samedi 29 mars 2014

Kessab : silence on tue !



Qui parle des Arméniens de Kessab ?

Jan Varoujan
Paris, 27.03.2014


Le village de Kessab en Syrie, près de la frontière turque, est tombé aux mains des rebelles islamistes syriens dimanche 23 mars. Un évènement qui a provoqué la fuite de ses habitants majoritairement arméniens, dont beaucoup, ce sont des descendants des rescapés du Génocide Arménien, perpétré en Turquie de 1915 à 1922. Sur les 5 000 habitants des cinq villages du canton, environ 65 % sont Arméniens et le reste est alaouite.

Les terroristes disent toujours ce qu’ils vont faire

Dans un article du « Monde », daté du 24 octobre 2012, un rebelle turkmène (Syrien d'origine turque) avait lancé un avertissement à la population arménienne du village. « Je préviens nos frères arméniens à Kessab : qu’ils partent avant l’offensive de l’Armée syrienne libre, sinon ils vont avoir des pertes civiles et encore se plaindre d’un génocide perpétré par des Turcs ».

Selon Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie et directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO), l’enjeu dissimulé derrière cette bataille « officiellement » menée pour s’emparer d’un poste frontière, « c’est une stratégie d’épuration ethnique à l’égard de la population arménienne de Kessab ».

Le rôle de la Turquie

La prise du village n’a pu être possible sans l’accord, voir le soutien militaire, des autorités turques. « Les rebelles se sont facilement emparés du village avec l’appui des autorités turques, ces dernières empêchant l’aviation syrienne d’épauler les combattants arméniens et l’armée régulière » juge Fabrice Balanche. Dimanche, la Turquie a abattu un avion militaire syrien qui bombardait des rebelles, près du poste frontière de Kessab. Ankara affirme que l'appareil avait violé l'espace aérien turc alors que la Syrie dénonce une « agression flagrante » et a déclaré que l'avion avait été touché en territoire syrien. Damas accuse l’armée turque d’avoir « fourni une couverture pour cette attaque terroriste » dans ce secteur, et permit aux insurgés de s'infiltrer depuis la Turquie.

Le silence des médias français

À part France 24 avez-vous entendu parler de ce drame sur les ondes de radios ou sur les écrans de TV en France ? Nos intellectuels, si empressés à se rendre sur les plateaux de TV ou devant les micros pour défendre des causes humanitaires, ont-ils eu un mot à ce sujet ? Les analystes « spécialistes » de la Turquie ont-ils parlé de ce drame ? Et nos politiques, notamment le Quai d’Orsay ? A-t-on envoyé, sinon un avertissement, au moins un message à Ankara pour condamner le soutien apporté aux terroristes dont les actes sauvages envers la population arménienne de Kessab et la profanation de plusieurs églises arméniennes, rappellent les pages noires de l’histoire contemporaine turque ?

On peut comprendre que ces jours-ci les élections municipales accaparent l’actualité dans les médias français, mais une épuration ethnique, qui se déroule près de chez nous, dans le bassin méditerranéen, est-elle moins importante que, par exemple, le Boeing disparu à des dizaines de milliers de kilomètres de chez nous, dont on parle à longueur de la journée ? On aimerait comprendre qui dans les rédactions décide de la hiérarchie des sujets à traiter et sur quels critères.

mardi 11 mars 2014

Affaire perinçek : La Suisse dépose un recours


La Suisse dépose un recours

 

Berne refuse le jugement de la Cour européenne des droits l'homme (CEDH) donnant raison à Dogu Perinçek, condamné pour discrimination raciale pour des propos tenus sur le génocide arménien.

 

Dogu Perinçek a été condamné en Suisse pour discrimination raciale après avoir qualifié le génocide arménien de «mensonge international».
Le réexamen du cas vise à préciser la marge de manoeuvre dont disposent les autorités suisses, indique mardi l'Office fédéral de la justice (OFJ). L'affaire concerne l'application de la norme antiraciste inscrite à l'article 261 bis du code pénal, précise l'office.
La Suisse a créé cette norme pour combler une lacune de son droit pénal, dans le but d'adhérer à la Convention de l'ONU sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale. L'article 261 bis sanctionne notamment celui qui niera, minimisera grossièrement ou cherchera à justifier un génocide ou d'autres crimes contre l'humanité.

http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/La-Suisse-d-pose-un-recours-24137963


Voir aussi : http://europeetorient.blogspot.com/2014/03/affaire-perincek-la-suisse-depose-un.html

vendredi 7 mars 2014

Ukraine: " Des comportements à géométrie variable "



Ukraine: « Des comportements à géométrie variable » selon Jean GERONIMO

   
 par  Angelique Schaller
    vendredi 7 mars 2014


Le parlement de Crimée a annoncé un référendum le 16 mars sur le rattachement à Moscou et des militants pro-russes ont défilé.

