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mercredi 17 janvier 2018

Le problème de Skopié

Le problème de Skopié

Nikos Lygeros


Le problème de Skopié ne sera pas résolu avec des compromis. Et l'exemple de la France, qui n’a fait aucun compromis à aucun moment en 1973 pour le nom du Royaume-Uni, lequel voulait à l'origine s'appeler Grande-Bretagne, est un exemple à imiter par ceux qui ont une pensée stratégique.

La diplomatie a ses limites quand il y a une stratégie dominante. Parce que si tu t’agenouilles de toi-même, ils te mettront à genoux sûrement, tandis que si tu es digne des circonstances, ils te respecteront. La Grèce dans le cadre du problème de Skopié ne se bat pas seulement pour son droit comme le pensent même les plus positifs. Elle se bat pour les droits de l'histoire. Parce qu'elle ne peut accepter aucun pays qui accède à l'éradication de l'histoire, même si pendant des décennies il se trouvait sous la coupe d'une barbarie qui considérait non seulement que l'histoire devait mourir ou qu'elle était déjà morte mais qu'elle était capable de tuer l'histoire si besoin. Le problème de Skopié est un exemple caractéristique de non-respect du passé, ni de celui de l'histoire.

Ce n'est pas seulement une attaque contre l'hellénisme comme le pensent la plupart. C'est une tentative d’assassinat de l'histoire. C'est une tentative de meurtre du temps. C'est une tentative contre les droits fondamentaux de l'Humanité. Ceux qui ne voient le problème que localement n'ont pas compris son essence.

Le problème de Skopié n'est pas une négociation mais une lutte de justice. Le Temps est avec nous et nous l'utiliserons parce que nous sommes avec lui depuis l'Hellénisme existe.


Traduit du Grec par A.-M. Bras

mardi 26 juillet 2016

Saint Etienne du Rouvray : 3 poèmes

Saint Etienne du Rouvray : 3 poèmes


La barbarie dans une église
 N. Lygeros


La barbarie dans une église
a frappé à nouveau
et égorgé
un prêtre
de quatre-vingts ans
qu’elle avait pris
en otage
sans respecter
aucunement
le lieu Saint
puisque son but
c’était d’éliminer
à sa manière
avec le couteau
à la main
le porteur de la Croix
et du symbole
de la Foi
dans un pays
où règne
la démocratie.




Ton devoir
 N. Lygeros

Ton devoir
n’a pas changé
même si tu es mort
égorgé
par la barbarie
car tu seras
toujours en nous
un prêtre
devenu martyre
dans sa fonction
sans avoir
renoncé nullement
à sa foi.
Et ce sacrifice
nous l’honorons
sans crainte
car nous continuerons
sur le chemin
de la lumière
à enseigner
la parole
du Christ.



Il faut que cesse
N. Lygeros


Il faut que cesse

l’hypocrisie
diplomatique
car nous savons tous
qui sont nos ennemis
et quel est leur but
aussi il n’y a aucune
raison de se cacher.
Après la presse,
la jeunesse
les vacanciers
et maintenant
l’Eglise elle-même
a été victime
des actes terroristes
toujours commandités
de la même manière
par la même barbarie
à l’encontre
des innocents
et des justes.

lundi 27 juin 2016

L'activation du Traité de Sèvres

L'activation du Traité de Sèvres

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras


Ceux qui ne croyaient pas que le Traité de Sèvres appartenait à l'avenir et avaient l'impression qu’il n’avait plus de sens, ont déjà des problèmes avec les revendications du Kurdistan, puisque celui-ci estime que sa délimitation est celle que fournit son cadre et la carte de Wilson. 
Mais arrive maintenant l’Arménie Occidentale, bien que toujours occupée, et dont le gouvernement et le parlement ont ratifié la signature du Traité de Sèvres. C’est-à-dire que 2016 vient compléter les données de 1920 pour montrer premièrement qu’elle a un statut juridique et deuxièmement qu’elle revendique tout ce que prévoit le Traité de Sèvres. Cela vient donc renforcer la Proclamation des peuples autochtones de 2007, décision historique qui concerne un texte historique. 
La nouveauté de ce processus est prévue par le droit international, mais maintenant on en vient à sa mise en œuvre. Aussi ceux qui sont citoyens de l'Arménie Occidentale participent activement à cette décision puisque par leur existence ils donnent vie à un organisme gouvernemental qui a commencé à compter sur ses responsabilités pour l'avenir et n’attend pas tout des autres. Cette décision complète la décision et la reconnaissance du génocide des Grecs du Pont, par l'Arménie et par l'Arménie Occidentale précédemment. 
Nous avons donc un texte historique qui permet de construire l'avenir d'un Etat qui revendique ses territoires patrimoniaux suivant le cadre institutionnel de l'époque. En conséquence, cette ratification du Traité de Sèvres ouvre la voie à d'autres, pour le Kurdistan et le Pont.

