mercredi 26 août 2015

Vers les élections anticipées en Turquie.

Europalia devient-il un instrument de propagande d’Erdogan?



Après avoir provoqué une déstabilisation sans précédent en Turquie par ses politiques répressives et guerrières, le président islamiste Recep Tayyip Erdogan a finalement dissout le parlement fraîchement élu dans le but d’éliminer le HDP, représentant les forces démocratiques arméniennes, assyriennes, grecques, kurdes et turques du pays et d’assurer ainsi une majorité absolue à son parti l'AKP pour qu’il puisse lui attribuer des pouvoirs despotiques très étendus.

La campagne électorale a déjà commencé avec les discours agressifs d’Erdogan contre les dirigeants de la communauté kurde. Bien que les électeurs en Turquie voteront le dimanche 1er novembre 2015, les citoyens turcs à l’étranger pourront voter à partir du 4 octobre 2015 dans les pays d’accueil comme la Belgique.



 
Il faut rappeler qu’Erdogan, avant les élections du 7 juin 2015, avait mené une campagne électorale en faveur de l’AKP dans les pays européens. Le 10 mai, il avait prononcé un discours partisan devant plus de dix mille citoyens turcs lors d’un meeting organisé par l’AKP et l’Ambassade de Turquie à Hasselt en Belgique. Grâce à cette campagne poussée, les électeurs turcs en Belgique ont voté à 62,93 % pour l’AKP alors que ce dernier n’a obtenu que 40,87 % des votes en Turquie.

Cette fois-ci, pendant la campagne électorale, le même Erdogan viendra en Belgique à l’occasion de l’inauguration du festival Europalia-Turquie (http://www.info-turk.be/441.htm#Europalia). Le 8 octobre, en tant qu’invité d’honneur, il sera présent au Bozar, accompagné du Roi des Belges. Sans aucun doute, la présence et les discours éventuels d’Erdogan en Belgique seront utilisés pour la propagande électorale de l’AKP.

Ce nouvel élément justifie davantage les critiques à l’égard de l’attribution du festival Europalia à la Turquie juste au 100e anniversaire du génocide des Arméniens et Assyriens. En effet, même après cent ans, l’État turc persiste dans son négationnisme tout en poursuivant des pratiques discriminatoires et répressives contre les communautés non turques.

Pour contrecarrer ces critiques, la directrice générale d'Europalia Kristine De Mulder avait affirmé que les communautés arménienne, assyrienne, grecque ou encore kurde seraient également mises en lumière lors du festival.

Mais une question reste toujours sans réponse : est-ce que les institutions représentatives de ces communautés ont été invitées à la programmation du festival si l’on veut vraiment les mettre en lumière?

Dans un communiqué du 30 juin 2015, Info-Türk a posé deux questions à l'intention des institutions arméniennes, assyriennes, grecques et kurdes :
  • Le mélange des cultures sera-t-il représenté effectivement dans ce festival comme il est souhaité par les communautés non turques et musulmanes de Turquie?
  • Quelles institutions arméniennes, assyriennes, grecques et kurdes ont été invitées à la programmation d'Europalia-Turquie?
Jusqu’ici nous avons reçu les réponses suivantes :

1. La Communauté arménienne de Belgique : 
Nous n’avons pas été invités à la programmation d’Europalia-Turquie…  

2. L’Association des Arméniens Démocrates en Belgique :
Personnellement, je n’ai jamais reçu une telle invitation. Même si quelques-uns de notre communauté sont invités pour présenter leur musique ou danse, ce ne sera qu’un geste pour les utiliser comme figurants de leur propre propagande.

3. L'Institut Assyrien de Belgique :
De notre côté nous ne participons pas aux programmes des festivités d'Europalia-Turquie. Mais nous organisons des activités en dehors de ce programme, spécialement pour les 100 ans du génocide assyrien de 1915, avec nos propres moyens. Est-ce que d'autres associations assyriennes prendront part à ces activités? On ne le sait pas.