A contre-courant des analyses sur l’actualité en Ukraine, Jean GERONIMO, économiste spécialiste des questions économiques et géostratégiques russes décrypte les raisons du conflit.

Docteur en économie, Jean Geronimo* est spécialiste des questions économiques et géostratégiques russes à l’Université Pierre Mendès France à Grenoble.




Comment appréciez-vous l’intervention européenne en Ukraine ?

C’est un des éléments de la guerre tiède, un concept développé dans mon livre sur la Pensée stratégique russe. Il s’agit de la guerre froide mais actualisée, avec moins d’idéologie, recentrée sur le contrôle des états stratégiques sur plan politique mais aussi énergétique. Ce qui est le cas de l’Ukraine. Je me réfère beaucoup à Zbigniew Brzezinski qui a écrit un ouvrage fondateur en 1997 que je surnomme le livre rouge de la pensée américaine. Il appelle déjà l’Ukraine un pivot géopolitique que les USA ont tout intérêt à contrôler. Or, cet homme a eu et a encore beaucoup d’influence sur la politique américaine, qui consiste non plus à contenir la Russie comme c’était le cas pendant la guerre froide, mais à la faire reculer. Et l’Europe est un outil pour y parvenir. Au même titre que l’Otan.

Comment cela se passe-t-il ?

L’Europe utilise le soft power. Au nom de valeurs démocratiques, elle va condamner la Russie, financer des ONG défendant les droits de l’homme qui finissent par renverser un pouvoir légitime au profit de dirigeants ultralibéraux et donc pro-américains. On l’a vu en Ukraine en 2003, puis en Georgie, puis au Kirghizistan…Une force de frappe médiatique importante est développée pour conditionner l’opinion publique et renverser un président. C’est ce qui vient de se passer avec Viktor Ianoukovitch qui avait été légalement élu en 2002. Le jour où il a été renversé, il avait accédé à toutes les demandes de l’opposition. Alors pourquoi cette nouvelle attaque ? Mon hypothèse est que l’on a réactivé les mouvements extrémistes, qu’ils ont tiré sur les policiers. Bref qu’on a construit politiquement un coup d’état qui aurait pu être évité. Les motivations de respect des droits de l’homme et de corruption invoqués pour démettre un président légitime sont à géométrie variable et ne servent ainsi à démettre personne en Arabie Saoudite, en Turquie, en Azerbaïdjan…

L’Union européenne semble pourtant centrale dans ce dossier puisque les premières manifestations sont liées au refus d’accepter l’accord d’association proposé ?

Cet accord était une orientation vers le tout marché, sur le modèle développé en Grèce, avec baisse des dépenses publiques, compression de l’Etat providence qui reste encore important en Ukraine, héritage du système soviétique. Un véritable big bang. Il était donc légitime de ne pas l’accepter tel quel. Mais Viktor Ianoukovitch ne l’a pas refusé, il a demandé des modifications. Son erreur est d’avoir longtemps laissé croire qu’il le signerait et d’avoir demandé des changements au moment même où il se rapprochait de la Russie. Russie qui a d’ailleurs un discours bien différent puisque sa proposition de rapprochement avec l’Ukraine ne se fait pas contre l’Europe. Mais pour en revenir à la question, il n’a jamais refusé l’accord alors que cela a été présenté ainsi. Ce qui me semble une désinformation. Tout comme des fausses informations ont justifié dans le passé l’intervention au Kosovo, en Irak ou en Lybie.

Il y a quand même eu des manifestations de milliers de citoyens ?

Sur impulsion de gens financés et formés par l’occident. Le jour où le président a été démis, on a vu des manifestants défiler sous les drapeaux de la division SS Galicie, se référant aux collaborateurs nazis ukrainiens ! Après ces manifestations, des membres du parti fasciste Svodboda sont entrés au gouvernement ! Et sur tout cela pas un mot de l’Europe ou des États-Unis. Obama va même jusqu’à dire que l’on grossit une chose minuscule. Ce n’est pas minuscule. Cela grossit tous les jours car cette tendance néo-nazi se réveille en Ukraine comme dans tous les pays baltes.

Parmi les manifestants se trouvaient aussi des personnes dénonçant la corruption et politique libérale de Ianoukovitch. Un fait souligné par le parti communiste ukrainien qui, sur la question pro-russe ou pro-européen en appelle à un référendum ?

Le pays était effectivement mal géré et Ianoukovitch a voulu jouer sur plusieurs tableaux en même temps, s’appuyant sur l’extrême droite pour faire passer ses réformes, tablant sur l’ultralibéralisme puis opérant un virage à 90°, misant sur l’Europe puis sur la Russie…. On m’a rapporté que si Poutine le considérait comme légitime, il l’estimait décrédibilisé politiquement.

