dimanche 27 mars 2016

J’EXCUSE …

Jamet le dimanche ! 

J’EXCUSE … 



Dominique Jamet, vice-président de Debout la France depuis 2012 mais également journaliste depuis... toujours tient chaque semaine sur le site de Debout la France une chronique où il commente très librement l'actualité politique. 


« J’accuse »… C’est le titre, devenu légendaire, de l’article retentissant qui marqua l’entrée d’Emile Zola dans l’affaire Dreyfus.

« J’excuse »… C’est le refrain que certains ne craignent pas d’entonner ou de reprendre en sourdine, sur fond de fusillades et d’explosions, alors même que le sang des victimes n’a pas encore séché sur les trottoirs de nos villes.

Pitié dangereuse, pour reprendre le titre d’un roman de Stefan Zweig, idéologie de la culpabilité et de la repentance occidentales, complicité honteuse, compréhension poussée jusqu’à la soumission et à la capitulation, c’est le plus souvent dans les couches supérieures de la population, en clair chez des intellectuels déconnectés de la réalité, chez des professionnels de la morale à la conscience pure et aux mains blanches, voire chez des politiques en mal de clientèle que l’on voit s’esquisser timidement les thèmes habituels de cette culture de l’excuse qui est le masque avenant de l’abandon et de la désertion.

Nulle voix, ou à peu près, ne s’était élevée en novembre dernier lorsque les tueurs en action, la kalachnikov entre les mains et son canon encore fumant, avaient été abattus par les forces de l’ordre alors même qu’il apparaissait à tout observateur lucide que la peine capitale, abolie et rayée des registres de la justice depuis 1981, était rétablie pour les terroristes pris en flagrant délit. L’évidence et l’horreur du crime faisaient taire toutes les objections.

Or, voici que de beaux esprits, que de belles âmes, voici que des porte-parole officiels de la majorité s’offusquent et s’effraient à l’idée qu’une peine incompressible de détention et de sûreté, allant éventuellement jusqu’à la réclusion perpétuelle, pourrait s’appliquer aux coupables et aux complices des attentats déjà commis ou à venir. Ce serait, disent-ils, une peine de mort lente pire que la peine de mort classique. Et de plaider, alors même que la vague du terrorisme déferle sur nous, pour une répression modérée de criminels qui ne le sont pas.

Eh bien non ! L’histoire ne retiendra pas de circonstances atténuantes pour ceux qui par la doctrine qu’ils professent et les actes qu’ils perpètrent, ne sont pas seulement en contravention avec la loi, voire en rupture avec la communauté nationale, mais s’excluent de l’humanité. Pourquoi la justice des hommes serait-elle plus clémente que la postérité ?

Ni la frustration, ni l’échec scolaire, ni l’échec social, ni les bavures du passé colonial ni les ou de la discrimination, ni les frappes aériennes sur le soi-disant Etat islamique au Levant, ni le ressentiment ni la foi en un Dieu créateur de l’univers … aucune religion, aucune philosophie, aucune morale, aucune culture, aucune civilisation ne préconisent, n’admettent ni n’absolvent le massacre prémédité, délibéré et concerté des innocents.

Lorsque des assassins agissant en bande organisée commettent des crimes particulièrement odieux et que, loin de se repentir, ils se déclarent prêts à récidiver, lorsqu’ils sont effectivement coupables et restent potentiellement dangereux, la justice sort-elle du droit en les retranchant de la société ?

Imaginons qu’au terme d’un procès en bonne et due forme, entouré de toutes les précautions et de toutes les garanties que prévoit la loi, Salah Abdeslam, reconnu coupable, soit condamné à la perpétuité telle qu’elle fonctionne en France, c’est-à-dire non perpétuelle, en fait à trente ans au maximum, compte tenu des cent trente victimes du 13 novembre, cela reviendrait en somme à environ trois mois de prison par tête. Est-ce là le juste prix d’une vie humaine ?

Dominique Jamet
27 mars 2016
 

lundi 15 février 2016

Souvenirs de Genève 2

Souvenirs de Genève 2, janvier 2014: à la rencontre des Syriens d’Europe

François BELLIOT


Il y a un peu plus de deux ans, en janvier 2014, je me suis rendu à Montreux (Suisse) dans le cadre d’un voyage organisé par des associations syriennes contestant le récit officiel des événements. Les Syriens de France venaient converger, avec d’autres Syriens venus de différents pays d’Europe pour faire entendre leur voix devant le lieu où se déroulaient les négociations de Genève II. Dans cette chronique je raconte le déroulement de cette manifestation et restitue le témoignage de Syriens venus de pays autres que la France, pour parvenir au constat suivant : l’intoxication médiatique est à peu près la même partout. Je publie cette chronique avec deux ans de retard car je n’ai pas trouvé l’occasion à l’époque de la publier dans le cadre convenable. Par la suite j’ai voulu l’intégrer à mon livre sur la guerre en Syrie, mais il s’est avéré que cela coupait trop la trame de ma démonstration. Mieux valant tard que jamais, et cette chronique n’étant pas, à mon humble avis, dénuée d’intérêt, je la publie à part sur mon site Observatoire des mensonges d’état.
Une Manifestation de soutien à Bachar el-Assad à Montreux

Le 22 janvier 2014 s’est tenue, dans la ville de Montreux (Suisse), une manifestation de soutien aux autorités syriennes et à son président Bachar el-Assad. Montreux, c’est en effet la ville où s’est tenue, la semaine dernière, la conférence de Genève II. La conférence aurait dû se tenir à Genève, mais a été déplacée dans la ville de Montreux, célèbre pour son festival de jazz. Au même moment en effet se déroulait un immense congrès des horlogers qui n’avait pas eu lieu depuis des années et il n’y avait plus assez de place dans les hôtels de Genève pour loger toutes les délégations ; ce qui a poussé les organisateurs de la conférence à la déplacer dans la ville de Montreux.
La manifestation était organisée par l’Union des Étudiants Syriens (UnES), fédération des étudiants syriens étudiant en Europe, et son organisation centralisée par la branche française de l’UnES. L’idée était de rallier le plus grand nombre de Syriens vivant en Europe pour le jour d’ouverture de la conférence. Pour ce faire des cars ont été affrétés dans des capitales européennes pour rallier la ville de Montreux ce 22 janvier.
Les Syriens de France formaient de loin le plus nombreux contingent de manifestants, comme nous nous en sommes rendus compte sur place. 150 personnes, dont une poignée de Français ont ainsi pris la route dans trois cars, qui sont partis de Paris dans la nuit du 21 afin d’arriver 9 heures plus tard pour le début de la conférence.
Le programme était extrêmement ramassé : nous étions censés arriver le matin après huit heures de car, demeurer présents sur place quelques heures pour la manifestation, puis repartir immédiatement sur Paris pour y être avant minuit.
La ville de Montreux, le cadre enchanteur où se sont déroulés les négociations de Genève 2 en janvier 2014

