqué par un barrage sur la route de retour
d’Artsakh vers la capitale.
Le bref face
à face, très tendu, entre Serge Sargsyan et Nikol Pachinian, le dimanche 22
avril dans la matinée, à l’hôtel Armenia, et la menace à peine dissimulée du Premier
ministre (« N’avez-vous pas retenu la leçon du 1er mars »
faisant allusion aux manifestations de 2008 lors de son élection comme
président, qui avait fait 10 morts et centaines de blessés) ne présageait pas
une issue aussi rapide à cette situation qui s’orientait vers une impasse tant
les demandes de Nikol Pachinian apparaissaient radicales, notamment la
démission du PM, en plus d’une absence totale de programme.
Le député
d’opposition a gagné son pari, l’homme le plus détesté du pays a quitté son
poste, le peuple est en liesse ce soir et fête la victoire dans une ambiance
fraternelle jamais vu depuis le « mouvement Karabagh » de 1988.
Reste à ne
pas gâcher cette énergie et surtout à ne pas décevoir le peuple. Espérons que les
Homo sovieticus laisseront la place à
une nouvelle génération, tout simplement à des patriotes arméniens ayant en
tête qu’une chose : la défense des intérêts de ce jeune pays…
Varoujan SIRAPIAN
Directeur de Europe&Orient
Erevan, le 23 avril
2018
mardi 13 mars 2018
Réponse de la Syrie à la France
Réponse de la Syrie à la France
D’ordre de mon gouvernement et en réponse à la lettre du
Représentant permanent de la France datée du 7 février 2018 (S/2018/104),
je vous informe de ce qui suit :
La lettre susmentionnée adressée au Président du Conseil de sécurité par le Représentant permanent de la France le 7 février 2018 montre indéniablement que le Gouvernement en place n’a aucune intention de changer de ligne politique par rapport aux gouvernements précédents et continue de soutenir le terrorisme et de protéger les organisations terroristes. Ce comportement a nui à la réputation de la France dans la région et dans le monde entier et l’a classée parmi les pays qui troquent la vie et la dignité des Syriens contre une poignée de pétrodollars et quelques barils de pétrole.
La République arabe syrienne rejette les positions hostiles de la France, qui visent à exercer une plus grande pression politique et à menacer la souveraineté syrienne de façon agressive. En outre, tant qu’elle soutiendra le terrorisme et que ses mains tremperont dans le sang syrien, la France ne sera pas en mesure de jouer le moindre rôle dans l’instauration de la paix en Syrie et n’aura pas son mot à dire sur les affaires intérieures de ce pays.
La République arabe syrienne engage le Conseil de sécurité à mettre fin aux agissements de la France, qui entament la crédibilité du Conseil, contreviennent à ses résolutions, bafouent la Charte des Nations Unies et permettent aux terroristes d’être entendus, représentés et protégés au sein même du Conseil. En outre, par ces pratiques, la France ne se conforme pas au rôle qui devrait être celui d’un membre permanent du Conseil de sécurité.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente lettre comme document du Conseil de sécurité.
Bachar Ja’afari
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