4. Communiqué commun :
Le 27 juillet 2015 le Comité National Arménien de Belgique (CDCA), la Fédération des Araméens de Belgique, European Syriac Union (ESU), l’Institut Kurde de Bruxelles et le Comité de Soutien aux Chrétiens d’Orient (CSCO) nous ont envoyé un communiqué avec l’appel suivant au premier ministre belge : "il est encore temps d’éviter à notre pays et à son souverain le déshonneur et l’estompement de nos valeurs. Annulez Europalia-Turquie !”

À l’heure actuelle, Europalia-Turquie annonce un programme auquel participent des artistes et intellectuels de Turquie, dont certains d’origines non turques.


Il est fort possible qu’une grande partie de ces artistes et intellectuels y participent sans connaître l’arrière-plan de ce projet destiné à innocenter un régime négationniste au centenaire du génocide de 2015 et plus particulièrement à honorer un chef d’État qui figure déjà dans le panthéon des dictateurs détestés.


Info-Türk

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lundi 24 août 2015

Chronique de Dominique Jamet du 23 août

Chronique de Dominique Jamet du 23 août
Jamet le dimanche !
Dominique Jamet, vice-président de Debout la France depuis 2012 mais également journaliste depuis... toujours tient chaque semaine sur le site de Debout la France une chronique où il commente très librement l'actualité politique.




Les bras ballants


Ce n’est pas seulement toute la misère, c’est aussi tout le malheur du monde qui déferle sur nos rivages. Nées en Afrique et en Asie, là où les capacités de souffrance semblent aussi inépuisables que les réserves de population,  des vagues de plus en plus puissantes viennent se briser sur les antiques parapets de la vieille Europe et franchissent le plus souvent les digues délabrées que l’on prétend leur opposer.

On ne peut retenir l’Océan avec les mains. Impuissants à contenir une inondation jusqu’à présent pacifique, les garde-côtes qui patrouillent en Méditerranée, débordés, se contentent d’acheminer jusque dans les ports italiens ou grecs ceux-là mêmes à qui ils sont censés barrer la route et l’on a vu pour la première fois la police d’un petit État, la Macédoine, baisser les bras devant la foule des migrants en quête d’improbables Eldorados.

Les exécutants, matériellement dépassés, ne sont pas en cause. Ce n’est pas à leur niveau que se prennent ou plutôt que devraient se prendre les décisions. Ce sont les politiques qui, sur le terrain de l’immigration comme sur celui de l’insécurité, se comportent comme des témoins impuissants, hébétés, divisés, les bras ballants, face à un problème économique, social et humain qu’il leur incombe normalement de résoudre.

L’Union européenne s’est montrée incapable de définir et de mener une politique commune dans ce domaine. Comment le pourrait-elle ? Certains de ses membres, dont le chef de file est l’Allemagne, sont dans une situation économique et démographique telle qu’ils ne redoutent nullement, bien au contraire, l’afflux d’une population étrangère jeune et dynamique. D’autres, comme la France, déjà incapables de loger, d’employer leurs nationaux, d’assimiler leurs émigrés, ne sont pas en mesure d’accueillir des centaines de milliers de nouveaux arrivants qui viendraient alourdir encore une barque qui fait déjà eau de toutes parts. Mais les traités que nous avons signés, les règles que nous nous sommes imprudemment engagés à appliquer et notamment celles qui ont créé l’espace Schengen nous interdisent de mener la politique d’intérêt national qui consisterait en l’occurrence à reprendre le contrôle de nos frontières. Encore ne s’agit-il là que du court terme et de l’urgence. Le problème persistera et s’aggravera tant que la communauté internationale n’aura pas rétabli l’ordre là où règne le chaos, la paix là où se déchaîne la violence et aidé au développement des pays émergents. Vaste programme.

Nos dirigeants, le nez dans le guidon, dénoncent la montée de la xénophobie et de ce qu’ils appellent le populisme. Personne d’autre qu’eux ne nourrit les monstres qui les affolent et qui ne doivent leur naissance et leur croissance qu’à leur inertie, à leur incurie et à leur lâcheté. Le réveil de peuples menacés dans leur tranquillité, leur sécurité et leur identité est la réaction naturelle d’un organisme qui face à une attaque sécrète des anticorps. 