Le voyage s’est déroulé sans encombre et dans la bonne humeur. Nous avons malheureusement été ralentis à deux reprises, ce qui nous a empêchés d’être présents au moment de l’arrivée des délégations. Nous sommes restés une heure et demie coincés à la frontière, les douaniers suisses ayant décidé de vérifier les papiers de tous les passagers et d’examiner minutieusement les trois cars. Une fois arrivés aux abords de la ville de Montreux, nous avons eu la mauvaise surprise de constater que la zone de stationnement qui nous avait été allouée était à plusieurs kilomètres du lieu où se tenait la conférence.
A l’approche du centre ville, notre cortège a été canalisé par un dispositif policier mis en place pour l’occasion afin d’éviter d’éventuels débordements. De fait, nous avons croisé un groupe d’une vingtaine de manifestants anti Assad, encadrés par des policiers et scandant des slogans contre le « régime » syrien et les gens de notre groupe qui passaient devant eux à distance en flux continu. Ce fut l’occasion pour l’un et l’autre camp de s’invectiver à distance, sous l’attention vigilante des policiers.
En approchant du lieu de la conférence, les Syriens commencèrent à entonner des slogans et des chants. Les passants que nous croisions étaient extrêmement surpris. « On n’a pas vu cela depuis dix ans », me dit un habitant descendu de chez lui attiré par le bruit. Montreux est en effet d’ordinaire une petite ville aussi paisible que le lac immense (le Léman) qui la borde, et cette manifestation, qui n’a pas compté plus de 300 participants, était en soi un événement pour les habitants de cette ville peu habituée à ce genre de conférences internationales, et aux manifestations qui peuvent l’accompagner
Je connaissais de nombreux participants, pour avoir arpenté en leur compagnie les rues de Paris lors de manifestations de soutien aux objectifs identiques. Les drapeaux, les visages, les chants, les slogans, étaient les mêmes. Ces Syriens ne s’étaient pas déplacés à Montreux pour produire un nouveau discours, mais simplement pour affirmer, par leur présence et leurs slogans, leur soutien au gouvernement légal de la Syrie en cette circonstance cruciale pour l’avenir de leur pays, la conférence de Genève 2 étant susceptible d’entériner un règlement politique de la guerre.
Invité par ces Syriens pour couvrir la manifestation, j’étais venu avec l’idée suivante : comparer le discours des Syriens habitant dans différents pays d’Europe. Quel était leur point de vue sur la crise syrienne, et que pensaient-ils du traitement médiatique ce cette crise par les médias des pays où ils résidaient ?
Parvenus sur le lieu de la manifestation, nous avons donc rencontré les autres Syriens qui avaient fait le voyage pour Montreux. Il y avait des Syriens des Pays-Bas, de Suisse, de Belgique, d’Italie, et de Roumanie. Ces derniers avaient fait le voyage en car depuis Bucarest.
Les manifestants venus de France formaient, comme je l’ai dit, le contingent le plus nombreux de Syriens.
http://editions.sigest.net/page00010171.html


La couverture de la crise syrienne par les médias de masse européens
Tous les Syriens que j’ai interrogés m’ont brossé à peu près le même tableau : la couverture médiatique des événements de Syrie dans leurs pays de résidence est d’une partialité qu’il serait profondément malhonnête de nier.
Voici la compilation de leurs points de vue.
Pour un Syrien de Hollande, s’il existe quelques journalistes honnêtes dans ce pays, les médias de masse hollandais sont acquis à la cause de la diabolisation du régime et de son renversement.
Pour un Syrien de Belgique, « Les médias belges soutiennent plutôt un camp et ce camp est plutôt celui du terrorisme que celui du gouvernement en place. Il y a des terroristes en Syrie qui viennent de pays d’Europe. C’est des gens qui ont des nationalités, ils ne peuvent pas les interdire de revenir. l’Arabie saoudite et le Qatar les aide; ils exportent ces terroristes vers la Syrie mais en fin de compte ils vont revenir en Europe. C’est nous qui allons avoir alors le plus de problèmes. Des points de vue comme le mien ne sont pas du tout exprimés dans les grands médias, pas seulement en France et en Belgique. Il n’y a pas moyen de faire entendre notre point de vue parce qu’ils sont un peu bloqués sur l’aide aux terroristes, les salafistes, les wahhabites, plusieurs groupuscules qui sortent de nulle part. Ils ont beaucoup d’argent, je vous montre des photos. Voilà ce qu’ils font à nos enfants : ils les enlèvent de l’école. Regardez, comme ils l’obligent à tuer un soldat de l’armée officielle de la Syrie. C’est vraiment insupportable. On ne nous laisse pas donner notre point de vue. » (il me montre une série de photos sur lesquelles on voit un enfant décapiter à grand peine un soldat sous la surveillance d’hommes armés abondamment barbus)
Il n’y avait pas de Syriens d’Italie, mais une association italienne avait fait le déplacement en car depuis Rome. Une jeune femme m’a fait cette réponse.
« Nous avons fondé cette organisation en Italie mais nous contactons d’autres groupes en Europe, par exemple, en Espagne, en Belgique, en République tchèque, nous avons également des contacts avec l’Amérique du sud, le Canada. Nous sommes des jeunes gens qui entrons en contact avec des Syriens dans notre pays. Nous pensons que les médias en Italie racontent des choses fausses à propos de la crise syrienne, nous pensons qu’ils mentent. En Italie les médias sont contre Bachar el-Assad et le gouvernement syrien. Nous sommes venus à douze en car de Rome. »
J’ai pu également discuter avec un membre d’un petit groupe de Syriens de Roumanie :
« Nous arrivons de Roumanie. Nous avons fait 24 heures de car pour nous retrouver à cette manifestation. Nous repartons immédiatement après la fin de la manifestation. Je suis roumain, mais je suis originaire de Syrie. Nous sommes venus ici pour montrer que nous soutenons notre pays, le drapeau syrien, notre président Bachar el-Assad, pour défendre l’idée que nous sommes attaqués par des terroristes appuyés par les pays occidentaux, pour défendre la paix en Syrie et le désarmement des mercenaires qui se rendent en Syrie, et nous espérons que cette conférence va nous ramener la paix qui régnait avant. Ces mercenaires tuent nos enfants, les empêchent d’aller à l’école. Certains sont tués ou kidnappés pour de l’argent. C’est la façon dont ils veulent nous apporter la démocratie. Les médias de masse en Roumanie sont contrôlés. Ils disent que Bachar el-Assad tue son propre peuple avec des armes chimiques. Nous essayons de rétablir la vérité par les réseaux sociaux et par internet. Dès que les journalistes savent que leur interlocuteur défend une opinion différente, la plupart du temps ils nous ignorent. Ils ne donnent la parole qu’à ceux dont ils savent qu’ils défendent la version officielle des événements. »
Je n’ai pas rencontré de Syriens de Suisse, mais j’ai pu discuter avec des Suisses qui ont pu m’apporter quelques éléments. Pour l’un, « ce que nous montrent nos médias traditionnels, c’est plutôt qu’on a un vilain dictateur, et en fait c’est tout le contraire, on a un peuple qui le soutient. » Pour autant, les grands médias suisses seraient tout de même plus impartiaux que dans des pays comme la France ou la Belgique : « sans vouloir faire de chauvinisme, précise-t-il, la couverture médiatique reflète mieux une certaine réalité, mais c’est toujours des médias qui vont dans le sens des puissances, de toutes les manières, mais ça, ça n’est pas seulement en France et en Suisse. Tout de même, si vous avez la chance de regarder ce soir la RTSA, vous verrez qu’ils vont diffuser exactement les mêmes images : il n’y aura pas d’images trafiquées ou d’images qui vont désavantager cette manifestation pacifique. » Un journaliste suisse que j’ai rencontré dans la manifestation m’a dit à peu près la même chose : « Les événements ont été traités de façon factuelle et relativement objective ; ici en Suisse c’est un peu différent de la France, car la Suisse est un pays complètement neutre. Ici on n’a pas de journaux d’opinion. Après, les éditorialistes peuvent prendre position. C’est pas comme en France avec d’un côté Libération, de l’autre le Figaro et au milieu le Monde, qui sont des journaux d’opinion. Ici il n’y en a pas. »
Il y avait peu d’autres nationalités en dehors des Syriens, de Suisses, d’Italiens, de Roumains et des nombreux Français. J’ai pu toutefois avoir des échanges intéressants avec des gens originaires d’autres pays ; je tiens en particulier à citer le témoignage d’un Hondurien qui a établi un parallèle saisissant entre la situation de la Syrie et celle de son pays, dirigé par une dictature militaire depuis 2009. Je m’écarte un peu de mon sujet en retranscrivant cette réflexion mais elle présente l’intérêt de montrer que les méthodes violentes et retorses utilisées pour déstabiliser la Syrie l’ont déjà été par le passé dans d’autres régions du monde, et par les mêmes. Les gens qui jugent incroyable que des pays occidentaux soient capables de pousser l’immoralité jusqu’à infiltrer des bandes de terroristes sanguinaires dans un pays, tout en couvrant l’opération par un médiamensonge basé sur l’inversion accusatoire, doivent savoir que ce procédé, loin d’être novateur, est en fait un grand « classique ».
« Je viens du Honduras et je représente un peu le Front national de résistance populaire du Honduras, qui s’est développé après le coup d’état en 2009. De même que les Syriens se battent pour leur souveraineté nationale, pour qu’elle soit respectée à travers le monde, qu’il n’y ait pas de puissances étrangères, généralement du camp occidental, qui viennent mettre leur nez, ou donner des armes aux terroristes, ou à des gens que eux considèrent bienveillants, et bien nous les soutenons depuis le Honduras. Nous aussi on se bat pour la souveraineté nationale et ce combat du coup, est le même, pour le peuple syrien, aussi bien que pour le peuple hondurien. (je lui pose une question sur les escadrons de la mort Contras infiltrés au Nicaragua à la fin des années 70). Nous le Honduras, on pourrait presque nous comparer à ce qu’est la Turquie au Moyen-Orient, parce qu’on a servi de base étant donné qu’on était au centre, on servait de base pour les contras, et je trouve que ce qui se passe en Syrie est très similaire à ce qu’ils ont fait au Nicaragua, à l’exception qu’au Nicaragua il y avait une révolution, ensuite les contras sont arrivés, alors que là c’est un gouvernement qui est en place depuis quand même pas mal d’années, qui est du coup légitime depuis un moment, et depuis, comme on l’a vu, c’est M. Roland Dumas qui l’a dit, depuis apparemment déjà 2011, il y a des négociations chez les occidentaux pour renverser ce régime qui ne se plie pas aux ordres des États-Unis, qui ne se plie pas aux ordres d’Israël, parce que ça aussi il faut le préciser, il y a eu beaucoup de contre informations dans les réseaux pro palestiniens en France qui apparemment disaient que Bachar el-Assad attaquait les Palestiniens, ce qui est complètement faux. Le régime syrien est le seul régime arabe à avoir eu le courage d’outrepasser le blocus mis en place par Israël sur la bande de Gaza, à avoir fourni de la nourriture, de l’eau et des armes aux Palestiniens ; ce sont les seuls et cela il faut le rappeler, c’est la Syrie le plus grand protecteur de la Palestine dans cette région, et d’ailleurs ce sont les seuls dans cette région à s’être confrontés à Israël dans le cadre d’une guerre, et cela ça n’est pas rappelé. (je lui pose une question sur la situation actuelle au Honduras) : en 2009 le président démocratiquement élu, Zelaya, avait proposé un referendum pour réformer la constitution, il y a eu un coup d’état militaire, les militaires l’ont dégagé du pays, on allant carrément le chercher chez lui en pyjama. Suite à ça il y a eu des élections où 20 % seulement de la population est allée voter, ce n’était donc absolument pas démocratique. En 4 ans on a eu un régime dictatorial. On a eu 300 à 400 morts en assassinats politiques, de tous les bords. On est devenu le pays le plus dangereux du monde, avec le plus haut taux d’homicides par habitants. On est à 86 meurtres pour 100000 habitants par an, et en décembre passé il devait y avoir des élections avec le nouveau parti qui avait été créé suite à la résistance, qui s’appelait le « Libre », et il y a eu une fraude généralisée à tous les niveaux, ça veut dire que le candidat du fascisme, qui est du parti national, il s’est déclaré vainqueur avant même le résultat du scrutin. Il y a eu des gens qui n’avaient pas pu aller votre mais leur vote s’est retrouvé pour le parti national, donc un fraude généralisée, et là en ce moment ils sont en train de passer toutes les lois car ils savent qu’aux prochaines élections ils ne gagnerons pas, donc ils font en sorte de bloquer de la situation, de nous endormir, pour continuer à maintenir leur hégémonie sur notre pays et que ça continue car nous sommes une zone très stratégique, ; au Nicaragua ils sont capables de lâcher du lest, nous ils ne nous en lâcherons pas. »