Concernant le référendum, ma conviction est que les pro-russes seraient majoritaires mais ce n’est pas scientifique d’où l’utilisation du conditionnel. Le problème d’un référendum est qu’on ne pourrait plus revenir en arrière. Or, l’interdépendance entre l’économie ukrainienne et russe suppose des années de travail pour parvenir à les séparer sans que la première n’en pâtisse trop.

Que se passera-t-il quand on s’apercevra que les entreprises ukrainiennes ne sont pas compétitives et qu’elles n’ont plus les débouchés russes sachant que 30% des exportations sont destinées à Moscou ? Quand la Russie supprimera les tarifs préférentiels sur le gaz qui permettent à l’Ukraine de ne pas plomber sa dette ? Des licenciements ? Du chômage ?

Par ailleurs, le choix européen pourrait enclencher des réactions en chaîne et derrière une éventuelle adhésion à l’Europe, ce serait la question de l’Otan. C’est tout au moins ce qui me semble programmé du point de vue des Américains car une adhésion à l’Otan serait une menace adressée directement à la Russie, à l’opposé de ce qui avait été promis à Gorbatchev. Et ensuite ? Le développement du bouclier antimissile de Bush en Ukraine ?

Mais Poutine n’est pas non plus un saint, il est aussi extrêmement libéral ?

Oui il est libéral, mais pas ultralibéral comme a pu l’être Eltsine. Il fait appel au libéralisme pour rendre l’économie russe performante. Mais c’est un libéralisme orienté dans un pays ou l’état représente encore 35 à 40% du PIB. Le rôle de l’État est donc encore très important.

Il y a quand même l’intervention militaire en Crimée ?

Il ne faut pas voir les choses avec les slogans médiatiques que l’on cherche à nous imposer. C’est le retour de l’armée rouge ? Mais de quoi parle-t-on ! Pourquoi hier les Américains auraient pu intervenir au Panama pour protéger leurs ressortissants et que la Russie ne pourrait le faire en Crimée où la majorité de la population est russe et craint des lois anti-russes déjà programmées à Kiev où les pro-occidentaux sont majoritaires ? Pourquoi l’intervention en Crimée serait un déni de souveraineté quand cela ne l’était pas en Irak ?


* " La Pensée stratégique russe - Guerre tiède sur l'échiquier eurasien,
Les révolutions arabes, et après ?
 
", Jean Géronimo, Ed. Sigest, 2e édition, 2012.  

mercredi 26 février 2014

L'affaire Perinçek/CEDH presque inconnue en Arménie !

L'affaire Perinçek presque inconnue en Arménie !
Que font les autorités ?

Varoujan Sirapian
Yerevan, 26/02/2014


A peine arrivé en Arménie il y a quelques jours, la journaliste Seda Mavian me faisait part de l'urgence à inciter les Arméniens de la République d'Arménie à participer à la signature d'une pétition lancée par les différentes communautés arméniennes de par le monde pour inciter la Suisse à contre attaquer l'arrêt inique rendu le 17 décembre 2013 par la Cour Européen des Droits de l'Homme (CEDH-mérite-t-elle ce nom ?) donnant raison à un négationniste turc, Dogu Perinçek, qui proclamait son droit à l’expression libre, condamné pourtant par les tribunaux suisses pour incitation à la haine et négationnisme.

Difficile à croire mais la grande majorité, pour ne pas dire la totalité des citoyens de la République Arménie Orientale n'était même pas au courant de cette affaire pourtant primordiale dans la lutte acharnée qui mènent les organisations arméniennes de la diaspora pour endiguer la vague négationniste, sans doute orchestrée par l'Etat turc, pour contrecarrer le tsunami médiatique qui se prépare, selon eux, à la veille de la 100ème commémoration du Génocide Arménien (1915-1922). Pire, je constatais la même méconnaissance de cette affaire dans certains ministères. Même si on peut mettre en cause la torpeur des médias arméniens de l’Est, préoccupé à relater les événements de l’Ukraine ou la protestation conter la loi des retraites, cela veut aussi dire que les citoyens d’Arménie orientale, tout au moins ceux de Yerevan, pourtant branchés via leurs smartphones ou tablettes au monde extérieur, n’avaient probablement pas cliqué aux bons endroits de l’écran.

Ces dernières années les affaires de l’UNESCO (censure de l’expo des Khatchkars), de Safarov (criminel azéri devenu un héros) et maintenant de Perinçek (négationniste notoire) offraient aux instances arméniennes orientales des occasions en or d’élever la voix, de protester, d’accuser même la Turquie et l’Azerbaïdjan…

Notre intervention avec Seda, à la TV Kentron, c’était pour essayer de réveiller les consciences. Combats de Don Quichotte me direz-vous. Peut-être. Mon ami Erol Özkoray, qui se dit volontiers Don Quichotte de Bosphore, me qualifie amicalement le Don Quichotte de la Seine. Seda Mavian en est une autre à Yerevan. Si on arrive à soulever une armée de Don Quichotte formées des citoyens, peut être nous arriverons à mettre quelques bâtons dans les ailes des moulins des négationnistes sous forme de loup (de race gris), et pourquoi pas ceux des oligarques sous forme de sangsue, des businessmen déguisés en hommes politiques,… aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest.