Le déclin des vieux partis, le divorce entre le peuple et ses représentants est la sanction de leur démission. L’ambition est la chose du monde la plus facile et la plus répandue. Mais quel sens a-t-elle si l’on n’accède au pouvoir que pour y fuir ses responsabilités, si l’ambition satisfaite se révèle une imposture. La démocratie n’est pas incompatible avec la volonté de Clemenceau, le courage de Pierre Mendès France, la lucidité de Philippe Séguin, la grandeur de Charles de Gaulle. Celui-ci n’avait pas rétabli la République et restauré l’État pour en confier la direction à des limaces.


Dominique Jamet
Vice-Président de Debout la France

Contact presse : Isabelle d’Halluin idhalluin41@gmail.com

mercredi 8 juillet 2015

Une danse macabre à Bruxelles



Une danse macabre pour ne pas irriter les négationnistes d'Ankara



La commission parlementaire belge refuse la reconnaissance du génocide de 1915

La commission des Affaires étrangères de la Chambre a adopté mardi une proposition de résolution relative au génocide arménien. Diverses propositions de loi avaient abouti en commission ces dernières semaines.

Après des débats menés tambour battant par les membres de la majorité, le texte déposé par ces derniers a été voté vers 13h30. Le texte n'a cependant pas recueilli pas l'unanimité: PS, cdH et Ecolo se sont abstenus. Le Sp.a a voté pour.

La majorité avait en effet accéléré le tempo: elle avait obtenu, après une suspension de séance, que le texte qu'elle a déposé soit d'utilisé comme base de travail.

Un des amendements déposés visait à faire reconnaître le génocide arménien par le Parlement. Les parlementaires des partis de la majorité gouvernementale ont cependant rejeté cette proposition, comme d’autres qui avaient été introduites par l'opposition.

Le cœur même du texte se focalise sur la nécessité d'encourager la réconciliation entre la Turquie et l'Arménie mais n'appelle pas les autorités belges à poser un acte de reconnaissance, une occasion manquée supplémentaire, selon l'opposition, après l'absence du chef d'État, du chef du gouvernement ou de la diplomatie belge aux cérémonies officielles à Erevan.

Un texte critiqué par l'opposition

C'est "une grande satisfaction", s'est réjoui le chef de groupe MR Denis Ducarme alors que la résolution doit encore être votée en séance plénière.

"Le MR tente de nous faire croire qu'il prend ses responsabilités, une des plus belles façons de les prendre eût été d'envoyer le Premier ministre MR ou le ministre des Affaires étrangères MR à Erevan, cela aurait été bien plus fort qu'une déclaration à la Chambre", a réagi Stéphane Crusnière (PS), disant ne pas comprendre que la majorité ne laisse pas à la Chambre l'opportunité de prononcer un "acte solennel fort" quinze ans après le Sénat.

La majorité n'a pas non plus souhaité à ce stade étendre la reconnaissance du génocide aux autres minorités touchées comme les Araméens, les Syriaques, les Chaldéens, les Assyriens ou les Grecs Pontiques, même si le texte de la résolution évoque également le drame des massacres qui ont visé ces populations. Pour Vanessa Matz (cdH), cela revient à considérer qu'il existe des "sous-génocides" et il s'agit d'un mauvais signal alors que les chrétiens d'Orient font l'objet de nouvelles persécutions de masse. Tendu, le débat s'est figé un peu plus quand Jean-Jacques Flahaux (MR) a jugé qu'il fallait veiller, sur la forme, à ne pas "ajouter d'autres wagons" ou à "noyer le poisson", autant d'expressions qui ont choqué l'opposition.

"Je n'en reviens pas encore des leçons qu'on a pu prendre de partis qui ont été aux responsabilités et qui auraient pu demander à leur Premier ministre la reconnaissance, mais qui ne l'ont pas fait, par choix politique", a tonné Denis Ducarme.

Enfin, l'appel à élargir la loi pénalisant le négationnisme lancé par Olivier Maingain (FDF) n'a pas non plus été retenu.