Bilan
En interrogeant exclusivement des gens soutenant les autorités syriennes légales et dénonçant les incursions continues de terroristes sur le sol syrien, il était fatal que j’obtinsse un point de vue plus uniforme que si j’avais croisé ces témoignages avec ceux de militants appelant à la chute du régime. Je ne pense pas néanmoins que cela fausse la vision d’ensemble.
Je connais assez bien le fonctionnement de la propagande anti Assad en France, que j’ai décrypté en détails dans dans mon ouvrage « Guerre en Syrie, le mensonge organisé des médias et des politiques français – tome 1« . Les gens qui défendent en France la version officielle de la crise syrienne sont massivement soutenus par les médias de masse et les institutions étatiques, et largement financés par des fonds issus d’on ne sait où. Il est très difficile, par ailleurs, d’avoir une discussion honnête avec eux : tout de suite ils s’énervent, coupent la parole, insultent. Je rappelle que le soutien massif de l’état à une version officielle, avec lynchage médiatique du camp adverse, est devenu de nos jours l’indice quasi infaillible d’un mensonge politico-médiatique organisé.
Les Syriens des autres pays d’Europe que j’ai interrogés ont tous développé la même analyse que leurs compatriotes de France. Si l’on excepte le cas de la Suisse, qui est très particulier, le traitement médiatique de la crise syrienne est apparemment identique en Roumanie, en Belgique, en Italie, et en Belgique. Nous aurions donc affaire à un mensonge organisé, non pas dans un seul pays occidental, mais dans l’ensemble des pays occidentaux.
Je terminerais ce compte-rendu par deux séries de remarques sur l’attitude des forces de l’ordre pendant cette manifestation à Montreux, et la couverture de cette manifestation par les médias de masse français.

Le comportement des forces de l’ordre
Des policiers suisses balisaient le parcours dans le cadre d’un dispositif plutôt léger et relâché, si l’on compare avec les moyens mis en œuvre à Paris dans le cadre de manifestations de plus grande ampleur. Aucun incident n’a été à déplorer en cette journée. Il est vrai que nous n’étions guère plus de 300, et que le gros des manifestants étaient composées de familles venues pour certaines avec leurs enfants.
Les policiers suisses avaient tout de même érigé un cordon de sécurité pour empêcher les manifestants de trop s’approcher de l’entrée du lieu de la conférence. Des bâches blanches avaient également été tendues sur les deux cents derniers mètres pour limiter les contacts visuels entre les manifestants et les participants à la conférence.
Cela n’a pas dissuadé les manifestants de scander chants et slogans à pleins poumons pendant près de deux heures.
C’est peut-être ce déluge sonore qui a poussé les policiers, 20 minutes après l’arrivée des 150 personnes de notre groupe, à repousser la manifestation plus haut dans la rue. Mais, bien vite, constatant le caractère pacifique de la manifestation, ces mêmes policiers ont reculé, pour reformer leur cordon de sécurité à l’endroit initial. Nous avons pu constater la sympathie de certains policiers. Un officier de police est même allé jusqu’à nous donner sa carte de visite.