lundi 21 décembre 2015

La tactique de l'horreur de Daesh

La tactique de l'horreur de Daesh


par Nikos Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras
21.12.2015
En stratégie, à partir des observations précises de Clausewitz sur la guerre, et surtout pour son caractère caméléonien, nous pensons que le plus naturel est la guerre et quand elle fait des pauses que nous appelons cela la paix tandis que la société nous impose arbitrairement le contraire. 
Cela ne surprend pas celui qui traite de questions stratégiques, car il reconnaît continuellement dans le cadre de la réalité historique des schémas mentaux stratégiques qui n’existent pas pour la société. Mais actuellement, même la société la plus libre ou la plus apathique, est forcée d'accepter que nous nous trouvons dans une phase de guerre avec la question du terrorisme qui provient de l'organisation Daesh et elle commence à accepter qu'il y ait une approche différente et qu'il ne s’agit pas seulement d’un autre phénomène semblable aux précédents. 
Cette organisation a pour but un crime contre l'humanité, et si nous ne l'arrêtons pas, elle commettra un génocide sous nos yeux sans que les sociétés de l’indifférence ne s’en rendent compte. Pour créer un état, cette organisation est prête à n’importe quel sacrifice et catastrophe et ce, à différents niveaux de cruauté contre des bébés qui souffrent de maladies, pour la manipulation des enfants, pour des atrocités commises contre les hommes, pour la poursuite des ennemis, la destruction de villages, par appauvrissement économique par empiètement territorial, par des tentatives violentes et des suicides, de manière à causer des dommages, en particulier, dans des populations qui ont des religions différentes, développer une rivalité et que celle-ci permette un engagement des éléments les plus extrémistes dans sa région et modifier les données démographiques. 
Donc, tout retard de notre part, aggrave la situation pour des peuples innocents qui n’ont pas de protection.

lundi 22 septembre 2014

Continuum Génocidaire

Continuum Génocidaire
 

Nikos Lygeros
Le génocide n'est pas seulement un acte de barbarie. En tant que crime contre l'humanité, le génocide est une mesure inhumaine. Il permet de jauger la société dans laquelle il intervient. Il donne en somme le sens de l'absurde. Aussi lutter pour la reconnaissance du génocide, c'est lutter contre l'absurde. 

Il faut prouver l'évidence à la manière d'une démonstration par l'absurde. Il faut montrer que les victimes sont des victimes, en d'autres termes identifier leur mémoire. Il faut montrer que les bourreaux sont les bourreaux, en d'autres termes tracer leur crime. C'est le signe du temps. Et tout cela en restant juste. Car le juste doit être exemplaire. Évidemment toutes ces contraintes rendent extrêmement difficile cette tâche et nous ne devons pas nous étonner quant au découragement de certains. L'important, c'est de saisir que le temps est avec nous et qu'il travaille pour nous. Car le crime est imprescriptible. Aussi la conservation des données permet de mieux asseoir la cause. Certes, nous ne pouvons pas nous contenter de cela et nous devons envisager le problème de la reconnaissance du génocide de manière globale. 

Le grand économiste John Kenneth Galbraith avait une opinion singulière sur la première guerre mondiale. En effet, il considère qu'il est plus judicieux de la nommer la Grande Guerre sans diminuer son importance en fonction de la seconde comme nous le faisons habituellement. Car selon lui, il est plus juste de considérer la seconde guerre mondiale comme la dernière bataille de la Grande Guerre. Dans ce nouveau cadre, certainement perturbant pour les personnes conventionnelles, la notion de génocide acquiert un nouveau sens. Comme il n'est plus possible de séparer les génocides ainsi que les bourreaux, nous assistons à une unification du sens. Ainsi le régime nazi et le régime des jeunes turcs apparaissent comme une seule et même entité qui élimine systématiquement les Juifs et les Arméniens qui sont eux-mêmes unifiés en tant que victimes.

Dans ce nouveau champ, une vision globale est nécessaire pour comprendre l'importance de la notion de génocide. La comparaison n'a plus de sens. L'idée est ailleurs. Nous avons un continuum génocidaire qui englobe les associations et les analogies. Les bourreaux ne sont que la succession d'autres bourreaux. Aussi où se trouve donc la différence ? En réalité, il n'y en a qu'une mais elle est de taille. Une partie de ces bourreaux a été reconnus comme telle tandis que l'autre ne l'est toujours pas. Nous avons donc une incomplétude fondamentale en termes des droits de l'homme. Si nous voulons vraiment que les générations futures s'appuient sur le travail accompli, celui-ci doit englober l'ensemble de ce continuum génocidaire. 

Aussi la reconnaissance du génocide doit être effectuée à partir du point initial. C'est en ce sens que la cause est fondamentale. C'est en ce sens qu'il faut mettre en évidence la divergence qui consiste en un génocide de la mémoire. Aussi l'ampleur de la tâche ne doit pas nous décourager mais au contraire grandir notre humanité.