Benoît Hellings (Ecolo) avait souligné l'importance d'une résolution qui permette de contribuer, loin des "raisons communautaires" et des "jeux politiciens" animant certains partis, à "l'effet domino" qui doit permettre la reconnaissance du génocide par la Turquie. Au final, il a regretté le "brouillard" et l' "ambigüité" du texte adopté.

Un long chemin vers la reconnaissance

En 1998, le Sénat avait déjà adopté une résolution reconnaissant le génocide et invitant le gouvernement à faire de même. En cette année 2015, 100 ans après les massacres, la commission des Relations extérieures devait discuter sur pas moins de quatre propositions de résolution, visant à la reconnaissance officielle par la Belgique (Parlement et gouvernement) du génocide arménien. Propositions émanant de la majorité, mais aussi du cdH, du PS et du Vlaams Belang. Quatre textes car chacun dans ce dossier redevenu soudain sensible comptait bien faire entendre ses propres accents.

C'est le Premier ministre lui-même qui aura beaucoup contribué à remettre le débat à l'agenda. Le 18 juin, interrogé par un député de sa majorité, Charles Michel, à la tribune de la Chambre, donne l'ultime coup d'accélérateur. "Je veux être très clair, ma position est connue et sans équivoque : j’estime que les événements tragiques survenus entre 1915 et 1917, et dont le dernier gouvernement de l’Empire ottoman est responsable, doivent être qualifiés de génocide. Telle est la position du gouvernement belge". Des propos retentissants qui lui attirent les applaudissements de tous, y compris côté opposition.

C'est vrai que le débat pour une reconnaissance semblait s'enliser. Le 26 mars 1998, une résolution adoptée par le Sénat (par 49 voix pour et 9 abstentions) reconnaissait le génocide des Arméniens. Mais cette résolution ne demandait pas formellement au gouvernement belge de le reconnaître officiellement au nom de la Belgique. 2015, 100 ans du génocide oblige, la majorité avait promis un texte rapidement mais de texte, jusqu'à la déclaration solennelle du Premier ministre, il n'y avait pas encore. Alors que dans le même temps, le 22 avril 2015, le Parlement flamand avait pour sa part adopté déjà sa résolution reconnaissant le génocide des Arméniens. Le ministre des Affaires étrangères MR Didier Reynders semblait vouloir d'ailleurs rester bien plus prudent et l'on évoquait une volonté de ne pas crisper Ankara à l'approche d'un Europalia Turquie...

Retour à la Chambre

La balle est donc revenue côté Parlement. Avec pas moins de quatre propositions de résolutions donc. La majorité (N-VA, MR, CD&V, Open VLD) avait donc fini par accoucher de son texte tant annoncé, optant pour une inscription et une discussion en urgence - la volonté étant de le faire adopter en plénière de la Chambre d'ici la trêve estivale, 21 ou 23 juillet.

Mais le cdH, le PS et même le Vlaams Belang avaient sorti leur propre mouture. Le texte le plus court étant celui du Belang, datant de septembre 2014, sans dérapage extrême, appelant "le gouvernement à reconnaître le génocide" et à "inciter la Turquie à faire de même", pour la justice et la réconciliation entre les peuples turc et arménien. Ce que mentionne aussi la proposition de résolution de la majorité consacrée "à la commémoration du centenaire du génocide", reprenant les propos très clairs du Premier ministre Charles Michel à la Chambre

Sauf que l'on s'interrogeait sur ce premièrement disant que la "Turquie actuelle ne saurait être tenue pour responsable du drame vécu par les Arméniens de l'Empire ottoman". "Trop prudent, trop léger, étrange de mentionner cela en premier point", estimait le cdH Georges Dallemagne qui y va aussi de sa résolution, plus ferme, moins ambiguë selon lui, et demandait "une indispensable clarté des autorités belges" et un engagement très ferme du gouvernement à faire pression sur la Turquie.

Les séquelles des "affaires" Ozdemir et Kir

Le cdH avait choisi la ligne dure après l'exclusion très médiatique pour non-reconnaisance du génocide de sa députée bruxelloise Mahinur Ozdemir.

Quatrième et dernier texte, celui du PS, cosigné notamment par la députée carolo Ozlem Ozen, le PS qui devait clarifier sa propre ligne après les hésitations autour des minutes de silence d'hommage aux victimes aux Parlements bruxellois et fédéral, et l'absence de certains élus tels Emir Kir, depuis mollement rappelé à l'ordre.