Couverture de cette manifestation par les médias de masse français
Cette manifestation de militants syriens pro Assad a été couverte par les médias de masse français présents en nombre sur place pour l’occasion.
Vu le nombre de manifestants, ils auraient pu ignorer purement et simplement cet événement organisé en marge de la conférence. Maintenant on sait que le nombre n’est pas un critère : quand une manifestation sert le « système » ou un mensonge d’état, les journalistes peuvent la relayer même si elle ne comporte qu’une poignée de manifestants. C’est ainsi qu’on a pu voir Jean-Luc Mélenchon organiser, en collaboration avec TF1, une mise en scène visant à donner une impression de foule là où il n’y avait qu’un petit groupe de militants du Front de Gauche. Inversement des manifestations de moyenne ou grande ampleur peuvent être ignorées ou rapportées de façon mensongère dans le but de diaboliser ceux qui y participent. Tout cela participe de la « contestation organisée », une soupape mise en place par les tenants du système pour donner l’impression du pluralisme démocratique et du respect de la liberté d’expression. 

Si la manifestation avait été contenue à un kilomètre des lieux de la conférence, personne en France n’en aurait entendu parler (de la même façon que de nombreuses manifestations sont passées sous silence dans notre pays), mais là elle était à quelques mètres de l’entrée du bâtiment où se tenait la conférence, et il était impossible d’y échapper et de ne pas l’entendre
De façon frappante, les journalistes de ces médias sont demeurés de l’autre côté de la barrière érigée par les policiers suisses, et presque aucun n’a eu la curiosité de la franchir ( ce qui a priori ne leur était pas interdit) pour aller interroger directement ces militants, qui malgré leur colère sont demeurés de bout en bout pacifiques.

La seule trace ou presque de cette manifestation est donc une séquence de 1 minute 10 délivrée par l’AFP avec un commentaire d’une phrase et repris tel quel sur la totalité des sites internet des médias de masse.

mercredi 6 janvier 2016

We will not be a party to this crime!

We will not be a party to this crime!

5.01.2016
 
 
 

As academics and researchers of this country, we will not be a party to this crime!


The Turkish state has effectively condemned its citizens in Sur, Silvan, Nusaybin, Cizre, Silopi, 
and many other towns and neighborhoods in the Kurdish provinces to hunger through its use of 
curfews that have been ongoing for weeks. It has attacked these settlements with heavy weapons 
and equipment that would only be mobilized in wartime. As a result, the right to life, liberty, and 
security, and in particular the prohibition of torture and ill-treatment protected by the constitution 
and international conventions have been violated.

This deliberate and planned massacre is in serious violation of Turkey’s own laws and international 
treaties to  which Turkey is a party. These actions are in serious violation of international law.

We demand the state to abandon its deliberate massacre and deportation of Kurdish and other 
peoples in the region. We also demand the state to lift the curfew, punish those who are responsible 
for human rights violations, and compensate those citizens who have experienced material and 
psychological damage. For this purpose we demand that independent national and international 
observers to be given access to the region and that they be allowed to monitor and report on the 
incidents.

We demand the government to prepare the conditions for negotiations and create a road map that 
would lead to a lasting peace which includes the demands of the Kurdish political movement. 
We demand inclusion of independent observers from broad sections of society in these negotiations. 
We also declare our willingness to volunteer as observers. We oppose suppression of any kind 
of the opposition.

We, as academics and researchers working on and/or in Turkey, declare that we will not be a 
party to this massacre by remaining silent and demand an immediate end to the violence perpetrated 
by the state. We will continue advocacy with political parties, the parliament, and international public 
opinion until our demands are met.