On peut toujours rêver, non ?      

Lien à notre interview sur Kentron TV (en arménien)
http://youtu.be/aqiri67UUhE 



  
 

mardi 25 février 2014

South Dakota Rejects Anti-Armenian Measure

South Dakota Rejects Anti-Armenian Measure



State Legislators Defeat Anti-Armenian Measure Backed by Azerbaijani Government

PIERRE, SOUTH DAKOTA—The South Dakota House of Representatives on Tuesday tabled action on an anti-Armenian resolution initiated by Azerbaijan, effectively dealing a serious setback to a biased and historically inaccurate measure pressed aggressively by Baku’s U.S.-based lobbyists, reported Armenian National Committee of America – Western Region.

Sources from the State Capitol reported that following an extensive discussion in the House Republican Caucus on Monday morning, the sponsor of the resolution, Rep. Lance Russell, agreed to defer and ultimately officially withdrew the measure.

“It’s unfortunate this resolution made it this far in our process but the positive side of that is there are now 105 legislators in South Dakota who got a real earful on the plight of persecuted Armenian Christians,” explained Rep. Steve Hickey (R-09), Pastor of the Church at the Gate in Sioux Falls, who was among the vocal opponents to the resolution.
“We are deeply gratified that the elected leaders of yet another U.S. state have stood up to the oil-rich and corrupt President of Azerbaijan’s efforts to export his hateful anti-Armenian campaign to the American heartland,” said Elen Asatryan, ANCA-WR Executive Director. “We share our profound thanks with the proud people and principled leaders of South Dakota, a state that has shown remarkable care and compassion for the Christian nation of Armenia since the Armenian Genocide era.”

A two-page flyer used by local opponents of the Azerbaijani-backed measure is available via the following link:
http://www.anca.org/assets/pdf/No_on_HCR1020.pdf

In the days leading up to Tuesday’s vote on HCR 1020, the ANCA-WR worked with local community leaders and activists to alert state legislators about Azerbaijan’s efforts to use the Khojaly issue to somehow enlist South Dakota in its increasingly virulent campaign against the landlocked and blockaded Armenian homeland. The ANCA action alert to South Dakota legislators can be viewed via the following link:
http://www.anca.org/action_alerts/action_disp.php?aaid=63108851
“Having found safety and the blessing of freedom here in South Dakota – after having been driven from my home by the Azerbaijani government’s brutality – I am deeply thankful that my state legislators, today, took a principled stand against intolerance, lies and hatred,” said Vazgen Mikhayelyan of Sioux Falls, who was among those actively opposing the measure, including Igor Avetisov and Bella Musayelyan.

The Hawaii State legislature, on February 12, also rejected a pair of Azerbaijan-initiated anti-Armenian measures, dealing a high-profile setback to Baku’s well-funded effort to enlist U.S. state legislatures in its increasingly aggressive campaign against Armenia and Nagorno Karabakh.

Earlier this month, ANCA Executive Director Aram Hamparian issued an open letter to all U.S. state legislatures earlier this week urging them to take as stand against foreign interference in American civic life by corrupt Azerbaijani dictator Ilham Aliyev. “It is truly a tribute to our great American democratic tradition that even a regime as flagrantly corrupt as Ilham Aliyev’s is allowed to operate freely within our open society, ” explained Hamparian. “But that does not mean that American citizens need to remain silent in the face of meddling by foreign leaders who neither respect our rights nor share our values –especially when they try to export their intolerance to our shores.”

lundi 24 février 2014

Turkey Human Rights Group Disappointed in ECHR Decision, Urges Appeal

Turkey Human Rights Group Disappointed in ECHR Decision, Urges Appeal


Human Rights Association of Turkey Urges Switzerland to Appeal European Court Decision on Genocide Denial

ISTANBUL, Turkey (A.W.)–The Human Rights Association (HRA) in Turkey issued a letter addressed to the Swiss Minister of Justice, expressing the organization’s disappointment with the decision of the European Court of Human Rights (ECHR) on Armenian Genocide denial.

“As human rights defenders in Turkey, we are the most immediate, most direct witnesses of how the denial of the genocide against Amenians and other Christian ethnic groups of Asia Minor has right from the start generated an anti-democratic system, allowing racist hatred, hate crimes and violation of the freedom of expression and the human rights in general,” argued HRA in a copy of the letter received by the Armenian Weekly.
HRA concluded: “In the name of human rights, of the struggle against racist hatred and of justice in Turkey and elsewhere, we would like to express our belief that the Swiss Court’s decision to penalize Doğu Perinçek’s denialism was a step to protect us all, the entire humanity against racism, and our heartfelt support to Swiss Court’s exercising its right to appeal against the ECHR decision dated 17 December 2013.”
Below is the full text of the letter.