Le PS qui parlait bien de "génocide" arménien mais estime que "le Parlement n'a pas vocation à se substituer au pouvoir judiciaire" et appelait les instances internationales à se prononcer juridiquement sur le sujet.
(Voir: http://www.info-turk.be/443.htm#PS)

http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_la-chambre-debat-de-la-reconnaissance-du-genocide-armenien?id=9025777



dimanche 5 juillet 2015

Graham Fuller’s Five Middle East Predictions for 2015

Five Middle East Predictions for 2015
 
Graham Fuller*
 
Only a fool offers longer term predictions about the Middle East.
I offer the following longer terms predictions about the Middle East for 2015.


1-     ISIS will decline in power and influence. I have stated earlier that I do not believe ISIS is viable as a state; it lacks any coherent and functional ideology, any serious political and social institutions, any serious leadership process, any ability to handle the complex and detailed logistics of governance, and any opportunity of establishing state-to-state relations in the region. Additionally it has alienated a majority of Sunni Muslims in the world, regardless of deep dissatisfactions among Sunnis in Iraq and Syria. Ideally ISIS should fail and fall on its own, that is, without massive external, and especially Western, intervention that in some ways only strengthens its ideological claims. To be convincingly and decisively defeated, the idea of ISIS, as articulated and practiced, needs to demonstrably fail on its own and in the eyes of Muslims of the region.

2-     The role of Iran as an actor in the region will grow. Despite all the hurdles, I feel optimistic about US negotiations with Iran. Both parties desperately need success in this regard. Normalization is ludicrously long overdue and necessary to the regional order. Furthermore, Iran and Turkey, are the only two “real” governments in the region today with genuine governance based on some kind of popular legitimacy—for all their faults. Turkey is democratic, Iran semi-democratic (presidential elections, while not fully representative, really matter.) These two states espouse many of the aspirations of the people of the region in ways no Arab leader does. The Gulf will be forced to accommodate itself to the reality of a normalized Iran; the two sides have never really been to war, despite all the occasional bellicose noises that have emerge from them periodically over the past century. Iran is post-revolutionary power with a vision of a truly sovereign Middle East free of western domination– none of the Arab states truly are. Iran’s influence in the region will also grow in supporting growing regional challenges to Israel’s efforts to keep the Palestinians under permanent domination.

3-     President Erdoğan in Turkey will find his influence beginning to crumble in 2015. After a brilliant prime-ministership for the first decade of AKP power, he has become mired in corruption charges and has lashed out in paranoid fashion against any and all who criticize or oppose his increasingly irrational, high-handed, and quixotic style of rule. He is in the process of damaging institutions and destroying his and his party’s legacy. I continue to have faith that Turkey’s broader institutions, however weakened by Erdoğan, will nonetheless suffice to keep the country on a basically democratic and non-violent track until such time as Erdoğan loses public confidence—which could be sooner rather than later.

4-     Russia will play a major role in diplomatic arrangements in the Middle East, an overall positive factor. Russia’s ability to play a key diplomatic (and technical) role in resolving the nuclear issue in Iran, and its important voice and leverage in Syria represent significant contributions to resolution of these two high-priority, high-risk conflicts that affect the entire region. It is essential that Russia’s role be accepted and integrated rather than seen as a mere projection of some neo-Cold War global struggle—a confrontation in which the West bears at least as much responsibility as Moscow. The West has insisted on provoking counter-productive confrontation with Moscow in trying to shoehorn NATO into Ukraine. Can you imagine an American reaction to a security treaty between Mexico and China, that included stationing of Chinese weapons and troops on Mexican soil?
 