Please send your signature, name of your university and your title to  
 
Signatures (446 as of January 05, 2016):
A. Dinç Alada, Professor, Istanbul University
A. Nevin Yıldız Tahincioğlu, Asst. Prof., Hacettepe University
A. Serdar Esen, Dr. (retired)
Abbas Vali, Professor, Boğaziçi University
Adalet B. Alada, Professor, Istanbul University
Adem Y. Elveren, Asst. Prof., Fitchburg Eyalet University
Adem Yeşilyurt, Assistant, Kocaeli University
Ahmet Altınel, Assoc. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Ahmet Atıl Aşıcı, Assoc. Prof., Istanbul Teknik University
Ahmet Ersoy, Assoc. Prof., Boğaziçi University
Alaeddin Şenel, Assoc. Prof., Ankara University (retired)
Ali Akay, Professor, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Ali Cevat Taşıran, Professor, Middle East Technical University
Ali Gökmen, Professor, Middle East Technical University
Ali Rıza Güngen, Dr., Ondokuz Mayıs University
Ali Saysel, Professor, Boğaziçi University
Ali Serdar, Dr., Özyeğin University
Ali Tansu Balcı, PhD student, Dokuz Eylül University
Alper Açık, Dr., Özyeğin University
Anıl Duman, Assoc. Prof., Yaşar University
Aren Kurtgözü, Asst. Prof., MEF University
Asena Pala, Assistant, Mardin Artuklu University
Asiye Akgün, Dr., Istanbul Kültür University
Aslı Aydemir, Assistant, Istanbul University
Aslı Çakıvik, Asst. Prof., Istanbul Teknik University
Aslı Davas, Assoc. Prof., Ege University
Aslı Iğsız, Asst. Prof., New York University
Aslı Odman, Instructor, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Aslı Takanay, PhD student, Boğaziçi University
Aslı Telli Aydemir, Asst. Prof., Istanbul Şehir University
Aslı Zengin, Research Fellow, Brandeis University
Asya Saydam, Assistant, Marmara University
Atilla Güney, Professor, Mersin University
Aydın Ördek, Assistant, Ankara University
Ayfer Bartu Candan, Assoc. Prof., Boğaziçi University
Aykut Çoban, Professor, Ankara University
Ayla Zırh Gürsoy, Professor, Marmara University (retired)
Aylin Kuryel, Dr., Amsterdam University
Aynur Özuğurlu, Assoc. Prof., Kocaeli University
Ayşe Akalın, Asst. Prof., Istanbul Teknik University
Ayşe Arslan, PhD student, SOAS
Ayşe Berkman, Professor, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Ayşe Erzan, Professor, Istanbul Teknik University
Ayşe Esmeray Yoğun, Asst. Prof., Toros University
Ayşe Gözen, Professor, Ondokuz Mayıs University (retired)
Ayşe Gül Altınay, Assoc. Prof., Sabancı University
Ayşe Serdar, Asst. Prof., Istanbul Teknik University
Ayşen Candaş, Assoc. Prof., Boğaziçi University
Ayşen Uysal, Professor, Dokuz Eylül University
Aysun Gezen, Assistant, Ankara University
Ayten Alkan, Assoc. Prof., Istanbul University
Aytül Fırat, Instructor, Istanbul Kemerburgaz University
Aziz Harman, Assoc. Prof., Dicle University
Bahar Şimşek, Assistant, Ankara University
Bahtiyar Mermertaş, PhD student, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Barış Karaağaç, Instructor, Trent University
Barış Kılıçbay, Professor, Abant İzzet Baysal University
Barış Ünlü, Asst. Prof., Ankara University
Barış Yapışkan, Asst. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Başak Can, Asst. Prof., Koç University
Başak Demir, Assistant, Galatasaray University
Başak Ertür, Dr., Londra University, Birkbeck
Baskın Oran, Porf. Dr., Ankara University (retired)
Bediz Yılmaz, Asst. Prof., Mersin University
Begüm Başdaş, Dr., Istanbul Bilgi University
Begüm Özden Fırat, Assoc. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Begüm Özkaynak, Professor, Boğaziçi University
Beliz Güçbilmez, Professor, Ankara University
Belma Bekçi, Assoc. Prof.
Bengi Akbulut, Researcher
Berke Özenç, Asst. Prof., Türk-Alman University
Bermal Aydın, Uzm., Mersin University
Berna Zengin, Asst. Prof., Özyeğin University
Berrak Karahoda, Instructor, Istanbul Bilgi University
Betül Tanbay, Professor, Boğaziçi University
Betül Yarar, Assoc. Prof., Gazi University
Bilge Selçuk, Assoc. Prof., Koç University
Bilgen Sanayır, PhD student, Trakya University
Biray Kolluoğlu, Professor, Boğaziçi University
Birgül Yılmaz, PhD student, Londra University
Biriz Berksoy, Dr., Istanbul University
Buket Türkmen, Assoc. Prof., Galatasaray University
Bülent Bilmez, Assoc. Prof., Istanbul Bilgi University
Bülent Duru, Assoc. Prof., Ankara University
Bülent Eken, Dr., Kadir Has University
Bülent Küçük, Asst. Prof., Boğaziçi University
Burak Ülman, Dr., Yıldız Teknik University
Burcu Binboğa, Assistant, Middle East Technical University
Burcu Konakçı, Assistant, Galatasaray University
Burcu Yakut-Çakar, Assoc. Prof., Kocaeli University
Çağdaş Acet, Assistant, Ankara University
Çağla Aydın, Asst. Prof., Sabancı University
Çağla Aykaç, Asst. Prof., Fatih University
Çağla Diner, Asst. Prof., Kadir Has University
Çağlar Dölek, Assistant, Middle East Technical University
Çağlar Güven, Professor, Middle East Technical University (retired)
Can Candan, Instructor, Boğaziçi University
Can Irmak Özinanır, Assistant, Ankara University
Can Soylu, PhD student, Istanbul University
Canan Özcan, Assistant, Istanbul Arel University
Canani Kaygusuz, Assoc. Prof., Ondokuz Mayıs University
Cansu Akbaş Demirel, Assistant, Ege University
Cansu Col, Assistant, Victoria University
Cavidan Soykan, Dr., Ankara University
Cem Özatalay, Assoc. Prof., Galatasaray University
Cengiz Aktar, Assoc. Prof., Süleyman Şah University
Cengiz Güneş, Dr., Open University
Cenk Yiğiter, Dr., Ankara University
Ceren Akçabay, Asst. Prof., Marmara University
Ceren Ergenç, Asst. Prof., Middle East Technical University
Ceren Mert, Dr., FMV Işık University
Ceren Özselçuk, Asst. Prof., Boğaziçi University
Ceren Şengül, PhD student, Edinburgh University
Ceren Sözeri, Assoc. Prof., Galatasaray University
Çetin Gürer, Asst. Prof., Nişantaşı University
Çetin Veysal, Professor, Mersin University
Ceyda Arslan Kechriotis, Dr., Boğaziçi University
Ceylan Begüm Yıldız, PhD student, Londra University, Birkbeck
Chris Stephenson, Instructor, Istanbul Bilgi University
Christoph K. Neumann, Professor, Münih Ludwig Maximilian University
Çiğdem Bozdağ, Yard. Assoc. Prof., Kadir Has University
Cuma Çiçek, Asst. Prof., Mardin Artuklu University
Demet İslambey, Assistant, Middle East Technical University
Deniz Gündoğan İbrişim, PhD student, Washington University
Deniz Morva, Assoc. Prof., Istanbul University
Deniz Parlak, Instructor, Istanbul Kemerburgaz University
Deniz Yonucu, Dr., EUME/ZMO
Deniz Yükseker, Professor, Istanbul Aydın University
Derya Bayır, Dr., GLOCUL, Queen Mary, University of London
Derya Özkan, Dr., Münih University
Derya Ülker, Assistant, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Didem Çınar, Instructor, Istanbul Teknik University
Dilek Hattatoğlu, Assoc. Prof., Muğla Sıtkı Koçman University
Doğan Çetinkaya, Asst. Prof., Istanbul University
Doğan Emrah Zıraman, PhD student, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Düzgün Uğur, Assistant, Dicle University
E. Osman Erdem., Asst. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Ebru Aykut, Asst. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Ece Algan, Assoc. Prof., California State University
Ece Öztan, Assistant, Yıldız Teknik University
Eda Aslı Şeran, Assistant, Galatasaray University
Egemen Cevahir, Dr., Marmara University
Egemen Kepekçi, Assistant, Istanbul University
Elçin Aktoprak, Asst. Prof., Ankara University
Elif Babül, Asst. Prof., Mount Holyoke Koleji
Elif Sandal Önal, PhD student, Istanbul Bilgi University
Emine İncirlioğlu, Professor, Researcher
Emir Benli, Dr.
Emrah Altındiş, Dr., Harvard University
Emrah Dönmez, Instructor, Işık University
Emrah Dönmez, Instructor, Işık University
Emre Kovankaya, Assistant, Yıldız Teknik University
Engin Fırat, Assistant, Hacettepe University
Engin Sustam, Dr., EHESS Paris
Erbatur Çavuşoğlu, Assoc. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Ercan Şen, Assistant, Ankara University
Erdem Üngür, Assistant, Istanbul Kültür University
Erdem Yörük, Asst. Prof. Koç University
Eren Deniz Tol, Professor, Muğla University
Erhan Keleşoğlu, Asst. Prof., Istanbul University
Erhan Ünlü, Professor, Dicle University
Erhan Yalçındağ, Dr.
Erkan Erdil, Professor, Middle East Technical University
Erkin Başer, Asst. Prof., Dokuz Eylül University
Erol Köroğlu, Asst. Prof., Boğaziçi University
Ersin Aslıtürk, Dr., Ottawa University
Ertan Ersoy, Asst. Prof., Istanbul University
Ertuğrul Ahmet Tonak, Professor, Istanbul Bilgi University
Esengül Ayyıldız, Asst. Prof., Çukurova University
Esin Düzel, Instructor, California University, San Diego
Esin Gülsen, Assistant, Mersin University
Esra Arsan, Assoc. Prof., Istanbul Bilgi University
Esra Demir, Dr., Marmara University
Esra Mungan, Asst. Prof. Boğaziçi University
Etienne Copeaux, Dr.
Evrim Karakaş, PhD student, Rennes I University
Ezgi Güner, PhD student, Illinois University
Ezgi Pınar, Assistant, Istanbul University
Ezgi Toplu, Assistant, Middle East Technical University
F. Ceren Akçabay, Asst. Prof.
Fatih Çağatay Cengiz, Assistant, Ondokuz Mayıs University
Fatma Gök, Professor, Boğaziçi University
Fatma Gül Karagöz, Assistant, Galatasaray University
Fatma Müge Göçek, Professor, Michigan University
Ferdan Ergut, Professor, Middle East Technical University
Feryal Saygılıgil, Assoc. Prof., Arel University
Feyza Akınerdem, Dr.
Figen Işık, Instructor, Middle East Technical University
Fikret Uyar, Professor, Dicle University
Fisun Güven, Assistant, Middle East Technical University
Fırat Erdoğmuş, Instructor, Bahçeşehir University
Fulya Atacan, Professor, Yıldız Teknik University
Funda Karapehlivan, Dr., Marmara University
Funda Şenol Cantek, Professor, Ankara University
Füsun Üstel, Professor, Galatasaray University
Galip Deniz Altınay, Uzm., Mersin University
Gaye Elçi, Instructor, Middle East Technical University
Gaye Yılmaz, Dr., Boğaziçi University
Gençay Gürsoy, Professor, Istanbul University (retired)
Gökçe Metin, PhD student, Boğaziçi University
Gökçen Yıldız, Dr., Istanbul Bilgi University
Göksel N. Demirer, Professor, Middle East Technical University
Gönül Turgut, Instructor, Türkiye ve Orta Doğu Amme İdaresi Enstitüsü
Gözde Aytemur, Assistant, Galatasaray University
Gözde Yalçın, Assistant, Ankara University
Gül Köksal, Assoc. Prof., Kocaeli University
Gülçin Karabağ, Assistant, YIldız Teknik University
Gülengül Altıntaş, Instructor, Bahçeşehir University
Güler İnce, PhD student, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Gülşah Kurt, Asst. Prof., Kadir Has University
Gülsüm Depeli, Asst. Prof., Hacettepe University
Gülüm Şener, Asst. Prof., Arel University
Güneş Gümüş, Assistant, Ankara University
Gürel Tüzün, Dr., Middle East Technical University (retired)
Güven Gürkan Öztan, Yrd. Doç., Istanbul University
H. Ege Özen, PhD student, Binghamton University
H. Neşe Özgen, Professor, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Hacer Ansal, Professor, Işık University
Hakan Mıhcı, Professor, Hacettepe University
Haldun Sural, Professor, Middle East Technical University
Haluk Baran Bingöl, PhD student, Kennesaw State University
Hamit Bozarslan, Porf. Dr.,  Ecole des hautes études en sciences sociales