***
To:
Mrs. Simonetta Sommaruga
Minister of Justice and Police of the Swiss Confederation
Prof. Dr. Frank Schürmann
Chief of the Division European Law and International Protection of Human Rights, the Federal Office for Justice

We, as the Human Rights Association in Turkey (HRA), are writing this letter to you to express our disappointment at the European Court of Human Rights’ (ECHR) decision dated 17 December 2013 rejecting the Swiss court decisions of 2007 to penalize Doğu Perinçek’s denial of the Armenian genocide and our unconditional and firm support of Swiss jurisdiction’s using its right to appeal against ECHR’s decision.

As human rights defenders in Turkey, we are the most immediate, most direct witnesses of how the denial of the genocide against Armenians and other Christian ethnic groups of Asia Minor has right from the start generated an anti-democratic system, allowing racist hatred, hate crimes and violation of the freedom of expression and the human rights in general.

In the case of the successive governments of the Republic of Turkey, the ultra-nationalists and the Turkish public loyal to the official thesis, denial is not just to say “We didn’t do it” or “What we did was no genocide.” Here in Turkey denial means criminalizing the victims and encouraging hatred towards Armenians. In other words denial becomes the continuation of the genocide and the genocidal intent in Turkey. In order to deny the genocide, the system argues and urges the society to believe that:
(i)                  It is the Armenians to blame, i.e., they deserved what they got.
(ii)                Armenians are the enemies of Turkish people.
(iii)               Armenians stabbed the Ottomans and the Turks in the back, they are treacherous and what was done to them was a war-time necessity for the survival of Turkey.
(iv)              Armenians, both at home and abroad, are still a threat to the Republic of Turkey and Turks.

Not a passive, peaceful denial but aggressive onslaught

Consequently in Turkey denial is not just a passive position, but it is an active aggression, creating a racist environment fully exposed to sheer violence. This has paved the way for Armenians in Turkey to be treated as a “fifth column” throughout the Republican history, to be discriminated against, to be destined to lead their lives in constant fear as their lives were threatened during various nationalist upheavals and pogroms that took place during the Republican period. The word “Armenian” has become a word of curse so widespread to include an interior minister of the Republic who openly used it in public (in 1997 by Meral Akşener). This racist hateful environment led to not only verbal but physical assaults on Armenians. Hrant Dink, the chief editor of Agos, the first and only Armenian weekly newspaper published in Turkish in Republican history, and a prominent supporter of human rights, democracy and freedom of expression was assassinated in cold blood in 2007, although he had always been against hatred and animosity on the part of Armenians towards Turks, advocating instead a reconciliatory stance of mutual understanding. The Armenian private Sevag Şahin Balıkçı, was shot dead on 24 April 2011 (i.e. on the day when Armenians worldwide commemorate the beginning of the genocide of 1915) while doing his military service in the Turkish army in southeast province Batman by another Turkish private. The investigation leading to trial was totally untrustworthy, as the witnesses’ superiors putting pressure on them to confirm the suspect’s statement that it was an “accident” was reported in the newspapers. The court decided that the intentional murder was a result of “gross carelessness,” disregarding all evidence that it was a hate crime, and sentenced the suspect to only 5 years’ imprisonment. Another incident took place on 26 February 2012 when, orchestrated by Turkish and Azerbaijani governments, a big demonstration took place on Taksim square, the largest and most central square in Istanbul, for condemning the “Khojaly Genocide,” the massacre of civilians in Karabagh that Armenian and former Soviet troops allegedly committed ten years before. During the rally, which was announced days before by means of posters bearing the slogan: “Don’t believe Armenian lies” posted all throughout Istanbul, anti-Armenian slogans containing hate speech were chanted and professionally printed signs that read “You are all Armenians, you are all bastards” were carried, in reaction to the slogan “We are all Armenians,” which had been chanted at the funeral of Hrant Dink. In 2013, within one and a half month, four elderly Armenian women were attacked in Samatya, a neighborhood with a high agglomeration of Armenians, cruelly beaten, until one of them died from heavy beating with numerous deep fatal cuts on her body inflicted by a sharp object. In short, persistent denial of genocide is the main reason for the Armenians’ threatened existence in Turkey, a reason provided by the official narrative itself.

On the other hand, the ECHR decision establishes that the Armenian genocide is somehow disputable, arguing that the denial of events which are not qualified as a genocide cannot provoke racist hatred.

However this is not what Doğu Perinçek and the “Talaat Pasha Committee” (named after Talaat, the main author of the Armenian genocide), of which he is one of the leaders have been doing since the Committee’s inception. They deny all the sufferings and horrible massacres—genocide or not—and thus openly insult the victims and their descendants. They deny all the sufferings of the Armenian people under Turkish rule and declare that what had happened to them is an “imperialist lie.” They deny the extermination of the Armenian people and their civilization, playing a vital role in the Ottoman Empire not only demographically, but economically, culturally. In other words, it is not a question of naming what happened to Armenians, it is a question of denying their very existence, their historical heritage and the enormous contribution they made to the country they were an integral part of.