5-     The Taliban will make further advances towards gaining power within the Afghan government. After 13 years of war in Afghanistan the US failed to bring stability to the country as a whole, or to eliminate the Taliban as a major factor in the national power equation. The Taliban is much more than an Islamist movement; it has in many ways been a surrogate for nationalist Pashtun power within Afghanistan (although not accepted as such by all Pashtun). The Pashtun lost out big when the Taliban government was overthrown by the US in 2001; inclusion of mainstream Taliban within the new government is essential to future Afghan stability. The Taliban will seek to strengthen their power on the ground this year in order to enhance their powers of political demand in any possible future negotiations over power sharing. They cannot be functionally excluded. Desperately needed stability in Pakistan also depends in part upon such a settlement.



* Graham Fuller is among the best analysts the CIA has ever produced.  He is now a well seasoned academic and scholar about Islam and the region.  I have read several of his books and articles.  Any US administration will be well served to follow his advice on the Middle East.  His predictions are worth considering.

                                                                                                                                                        Roger Akl

 


vendredi 26 juin 2015

Traitement de l’affaire syrienne par Le Monde Diplomatique



Lettre ouverte à Monsieur le Directeur de la Rédaction LE MONDE DIPLOMATIQUE

Objet : 

Traitement de l’affaire syrienne par Le Monde Diplomatique

 