Hande Gülen, Assistant, Yalova University
Hande Kaynak, Asst. Prof., Çankaya University
Hatice Kurtuluş, Professor, Istanbul University
Hazal Azeri, Assistant, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Hazal Halavut, Assistant, Boğaziçi University
Hazel Başköy, Assistant, Ufuk University
Hülya Adak, Assoc. Prof., Sabancı University
Hülya Kendir, Asst. Prof., Kocaeli University
Hülya Kirmanoğlu, Professor, Istanbul University
Hümeyra Yılmaz, Assistant, Dicle University
İclal Ayşe Küçükkırca, Yrd. Doç, Mardin Artuklu University
İlhan Küçükaydın, Asst. Prof., Penn State University
İlkay Kara, Assistant, Ankara University
İlkay Özküralpli, Instructor, Istanbul Arel University
İpek Seyalıoğlu, Instructor, Boğaziçi University
İrfan Açıkgöz, Professor, Dicle University
Işıl Ünal, Professor, Ankara University
Işın Önol, PhD student, Viyana University
İsmail Şiriner, Professor, Batman University
İzzettin Önder, Professor
Kasım Akbaş, Asst. Prof., Anadolu University
Kenan Demirel, Assistant, Ankara University
Kerem Öktem, Professor, Graz University
Kıvanç Ersoy, Assoc. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Kıvılcım Turanlı, Asst. Prof., Anadolu University
Koray Çalışkan, Doç, Boğaziçi University
Kuban Altınel, Professor, Boğaziçi University
Kumru Çılgın, Assistant, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Kuvvet Lordoğlu, Professor, Kocaeli University
Lara Fresko, Cornell University
Leyla Neyzi, Professor, Sabancı University
Lülüfer Körükmez, Asst. Prof., Ege University
Lütfiye Bozdağ, Asst. Prof., Kemerburgaz University
Mahir Tokatlı, Assoc. Prof., Bonn University
Mahmut Mutman, Professor, Istanbul Şehir University
Maya Arakon, Assoc. Prof., Süleyman Şah University
Mehmet Mutlu, Assistant, Middle East Technical University
Mehmet Oturan, Professor, Paris Est University
Mehmet Rauf Kesici, Asst. Prof., Kocaeli University
Mehtap Balık, Assistant, Istanbul University
Mehtap Tosun, Assistant, Middle East Technical University
Melda Yaman, Assoc. Prof., Ondokuz Mayıs University
Melehat Kutun, Dr., York University
Melek Zorlu, Assistant, Tunceli University
Melih Çelik, Asst. Prof., Middle East Technical University
Melih Kırlıdoğ, Professor, Nişantaşı University
Melis behlil, Assoc. Prof., Kadir Has University
Meral Akbaş, Assistant, Middle East Technical University
Meral Camcı, Asst. Prof., Yeni Yüzyıl University
Merve Fidan, Assistant, Ankara University
Meryem Koray, Professor
Mesut Keskin, Asst. Prof., Mardin Artuklu University
Mesut Yeğen, Professor, Istanbul Şehir University
Metin Altıok, Assoc. Prof., Mersin University
Mihriban Özbaşaran, Professor, Istanbul University
Mine Gencel Bek, Professor, Ankara University
Müge Ayan Ceyhan, Dr., Istanbul Bilgi University
Murat Cemal Yalçıntan, Professor, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Murat Emeksiz, Assoc. Prof., Anadolu University
Murat Koyuncu, Asst. Prof., Boğaziçi University
Murat Özbank, Asst. Prof., Istanbul Bilgi University
Murat Paker, Asst. Prof., Istanbul Bilgi University
Murat Yılmaz, Asst. Prof., Boğaziçi University
Mustafa Kemal Coşkun, Assoc. Prof., Ankara University
Mustafa Koç., Professor, Ryerson University
Mustafa O. Sinemilloğlu, Asst. Prof., Dicle University
Mustafa Şener, Asst. Prof., Mersin University
Muzaffer Kaya, Asst. Prof., Nişantaşı University
N. Gamze Toksoy, Asst. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
N.Ceren Salmanoğlu, Assistant, Ankara University
Nalan Erbil, PhD student, Wisconsin Madison University
Nazan Üstündağ, Asst. Prof. Boğaziçi University
Nazım H. R. Dikbaş, Instructor, Istanbul Bilgi University
Necat Keskin, Asst. Prof., Mardin Artuklu University
Nejla Osseiran, Instructor, Boğaziçi University
Nergiz Kardaş, Assistant, Hacettepe University
Nermin Saybaşılı, Assoc. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Neşe Yıldıran, Dr., Işık University
Nil Mutluer, Asst. Prof., Nişantaşı University
Nilgün Erdem, Assoc. Prof., Ankara University
Noemi Levy-Aksu, Asst. Prof., Boğaziçi University
Nüket Esen, Professor, Boğaziçi University
Nur Betül Çelik, Professor, Ankara University
Nurçin İleri, Dr., Boğaziçi University
Nuri Ersoy, Assoc. Prof., Boğaziçi University
Nurseli Yeşim Sünbüloğlu, PhD student, Sussex University
Ogeday Çoker, Assistant, Istanbul University
Öget Öktem Tanör, Professor
Olcay Akyıldız, Asst. Prof., Boğaziçi University
Olcay Kunal, Okutman, Galatasaray University
Ömer Tekdemir, Dr., Westminster University
Onur Buğra Kolcu, Instructor, Istanbul Arel University
Onur Günay, PhD student, Princeton University
Onur Hamzaoğlu, Professor, Kocaeli University
Osman Cen, Dr., Northwestern University
Osman Eroğlu, Asst. Prof., Mardin Artuklu University
Ozan Değer, Assistant, Ankara University
Ozan Çağlayan, Assistant, Galatasaray University
Ozan Erözden, Professor, MEF University
Ozan Kamiloğlu, Assistant, Londra University, Birkbeck
Özel Teraman, Asst. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Özge Ejder Johnson, Asst. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Özge Korkmaz, PhD student, Michigan University
Özge Özdüzen, PhD student, Edge Hill University
Özgün E. Topak, Dr., York University
Özgür Martin, Assoc. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Özgür Öztürk, Assoc. Prof., Ondokuz Mayıs University
Özlem Albayrak, Asst. Prof., Ankara University
Özlem Güçlü, Asst. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Özlem Köseoğlu Örnek, Instructor, Istanbul Bilgi University
Özlem Özkan, Assoc. Prof., Kocaeli University
Öznur Öncül, Asst. Prof., Bülent Ecevit University
Öznur Yaşar Diner, Yrd.Assoc. Prof., Kadir Has University
Pelin Yalçınoğlu, Asst. Prof., Anadolu University
Pınar Bedirhanoğlu, Assoc. Prof., Middle East Technical University
Pınar Ecevitoğlu, Asst. Prof. , Ankara University
Pınar Önen, Instructor, Okan University
Pınar Özdemir, Assoc. Prof., Ankara University
R. Orkun Güner, Assistant, Kadir Has University
Refet Ali Yalçın, Assistant, Boğaziçi University
Reyda Ergün, Asst. Prof., Kadir Has University
S. Cankat Tanrıverdi, Assistant, Istanbul University
S. Ulaş Bayraktar, Assoc. Prof., Mersin University
Saadet Sorgunlu, Instructor
Şahika Yüksel, Professor Dr., Istanbul University (retired)
Samim Akgönül, Professor, Strasbourg University
Sarphan Uzunoğlu, Instructor, Kadir Has University
Savaş Çoban, Dr., Researcher
Şebnem Korur Fincancı, Professor, Istanbul University
Şebnem Oğuz, Assoc. Prof., Başkent University
Seçil Dağtaş, Asst. Prof., Waterloo University
Seçil Doğuç, Assistant, Galatasaray University
Seçkin Özsoy, Assoc. Prof., Ankara University
Seda Altuğ, Asst. Prof., Boğaziçi University
Sedat Yağcıoğlu, Assistant, Hacettepe University
Sefa Feza Arslan, Professor, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Selda Altınok, Assistant, Yalova University
Selda Öndül, Professor, Ankara University
Selim Badur, Professor, Istanbul University
Selime Güzelsarı, Assoc. Prof. Abant İzzet Baysal University
Sema Bayraktar, Asst. Prof., Istanbul Bilgi University
Semih Bilgen, Professor, Yeditepe University
Semra Somersan, Assoc. Prof.
Şemsa Özar, Professor, Boğaziçi University
Serap Sarıtaş, Assistant, Dokuz Eylül University
Serdar Altok, Asst. Prof., Boğaziçi University
Serdar Çagırga, Assistant, Ankara University
Serdar M. Değirmencioğlu, Professor, Doğuş University
Serkan Günay, Assistant, Middle East Technical University
Sevda Bulduk, Assoc. Prof., Istanbul Bilim University
Sevgi Uçan Çubukçu, Assoc. Prof., Istanbul University
Seyhan Çamlıgüney, Uzm. Middle East Technical University
Sezai Ozan Zeybek, Asst. Prof., Istanbul Bilgi University
Sezen Çilengir, Assistant, Istanbul University
Sibel Bekiroğlu, Assistant, Middle East Technical University
Sibel Irzık, Professor, Sabancı University
Sibel Özbudun, Assoc. Prof.
Sibel Yardımcı, Assoc. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Sinan Aslan, Assistant, Middle East Technical University
Sinem Arslan, Assistant, Essex University
Sinem Aydınlı, Assistant, Bahçeşehir University
Sinem Seçer, Assistant, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Siyaveş Azeri, Assoc. Prof., Mardin Artuklu University
Şükrü Aslan, Assoc. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Sümercan Bozkurt, Assistant, Middle East Technical University
Süreyya Karacabey, Assoc. Prof., Ankara University
T. Deniz Erkmen, Asst. Prof., Özyeğin University
Tahsin Söğüt, Professor, Dicle University
Tahsin Yeşildere, Professor, Istanbul University
Taylan Koç, Asst. Prof., Çukurova University
Taylan Şahan Tarhan, PhD student, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Teoman Pamukçu, Professor, Middle East Technical University
Tezcan Durna, Assoc. Prof., Ankara University
Tolga Tören, Asst. Prof., Mersin University
Tuba Akıncılar, Instructor, Galatasaray University
Tuğba Özcan, Assistant, Middle East Technical University
Tuğçe Çetin, Assistant, Istanbul Bilgi University
Tuğçe Erçetin, PhD student, Bilgi University
Tülay Erkan, Professor, Istanbul University
Tuna Altınel, Assoc. Prof., Lyon-1 University
Tuna Coşkun, Assistant, Middle East Technical University
Tuna Kuyucu, Asst. Prof., Boğaziçi University
Türkan Yosun, PhD student, Sabancı University
Uğur Kara, Asst. Prof., Anadolu University
Ülker Sözen, Assistant, Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Ülkü Doğanay, Professor, Ankara University
Ülkü Güney, Dr.
Umut Şah, Instructor, Istanbul Arel University
Umut Tümay Arslan, Assoc. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Veli Deniz, Professor,, Kocaeli University
Veli Polat, Assoc. Prof., Istanbul University
Vildan Seçkiner, PhD student, Ludwig Maximilian University
Volkan Çıdam, Asst. Prof., Boğaziçi University
Wendy Hamelink, Dr., Leiden University
Yahya M. Madra, Assoc. Prof., Boğaziçi University
Yakın Ertürk, Professor, Middle East Technical University (retired)
Yasemin Acar, Dr., Özyeğin University
Yasemin İnceoğlu, Professor, Galatasaray University
Yasemin Karaca, Asst. Prof., Mersin University
Yasemin Özgün, Asst. Prof., Anadolu University
Yasin Bedir, Assistant, Dicle University
Yıldırım Şentürk, Assoc. Prof., Mimar Sinan Güzel Sanatlar University
Yıldız Silier, Asst. Prof., Boğaziçi University
Yılmaz Turgut, Professor, Dicle University
Yonca Demir, Asst. Prof., Istanbul Bilgi University
Yonca Güneş Yücel, Dr.
Yonca Özdemir, Asst. Prof., Middle East Technical University - Kuzey Kıbrıs
Yücel Demirer, Assoc. Prof. Kocaeli University
Yüksel Taşkın, Professor, Marmara University
Zafer Yenal, Assoc. Prof., Boğaziçi
Zafer Yörük, Asst. Prof., İzmir Ekonomi University
Zelal Ekinci, Professor, Kocaeli University
Zerrin Kurtoğlu, Professor, Ege University
Zeynep Arıkan, Assistant, Boğaziçi University
Zeynep Çatay, Asst. Prof., Istanbul Bilgi University
Zeynep Dadak, Dr., Kadir Has University
Zeynep Direk, Professor
Zeynep Gönen, Dr.
Zeynep Kadirbeyoğlu, Asst. Prof., Boğaziçi University
Zeynep Kaşlı, PhD student, Washington University
Zeynep Kıvılcım, Assoc. Prof., Istanbul University
Zeynep Savaşçın, Assistant,Galatasaray University
Zeynep Uysal, Assoc. Prof., Boğaziçi University
Zeynep Yeşim Gökçe, Assistant, Istanbul Bilgi University