Talaat Pasha Committee already condemned by the European Parliament

Perhaps most important of all, is the European Parliament’s resolution dated 27 September 2006 on the EC Progress Report on Turkey, where Turkey was called to put an end to the racist and xenophobic Talaat Pasha Committee’s activities. The according paragraph reads: “[The European Parliament] strongly condemns the xenophobic and racist Talaat Pacha Committee, run by extreme right-wing organisations, for gravely infringing European principles, and the denialist demonstrations in Lyon and Berlin organised by those same organisations; calls on Turkey to abolish this committee and to end its activities.” (See: http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P6-TA-2006-0381+0+DOC+XML+V0//EN#def_1_2)
It is clear that the Talaat Pasha Committee where Doğu Perinçek was one of the founders and leaders was condemned with the above words by the European Parliament itself. We, as the human rights defenders of Turkey would expect the ECHR to take into consideration the European Parliament’s official views as referred to above.

Coming back to the ECHR decision, we would like to draw your attention to the opposing opinion of two ECHR judges. The main arguments in their dissenting opinion were (paraphrased by ourselves in English based on the original document in French) as follows:
  • To accuse the victims of distorting history is an invitation to most violent racist defamation and hate. The sufferings of an Armenian due to the Ottoman Empire’s genocide policy is not less serious than those of a Jew under the Nazi’s genocidal policies. Denial of the Meds Yeghern (“Great enormity,” i.e. “infamous crime” in Armenian) is not less dangerous than the denial of Shoah.
  • The defendant has openly denied the Armenian genocide as an “international lie,” accused the Armenian people of aggression towards the Turkish state and stated that he supported Talaat Pasha’s ideas. His statements provoke a grave intolerance and hatred against a defenseless minority. The Defendant declared that he would never recognize the Armenian genocide even if an expert or academic committee decides on the existence of such a genocide.
  • Expressions such as “international lie,” “historic lie,” “imperialist lie” obviously go beyond the acceptable boundaries of freedom [of] expression, because these expressions declare the victims to be “liars” and suggest an international conspiracy against Turkey or Turks. Besides, D. Perinçek’s identification with a major genocide perpetrator, who in 1919 was sentenced to death for crimes against humanity by an Ottoman court makes the situation even more repugnant.
The dissenting judges refer in their statement to our Association’s press release of 24 April 2006 (the commemoration of the Armenian Genocide) as follows (again a paraphrase of the original document in French):
“Tolerance to denialism is to ‘kill the victims for the second time,’ as Elie Wiesel puts it, or ‘denialism is part of the genocide and enables the perpetuation of the genocide. Denial of genocide is in itself a violation of human rights,” as Human Rights Association, Turkey, had declared in their press release dated 24 April 2006 for the commemoration of the Armenian Genocide.” 

Talaat Pasha Committee: an organisation of violent action

Genocide denial, as indicated above, directly contributes to the racist hatred environment in Turkey. Furthermore, the Talaat Pasha Committee is anything else than an organisation of peaceful “thought,” or a think tank. It operates on active, sometimes violent militant denialism. Members of the Labour Party led also by Doğu Perinçek have raided and sabotaged meetings related to the Armenian “question.” In 2005 for the first time in Turkey a conference had been organised with the title “Ottoman Armenians during the decline of the Ottoman Empire.” Although the term genocide didn’t appear neither in the conference title, nor in any of the papers presented there, the Labour Party militants, who would soon become part of the Talaat Pasha Committee demonstrated outside the conference building, shouting denialist slogans and hatred towards the organizers, throwing eggs and tomatoes against those who left the conference. The Committee organised demonstrations in 2007 in France, Germany and Switzerland to protest against “Armenian genocide lies,” insulting genocide victims’ memories, hurting the feelings of their children and grandchildren.  Doğu Perinçek’s Labour Party members had in 2009 also staged a demonstration against our press conference in Ankara. The meeting was hosted by our association HRA and the Ankara Initiative for Freedom of Expression on Friday June 26, 2009. Our guests were Lord Avebury, the then vice-chairman of the Human Rights Group in the British Parliament, and historian Ara Sarafian from the Gomidas Institute, London, the publisher of the uncensored edition (2000; 2005) of the 1916 parliamentary “Blue Book,” titled The Treatment of Armenians in the Ottoman Empire 1915-16, a collection of first-hand testimonies of the Armenian genocide compiled by Viscount Bryce and Arnold Toynbee. In the press conference it was declared that the copies of the Turkish translation of the book were sent to the members of the Turkish Parliament (who in 2005 had signed a letter to the British Parliament arguing that the Blue Book was a wartime propaganda material and a mere fabrication, and for that reason the current British parliament should formally withdraw it) “in an effort to enable them to be better informed about their subject matter.” While the press conference was going on, the Labour Party members gathered in front of our Human Rights Association offices in Ankara, chanted slogans against “false Armenian genocide allegations,” harassing and alarming both the audience and our guests from abroad, Sarafian and Lord Avebury. In the meantime, the copies of the “Blue Book” sent were not delivered to the Turkish parliamentarians, thus it became clear that the Turkish Grand National Assembly refused to discuss the witness reports in the book. 