Monsieur le Directeur,

J’ai reçu il y a quelques jours ma convocation à l’assemblée générale des Amis du Monde Diplomatique qui se tiendra le 27 juin 2015, et je souhaite expliquer à la rédaction du journal pourquoi je ne m’y rendrai pas.
Depuis mars 2011 en effet, j’attends vainement d’un journal dont c’est la raison d’être un dossier de fond, une analyse objective, historique, sociologique, géostratégique, d’une affaire internationale qui constitue sans doute le problème diplomatique le plus important de ces dernières années – puisqu’il a vu, entre autres, les flottes américaine et russe à deux doigts de s’affronter directement en Méditerranée, et la manifestation la plus démonstrative de la situation géostratégique internationale en ce début de XXIe siècle.
Le Monde Diplomatique a plusieurs fois, depuis 2011, expliqué comment les États-Unis d’Amérique agissent sur la scène internationale. Comment ce pays, corrompu par les intérêts militaropétroliers ou de l’agroalimentaire, fomente depuis des années une nouvelle forme de coups d’État « populaires ». Ce mois de juin, Le Monde Diplomatique révèle encore les agissements de « La main noire de Washington de Santiago à Caracas ». En août 2014, Maurice Lemoine expliquait comment est advenue « En Amérique latine, l’ère des coups d’État en douce » ; comment de faux policiers, de faux manifestants tirent dans une foule pour déclencher une émeute sanglante et déstabiliser un État indocile.
Mais pour l’indocile Syrie, en mars 2011, la dérive sanglante des manifestations aurait été « normale » ? La question n’a pas même été posée par Le Monde Diplomatique. Alors que Le Canard Enchaîné publie régulièrement depuis quatre ans des informations mettant en évidence le jeu des vassaux américains sous la scène syrienne, au premier rang desquels le Qatar, Le Monde Diplomatique est resté étrangement taisant. Il est vrai que, quelques mois à peine après le début de ce qui présente les caractéristiques d’un « coup d’État en douce » en Syrie (coup d’État qui aurait pu se dérouler en Bolivie, en Équateur ou au Venezuela), Le Monde Diplomatique accueillait, en septembre 2011, tout un supplément publirédactionnel sur « La diversification au Qatar ». Est-ce que cette manne publicitaire était bienvenue étant donné son origine et à ce moment-là ? Il ne me semble pas, en tout cas, avoir lu par la suite un développement sur la peine de prison à vie infligée le 29 novembre 2011 par le régime qatariote à un écrivain, Ibn al-Dhib, pour un simple poème. Pas un mot sur les sources de financement des extrémistes que combattent les soldats français au Mali…
Ni sur la tentative de manipulation relative à l’usage d’armes chimiques par l’armée nationale syrienne, démasquée par la procureure Carla Del Ponte, ni sur le prétendu bombardement du camp palestinien de Lattakié par des canonnières syriennes. Pas un mot sur les prétendues manifestations de masse anti Bachar et les chiffres fantaisistes qui ont été publiés à ce sujet - par Le Monde notamment, d’ailleurs.
On pouvait attendre du Monde Diplomatique qu’il resitue cette affaire syrienne dans le cadre de la géostratégie internationale, sur une cartographie des grandes voies de transit depuis les grands gisements pétroliers et gaziers de l’Asie centrale et du Proche-Orient, ou sur la feuille de route affichée par les États-Unis d’Amérique pour le Proche et le Moyen-Orient.
On aurait pu trouver dans le Monde Diplomatique un dossier replaçant l’affaire syrienne actuelle dans l’histoire de cette région du monde depuis deux siècles. Les émeutes de Damas de 1860 auraient pu y être rappelées, et le rôle qu’y joua l’Emir Abd-el-Kader – qui lui valut la Légion d’Honneur et le nom d’une rue à Paris. Cette mise en perspective historique eût été une façon d’aborder dans Le Monde Diplomatique l’histoire de la Syrie au XXe siècle, les conditions que l’Occident a ménagées à ce pays pour que s’y épanouisse la démocratie… L’existence ancienne dans ce pays d’une société multiculturelle, laïque, et le statut de la femme syrienne jusqu’à ce jour. Le choc qu’a été pour cette société l’orientation du pays vers un système économique néolibéral, et les raisons premières des manifestations, pacifiques, de mars 2011. Et malgré la mise en oeuvre de ce qui apparaît comme un classique des opérations de déstabilisation d’un pays par l’extérieur – avec destructions systématiques des réserves alimentaires, sources d’approvisionnement en eau, énergie, médicaments, les gigantesques manifestations pro Bachar qui ont eu lieu en Syrie, le soutien du parti communiste syrien - dont le meneur a fait de la prison sous Hafez el Assad (le communisme était interdit en Syrie jusqu’il n’y a pas si longtemps), de l’opposition interne, du clergé tant musulman que chrétien, sans compter les innombrables manifestations, toujours pro Bachar, à travers le monde.
Pour que l’opinion soit éclairée autrement que par les communiqués de l’OTAN, l’on aurait dû trouver dans Le Monde Diplomatique une explication au fait que l’État syrien a pu résister quatre années à la conjugaison des forces attachées à le détruire, et en premier lieu celle d’une prétendue révolution populaire. L’on aurait pu esquisser dans ce journal l’idée que cet État a sauvegardé et encouragé le mode de vie syrien, pays où une multitude de confessions et de philosophies cohabitent depuis des millénaires dans des conditions enviables au regard de ce qui se passe dans la plupart des pays du Proche-Orient qui sont les alliés de l’Occident. Une approche par le genre de la société syrienne aurait pu suggérer que cet État laïque permet à une moitié de la population syrienne, les femmes, de vivre en tant que citoyennes à part entière, à égalité avec les hommes. Un bilan de quatre ans de résistance à la montée du chaos aurait pu conduire à constater que l’État syrien est, aujourd’hui, constitué par un Parlement, un chef de l’État, le Président Bachar el Assad, et des représentants régionaux, élus à la suite des réformes constitutionnelles réalisées depuis 2012, un gouvernement d’union nationale, ainsi qu’une armée et une administration qui, si elles n’étaient pas fortement soutenues par la population syrienne, auraient été volatilisées depuis longtemps.
Depuis déjà longtemps la rédaction du Monde Diplomatique disposant des exemples de l’Iraq, de l’Afghanistan, de la Libye, des pays de la Corne de l’Afrique, mais aussi du démantèlement de la Yougoslavie, aurait pu mettre en évidence, en débat sur la place publique, la catastrophe humanitaire qui se produirait inexorablement si l’État syrien venait à être détruit. Lancer l’alarme à propos des massacres de masse, des crimes contre l’Humanité qui se perpétueraient longtemps dans le chaos qui suivrait : les conditions propices à de tels crimes sont beaucoup plus manifestes aujourd’hui en Syrie que dans les mois qui ont précédé le massacre de Srebrenica en ex-Yougoslavie.
Au nom des valeurs universelles que Le Monde Diplomatique défend depuis ses origines, l’on aurait pu entendre sa voix exiger avec force argumentation et insistance :

  •  Que cessent immédiatement les manœuvres visant la destruction de l’État syrien,

  •  Que soient levées les sanctions qui ne font qu’aggraver les souffrances du peuple syrien,

  •  Que soit respectée en Syrie la charte de l’Organisation des Nations Unies qui garantit à tous les peuples le droit de s’autodéterminer à l’abri de toute intervention étrangère.