jeudi 31 décembre 2015

Verjine Gulbenkian Maternity Hospital


Verjine Gulbenkian Maternity Hospital 

NEW YORK – With over 80 years of service dedicated to the Armenian nation, the Verjine Gulbenkian Maternity Hospital has been a blessing to Syrian Armenians, and, in particular, to Aleppo Armenians. This was especially true for the scattered remnants of the Armenian deportees, who, after experiencing the bitter fate of the Genocide, were able to form new families on the hospitable soil of the Syrian homeland.
 
 
Gulbenkian Maternity Hospital
 
The maternity hospital became a place for childbearing which served all without discrimination—without attention to religious denomination or politics. Multiple generations were born in this maternity hospital and today they recall the great charitable work conducted there with reverence.

Unfortunately, due to the consequences of the Syrian conflict, the Verjine Gulbenkian Maternity Hospital, along with other Armenian institutions, was forced temporarily to close its doors. The Gullabi Gulbenkian Foundation’s maternity hospital is in a comparatively more peaceful geographical area in a quarter with a large Armenian population. On the other hand, the Armenian home for the aged was bombarded and experienced damage. Consequently, over the past few years the maternity hospital has been providing a temporary safe shelter to the displaced elderly residents.

On December 25, 2015, the board of directors of the Gullabi Gulbenkian Foundation announced to all Aleppo Armenians that the Verjine Gulbenkian Maternity Hospital, a charitable institution, will once again return to its original mission, by reestablishing the first floor of its building as a hospital ward. Also, through the decision of the board of directors of the Gullabi Gulbenkian Foundation, while giving temporary shelter in its complex, it will continue to keep its doors open to the elderly until the resolution of this tragic conflict allows their return to the Armenian home for the aged.