ECHR decision encouraged racist denialism

What is very alarming and unacceptable is that the ECHR’s decision to acquit Doğu Perinçek has fueled hostility against Armenians in Turkey. The Talaat Pasha Committee held a meeting for the first time after many years, on 19 January 2014, on the 7th anniversary of Hrant Dink’s assassination. The headline of the press report read: “This is only a beginning. New victories are on the way!” It is reported that Doğu Perinçek, sentenced to 117 years’ imprisonment in Turkey, had reportedly sent a message to the meeting saying: “We will now get out of the circle [that limits our mobility] and encircle/besiege Turkey’s enemies and win victories on every front.” In the statement issued during this meeting the Committee misled the Turkish public by claiming that the ECHR decision had confirmed that the Armenian genocide was a lie, whereas in fact the Court only ruled that the Armenian genocide is open to debate and its denial was within the boundaries of freedom of speech.

Members of Doğu Perinçek’s Labour Party reappeared right after the ECHR decision and ambushed a meeting on 1 February 2014 organised by “Say Stop to Racism and Nationalism” initiative with the topic “Why should states apologize?” chanting denialist slogans such as “Armenian Genocide: an American Lie.”

We call on the the Swiss authorities to appeal against ECHR decision

The reason for us to take your time and give an account of the denialist history of Doğu Perinçek and the Talaat Pasha Committee, is to underline that denial of genocide cannot be considered as a simple disagreement of views. This land that is now Turkey, was a land where at the turn of the 19th century one of every 5 residents was a Christian, corresponding to the 20% of the overall population. Now the proportion is below 0.01%! Under these circumstances denialism, which is woven in the very texture of the society, provokes racism and hatred against Armenians, threatens those who challenge the official theses and constitutes one of the biggest obstacles to democratization which is a precondition of Turkey’s membership to EU. In this context we would also like to quote the European Parliament’s resolution of 1987 in which the acknowledgment of the Armenian genocide was named as a pre-condition for Turkey’s admission to the EU. (see  http://www.europarl.europa.eu/intcoop/euro/pcc/aag/pcc_meeting/resolutions/1987_07_20.pdf)

In view of the above we, as the Human Rights Association in Turkey, in the name of human rights, of the struggle against racist hatred and of justice in Turkey and elsewhere, we would like to express our belief that the Swiss Court’s decision to penalize Doğu Perinçek’s denialism was a step to protect us all, the entire humanity against racism and our heartfelt support to Swiss Court’s exercising its right to appeal against the ECHR decision dated 17 December 2013.

Sincerely yours,
Öztürk Türkdoğan
Chairman,
Human Rights Association
TURKEY

dimanche 23 février 2014

Combattre le négationnisme



Combattre le négationnisme,
jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme



Dans toutes les sociétés confrontées à l’héritage d’un génocide ou d’un crime contre l’humanité, la persistance de formes plus ou moins sournoises de négationnisme constitue un défi et une responsabilité fondamentaux. Un génocide ne consiste pas seulement dans l’extermination programmée et consciencieusement exécutée d’un grand nombre de personnes ; ces deux aspects, l’intention et l’exécution, sont complétés par un troisième, la négation. Dans le moment même où le crime est commis, ses traces sont effacées et sa réalité niée. Il ne faut pas voir là un réflexe de défense d’un criminel qui aurait honte de son acte et chercherait à le cacher pour échapper à la condamnation. La négation remplit une fonction au contraire essentielle dans l’entreprise génocidaire : elle adresse aux victimes et aux rescapés le message que, non seulement, ils n’ont pas droit à la vie, mais qu’en réalité, ils n’existaient même pas avant, du moins pas en tant qu’humains. C’est seulement de cette manière que le génocide devient le crime parfait : non seulement il vise à éliminer une population sans rémission pour le futur, mais également en amont, dans le passé. Pour que l’entreprise d’extermination soit entière et complète, il est nécessaire que ses exécuteurs puissent affirmer que ceux qu’ils ont exterminés n’existaient en réalité pas même avant. Voilà la logique folle de la catastrophe, voilà pourquoi tant de survivants ont une souffrance psychique qui dépasse de loin le « choc post-traumatique ». Par conséquent, il est essentiel, pour protéger la dignité des victimes et des rescapés, autant que de répondre au devoir de prévention des génocides, de prendre leur négation – cœur invisible du processus génocidaire –  au sérieux.