J’espère encore que la rédaction saura pallier cette absence particulièrement décevante et inquiétante. Et que l’affaire syrienne sera enfin traitée avec l’attention dont est capable un journal qui a pour nom Le Monde Diplomatique.
Mais d’ici-là, en tant que « lecteur engagé » je ne peux plus être un ami de ce journal-là, car je n’accepte pas ce qu’apparemment il accepte.
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Directeur, l’expression de mes salutations distinguées.

Guy Martin

mercredi 24 juin 2015

Le Grand crime - Medz Yeghern

Le Grand Crime - Medz Yeghern

Le Grand Crime
Medz Yeghern

Europe et Orient n° 20, janvier-juin 2015
EAN : 9782917329788
Ed. Sigest
Parution 6 juillet 2015

mardi 9 juin 2015

Ukraine se prépare pour déclencher la guerre avec la Transnistrie

« Svobodnaïa Pressa » a appris les détails de la provocation qui est préparée par les services spéciaux de l’Ukraine pour déclencher la guerre avec la Transnistrie

5 juin 2015




Dans la région d’Odessa se prépare une provocation à grande échelle qui doit servir de prétexte à l’invasion par l’armée ukrainienne de la République moldave de Transnistrie (TMR). Le SBU a commencé à recruter des jeunes marginalisés pour mettre en scène la « capture » de la ville de Kotovsk, à 20 km de la frontière avec l’Etat non reconnu. Selon le scenario des services de sécurité ukrainiens, les jeunes embauchés pour de l’argent doivent se faire passer pour des « terroristes » de Transnistrie ou des citoyens d’Odessa qui sont mécontents de la nomination du gouverneur de la région, Mikhaïl Saakachvili. L’important dans cette opération spéciale est de créer une image plausible pour les médias du monde entier sur l’attentat à la souveraineté de l’Ukraine par les militants pro-russes. La campagne de propagande à grande échelle doit justifier aux yeux de l’opinion publique occidentale l’entrée des troupes ukrainiennes en TMR.
 
– Le SBU veut simuler une « révolte populaire », surtout depuis la nomination de Saakachvili qui suscite le mécontentement général – a expliqué le président de la commission de suivi de Novorossia Vladimir Rogov. – Les services spéciaux ont offert aux jeunes de cinq à six mille hryvnia par jour pour qu’ils se tiennent sur des barricades à Kotovsk, une ville avec une population de 50 mille personnes. Le SBU promet des garanties de sécurité complètes pour les participants. La seule condition pour ne pas être inquiétés par les autorités est de ne pas ôter les cagoules et de tirer avec les armes distribuées seulement en l’air. Les services de renseignement de l’Ukraine ont choisi de recruter principalement des sportifs au chômage. Il est clair que pour eux cinq mille hryvnia par jour est une somme énorme. Bien que presque personne ne verra la couleur de l’argent. Dans le cas du scénario les jeunes seront probablement éliminés. Et il est possible que l’on trouvera sur eux des documents des Forces aéroportées russes, ou du GRU. Peut-être que les provocateurs de Kotovsk proclameront l’établissement de la République populaire d’Odessa, ce qui donnera le signal d’une répression à grande échelle. Mais la principale chose sera l’occasion d’attaquer la Transnistrie et d’entraîner la Russie dans un conflit militaire.
 
Indirectement, ce scénario est confirmé par le fait que le 4 Juin, la Rada suprême de l’Ukraine a adopté une loi sur le taux d’admission des militaires étrangers dans le pays. Il est confirmé aussi par le fait que de Melitopol et Nikolayev les troupes sont transférées dès maintenant vers la région d’Odessa, directement sur la frontière avec la Transnistrie. Il est à noter que depuis le début de cette année a été observé un travail intense dans le port Ilyichevsk pour le mettre en état de recevoir des cargaisons. Tout au long de mai, le port a reçu un grand nombre de containers qui ne sont pas inspectés par les douanes …

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