Ohannes Ohannesian, the authorized representative of the Foundation in Aleppo, will soon initiate the preliminary work needed to restore the maternity hospital to its original splendor, so that it may resume admitting expectant mothers.

The reopening of the Gulbenkian Maternity Hospital will provide hope, security, stability and employment to the residents of Aleppo.

The Aleppo-Armenian community will soon receive notices of further developments regarding the Verjine Gulbenkian Maternity Hospital. Until then, the Gullabi Gulbenkian Foundation wishes the Republic of Syria and all Aleppo Armenians a wonderful New Year and lasting peace.
 
Board of Directors of the Gullabi Gulbenkian Foundation
 

lundi 21 décembre 2015

La tactique de l'horreur de Daesh

La tactique de l'horreur de Daesh


par Nikos Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras
21.12.2015
En stratégie, à partir des observations précises de Clausewitz sur la guerre, et surtout pour son caractère caméléonien, nous pensons que le plus naturel est la guerre et quand elle fait des pauses que nous appelons cela la paix tandis que la société nous impose arbitrairement le contraire. 
Cela ne surprend pas celui qui traite de questions stratégiques, car il reconnaît continuellement dans le cadre de la réalité historique des schémas mentaux stratégiques qui n’existent pas pour la société. Mais actuellement, même la société la plus libre ou la plus apathique, est forcée d'accepter que nous nous trouvons dans une phase de guerre avec la question du terrorisme qui provient de l'organisation Daesh et elle commence à accepter qu'il y ait une approche différente et qu'il ne s’agit pas seulement d’un autre phénomène semblable aux précédents. 
Cette organisation a pour but un crime contre l'humanité, et si nous ne l'arrêtons pas, elle commettra un génocide sous nos yeux sans que les sociétés de l’indifférence ne s’en rendent compte. Pour créer un état, cette organisation est prête à n’importe quel sacrifice et catastrophe et ce, à différents niveaux de cruauté contre des bébés qui souffrent de maladies, pour la manipulation des enfants, pour des atrocités commises contre les hommes, pour la poursuite des ennemis, la destruction de villages, par appauvrissement économique par empiètement territorial, par des tentatives violentes et des suicides, de manière à causer des dommages, en particulier, dans des populations qui ont des religions différentes, développer une rivalité et que celle-ci permette un engagement des éléments les plus extrémistes dans sa région et modifier les données démographiques. 
Donc, tout retard de notre part, aggrave la situation pour des peuples innocents qui n’ont pas de protection.

jeudi 3 décembre 2015

THE GREETING ADDRESS OF DR. HAYK S. KOTANJIAN TO THE 7TH ALL-RUSSIAN CONGRESS OF POLITICAL SCIENCE



THE 60TH ANNIVERSARY OF THE RUSSIAN POLITICAL SCIENCE ASSOCIATION: 1955 – 2015 THE 7TH ALL-RUSSIAN CONGRESS OF POLITICAL SCIENCE, 
NOVEMBER 19-21, 2015: MOSCOW

THE GREETING ADDRESS OF THE CHAIRMAN OF POLITICAL SCIENCE ASSOCIATION OF ARMENIA DR. HAYK S. KOTANJIAN TO THE 7TH ALL-RUSSIAN CONGRESS OF POLITICAL SCIENCE ON BEHALF OF THE POLITICAL SCIENCE ASSOCIATIONS OF THE NEW INDEPENDENT STATES



Dear Madam Chair,
Dear Colleagues,


On behalf of Political Science Association of Armenia and – as it was kindly offered to me – on behalf of sister Associations of the New Independent States I have the honor to extend brief greetings to the participants and guests of the 7th All-Russian Congress of Political Science.

The reality in our field of Political Science viz. Strategic Security Studies is that in our research and applied-academic developments the number of new threats and their various configurations is growing. In this situation we have to academically understand the ways of promoting the dialogue and cooperation under the hardly predictable hybrid forms of armed struggle.

Responding to one of the main topics of the All-Russian Congress of Political Science, I am pleased to note that at the dawn of the US “reset policy” in 2010 I happened to be the academic consultant of the “US-RUSSIA Strategic Dialogue” at John F. Kennedy School of Government of Harvard University involving the leading Russian and American Generals as well as strategic analysts that enables to professionally follow the current dynamics of this process. Since 2014 the subject of our special attention has been the alarming deterioration of relations between Russia and the West, which according to a number of leading international experts led to the threshold of a “new-generation Cold Peace-War”. We can admit that this situation adversely affects the promotion of security interests and development of all respected states and organizations represented in our Congress. Let me express confidence in our professional community’s clear understanding of the fact that the constructive systemic reset of international relations with the resumption of the dialogue between Russia and the West stems from the interests of security and sustainable development of all international entities.

The problem of filling the reset of these relations with a new meaningful content accompanied by the understanding of ways of comprehensive development of cooperation in the economic, political, military, communications and other fields becomes urgent due to the globalizing terrorist threat under a scenario with the clash-of-civilizations symptomatic features  – presented years ago by our distinguished colleague from Harvard, Professor Samuel P. Huntington. These catastrophic symptoms are evidenced by the crash of the Russian aircraft blown down to pieces over Sinai, terrorist attacks in Paris, Syria, Iraq, Lebanon, Israel, Afghanistan, and other countries all across the Globe.

The conflicting relationships between millions of migrants and local population of Europe – in connection with the problem of their cultural compatibility and conflicting divergence of their demographic dynamics – warn of value preferences and lifestyles lurking in the depths of this clash.

It should be particularly noted that recently emerging positive messages directed to the improvement of relations between Russia and the West in the context of convergence of positions in the fight against “Islamic State” allow us to hope that the dialogue’s resumption – based on the rethinking of the content and mechanisms of international cooperation and consolidation of leading actors’ efforts in confronting the challenges of terrorism threatening the outbreak of a global conflict among civilizations – could be the basis for preventing an impending crisis in the global security system and shaping a new more secure world order.

In this regard, let me run the errand of the Board of our Association and read an excerpt from its Address to His Excellency the President of the Russian Federation Mr. Vladimir Putin and His Excellency the US President, Mr. Barack Obama, adopted in October 2014: - CIT. – The Political Science Association of Armenia has the honor to request that you take the steps necessary to return to the “reset” policy. Undoubtedly, the states you lead possess a huge professional resource to ensure and implement the policy of rapprochement, as well as historical experience of conflict resolution between the two nuclear powers. Modern trends in the rise of global confrontation make the interaction of your states within the UN Security Council – based on principles of trust and prevalence of global security interests necessary than ever. In addition, the Association urges you to make use of the acquired and reviewed mechanisms of interaction between your states within the OSCE – an organization drawing together the interests of the Russian Federation, the United States of America and the European Union, as well as a number of countries that share the universal values ​​of security and cooperation. In the context of the contemporary development of the confrontation potential in Europe, the intensification of the cooperation within the OSCE is first of all necessary from the point of view of the leading role of the powers headed by you as the guarantors of the Pan-European security” (Europe et Orient, jeudi 9 octobre 2014, IT IS STILL NOT TOO LATE TO AVOID A GLOBAL CATASTROPHE”,
 http://europeetorient.blogspot.am/2014/10/it-is-still-not-too-late-to-avoid.html).

I am sure that our discussions within our Congress – synthesizing political-science knowledge and art of its application in political-diplomatic, economic, military, and communications practice – will help us to find appropriate solutions that can provide new impetus to the development of political science and increasing its critical “smart-power” influence on successful joint normalization of interstate relations’ climate in the system of global security – given the very dangerous explosiveness of this period of time. 

Let me wish us all a fruitful work.

Thank you.

Major General Hayk S. Kotanjian, Doctor of Political Science (RF), Professor, Counterterrorism Fellow (USA), Head of the Institute for National Strategic Studies, MOD, RA