On voit à quel point le jugement du 17 décembre 2013 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) dans l’affaire Doğu Perinçek concerne un enjeu fondamental et sensible. Les juges des droits de l’homme (cinq juges contre deux) viennent de condamner la Suisse, et désavouer l’appréciation des juridictions nationales, pour avoir violé la liberté d’expression du Président général du Parti des Travailleurs turc. Celui-ci, condamné en Turquie pour sa participation active au réseau « Ergenekon » (impliqué dans l’assassinat du journaliste Hrant Dink, et qui comprend les acteurs les plus virulents du racisme anti-arménien et du nationalisme turc) est en outre le fondateur du Comité Talaat Pacha, principal instigateur du génocide des Arméniens. L’argument apporté par la CEDH, par ailleurs d’une fermeté bienvenue s’agissant de la négation du génocide du peuple juif (affaire Garaudy, 2003), est pour le moins surprenant et problématique. En bref : contrairement au cas d’espèce dans l’affaire Garaudy, les propos de Doğu Perinçek qualifiant le génocide arménien de « mensonge impérialiste international », ne seraient constitutifs, selon la Cour, ni d’un « abus de droit » (non protégé par la Convention européenne selon son article 17), ni d’un « besoin social impérieux » justifiant une limitation de la liberté d’expression (article 10) ; ceci parce que Doğu Perinçek nierait la seule qualification juridique de génocide (et non les massacres et déportations des Arméniens), et qu’une telle négation ne serait pas de nature à inciter à la haine. Roger Garaudy lui-même avait également argué devant la CEDH, en vain, du fait qu’il ne niait pas l’existence des crimes nazis.

La distinction faite par les cinq juges européens relève d’un contresens. Nier la qualification juridique de génocide revient, précisément, à nier l’intention spécifique caractérisant ce crime (soit l’intention de détruire tout ou partie d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux). Or nier cette intention spécifique revient ici à nier, comme dans l’affaire Garaudy, la « réalité de faits historiques clairement établis » : ceux-ci font en effet, non seulement l’objet d’un consensus général et scientifique, souligné par les juridictions puis le Gouvernement suisses devant la Cour, ainsi que par les juges Vucinic et Pinto de Albuquerque en dissidence, mais également l’objet des procès de Constantinople (1919-1920). Les archives de ces procès rassemblent les preuves tant de l’intention d’exterminer la population arménienne dans son intégralité, que du plan concerté élaboré à cette fin par le Gouvernement Jeune-Turc. A cela s’ajoute le constat – opéré par les juges suisses, puis par notre Gouvernement devant la CEDH – de nombre d’éléments reconnus comme suffisants à démontrer le caractère raciste et nationaliste des mobiles de Doğu Perinçek : le fait, notamment, qu’il se réclame de Talaat Pacha (le Hitler turc) auquel il s’identifie, qu’il tente de réhabiliter les crimes commis, et qu’il accuse les Arméniens d’être les agresseurs et de falsifier l’Histoire. Il s’agit bien là d’une stratégie cynique de négation autant que de justification de ces crimes d’Etat – qu’ils soient par ailleurs qualifiés de « génocide » ou d’« autres crimes contre l’humanité » (261bis al. 4 CP).

Le problème central posé par le jugement de la CEDH est double. D’un point de vue juridique, les juges des droits de l’homme créent une inégalité de traitement des victimes de génocides et crimes contre l’humanité devant la loi, ce que le peuple suisse a précisément souhaité éviter en acceptant l’article 261bis al. 4 lors de la votation fédérale de 1994. D’un point de vue politique, un tel jugement rend service à tous les acteurs du négationnisme officiel et para-officiel de la Turquie, en cette veille de commémoration du centenaire d’un génocide qui est à l’origine de la création même des concepts juridiques de « crime contre l’humanité » et de « génocide ».

La balle est à présent dans le camp de la Suisse qui peut, en écho à ce que préconisent les deux juges dissidents, demander le renvoi de cette affaire devant la Grande Chambre de la CEDH. Il est à espérer que notre pays saura ainsi défendre l’indépendance et l’honneur de sa justice.


Sévane GARIBIAN, Docteure en droit,
enseignant-chercheur aux Universités de Genève et de Neuchâtel

Stefan KRISTENSEN, Docteur en philosophie,
enseignant-chercheur aux Universités de Genève et de Heidelberg


Sévane Garibian est notamment l'auteure de Le crime contre l'humanité au regard des principes fondateurs de l'Etat moderne. Naissance et consécration d'un concept, Schulthess, LGDJ, Bruylant, 2009.

Stefan Kristensen est notamment l'auteur de Parole et subjectivité. Merleau-Ponty et la phénoménologie de l'expression, Georg Olms Verlag, 2010.


Tribune parue dans le journal Le Temps du 14 février 2014, p. 13.